‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 97 sur 236 · LIVRE XVf · texte numérisé non relu

LIVRE XVf

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frontière française, on longe la rive gauche du Rhin, contenait des magasins considérables. La proie élait tentante. Gustine, qui commandait l'avant-garde de Biron à Wïssembourg, lui demande l'autorisation de marcher résolument sur cette ville. Il l'obtient et se met en mesure d'en profiter1.

Le 30 septembre, les troupes françaises, divisées en trois colonnes, paraissent devant Spire. Le corps allemand qui s'y trouve fait une vaillante résistance en avant delà place et dans les rues de la ville; mais, inférieur en nombre aux troupes de Custine, il est obligé de se retireravant la fin de la journée. Le 1er octobre au matin, quelques mauvais sujets de l'armée française prétendent que, la ville ayant été prise de vive force, le pillage en est légitime. Ils le commencent en envahissant les maisons des chanoines de la cathédrale. La générale est aussitôt battue; le tumulte s'apaise, mais pour recommencer le lendemainl Un bataillon des grenadiers volontaires se porte aux derniers excès. Custine comprend toute la gravité des désordres qui viennent de signaler notre entrée en Allemagne, il fait saisir, juger et fusiller à l'instant les plus déterminés pillards.

On aurait pu croire qu'une justice aussi expéditive exercée contre des volontaires nationaux serait fort mal vue par les démagogues de Paris et surtout par Marat,

4. Nous donnons à la Bd de ce volume la convention qui fut signée entre Biron et Custine au moment du départ de ce dernier pour son expédition des bords du Rhin. 11 y est dit en termes exprès que cette expédition n'est qu'une course et qu'après s'être porté sur Mayence, Custine devra se rabattre sur Trêves et Thionville.

qui avait déjà attaqué Custine à plusieurs reprises. Il n'en fut rien. Custine se fit pardonner son violent acte de justice et mérita même de devenir l'idole des jacobins en inaugurant le système des contributions extraordinaires à lever sur les pays conquis, et principalement sur le clergé des villes épiscopales. Il exigea, dès le 2 octobre, cinq cent mille livres du clergé et des magistrats de Spire.

Deux jours après, le lieutenant de Biron écrivait au ministre de la guerre ce billet laconique :

« Custine a donné ordre au maréchal de camp Neuwinger d'aller prendre Worms. Neuwinger a rempli sa mission K »

Les autorités étaient venues au-devant des Français et leur avaient présenté les clefs de leur ville. Cela n'empêcha pas le général victorieux de lever sur Pévêque, le chapitre, les abbayes et couvents, une contribution de 1,180)000 fr-, et, sur la ville même, une autre de 300,000 fr.

Ces rapides et fructueux succès enivrèrent de joie Paris et la Convention. Le pouvoir exécutif déclara Custine, dont le corps n'avait été d'abord qu'un détachement de l'armée de Biron, complètement indépendant. Avec le brevet de général en chef; il lui expédia l'ordre d'agir sur les derrières de l'armée autrichienne, et de l'obligera rétrograder. Mais, quand arriva la dépêche ministérielle, Custine était déjà sur la route de ftfayence, point de mire

\. Moniteur, n° 239.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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