‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 145 sur 246 · LIVRE XXXVIII. S9ô · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII. S9ô

avons toujours cru. Rendez-nous de vrais républicains; détruisez une Commission tyraonique et odieuse, et que, séance tenante, la vertu triomphe. »

Le président Hérault-Séchelles répond à la députalion par cette phrase amphigourique devenue célèbre : « Citoyens , la force de la raison et la force du peuple sont la même chose; vous venez en ce moment réclamer la justice, c'est le plus sacré de nos devoirs que de vous la rendre. »

Survient une seconde et une troisième députation, envoyées par les Gravilliers et la Crois-Rouge. L'orateur des Gravilliers, s'adressant nominativement à la gauche, s'exprime ainsi : « Députés de la Monlagne, vous avez écrasé de votre chute la tête du tyran : nous vous conjurons de sauver la patrie (Oui, oui, nous la sauverons! s'écrient plusieurs membres). Si vous le pouvez et que vous ne le vouliez pas, vous êtes des lâches et des traîtres. Si vous le voulez et que vous ne le puissiez pas, déclarez-le [ cent mille bras sont armés pour vous défendre. Nous demandons l'élargissement des patriotes incarcérés, la suppression de la commission des Douze et le procès de l'infâme Roland. »

La Croix-Rouge formule les mêmes demandes dans des termes presque identiques.

Toutes ces dépulalions avaient amené avec elles . beaucoup d'hommes armés et non armés. Les bancs affectés aux pétitionnaires ne suffisant, plus, les nouveaux arrivés s'étaient insensiblement assis sur les sièges réservés aux députés. Beaucoup de ceux-ci, soit fatigue, soit indignation, s'étaient retirés; il était plus de minuit.

Le moment était propice pour enlever le vole tant désiré. En vain Henri Larivière, au nom de la Commission des Douze, demande-t-i! la parole; sa Yoix. courageuse s'éteint au milieu des hurlements de la démagogie. C'est alors que Lacroix convertit en motion la demande des pétitionnaires. Hérault-Séehelles met aux voix l'élargissement d'Hébert et consorts et la cassation de la commission des Douze. Quelques députés se lèvent à l'épreuve, quelques autres à la contre-épreuve. Les émeutierSj assis sur les bancs des législateurs, votent comme s'ils étaient revêtus des fonctions de ceux dont ils occupent la place *. Hérault-Séehelles déclare que les deux décrets sont adoptés, et se hâte de lever la séance.

I. Pendant que la commission des Douze succombait ainsi sous les efforts réunis de l'astuce et de ta violence, elle écrivait du lieu de ses séances à la Convention cette nouvelle lettre. Les Douze ne pouvaient laisser un plus noble monument de leur courage et de leur persévérance.

Commission extraordinaire des Danse.

« Citoyen président, a Tout entière à l'exécution de votre décret, la commission extraordinaire s'occupe de votre sûreté de celle de Paris et de la fortune publique. Elle apprend que, tanclis qu'elle travaille à remplir vos ordres avec une activité infatigable, on la calomnie auprès de vous. Elle commence à tenir les fils de la conspiration qui tend à dissoudre la représentation nationale; aussi n'épargne-t-on rien pour dissoudre voire commission elle-même : on la calomnie, parce qu'on craint la lumière qu'elle veut répandre; ells espère que vous ne prononcerez rien avant d'avoir entendu son rapport. Quand elle a accepté la mission périlleuse dont vous l'avez chargée, elle a résolu de la remplir, de. veiller pour la fortune publique, pour vous et pour Paris, ou de mourir. On l'a menacée de venir [ attaquer au lieu de ses séances

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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