‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 148 sur 246 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

qu'ils fussent relâchés! vous seriez déshonorés si vous pouviez souffrir qu'un pareil décret souillât vos registres... »

Ici Legendre apostrophe violemment l'intrépide Breton. « Il y a, dit-il, un complot formé pour faire perdre la séance. Si Lanjuinais ne cesse pas de parler, je déclare que je me porte à la tribune et que je le jette en bas ! »

Le député d'Ille-et-Vilaine se contente de jeter un regard de mépris sur son interrupteur, et il conclut en demandant que la Convention passe à l'ordre du jour motivé sur ce qu'elle n'a pu délibérer légalement, parce que les pétitionnaires étaient confondus avec les représentants et ont voté avec eux,

« C'est faux, répond Levas?enr (de la Sarthe); avant qu'on allât aux voix, les pétitionnaires se sont retirés dans le passage. Il n'y a eu que les membres de l'Assemblée qui ont pris part à la délibération. Je déclare, moi, que la commission des Douze avait été formée, non pour découvrir les complots, mais pour en mettre un à exécution. On a agité Jes sections, on est parvenu à en dominer quelques-une?, on a créé la commission des Douze; on lui a adroitement renvoyé des pétitions préparées a l'avance ; on a dit : « Les aristocrates ont été massacrés dans les prisons au mois de septembre, il faut à notre tour faire massacrer les patriotes. » Tels sont les motifs des arrestations qui ont ému tous les républicains, tel est le complot. »

■ Osselin insiste pour l'adoption immédiate du procèsverbal qu'il a présenté; il déclare le bureau unanime

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pour reconnaître que le décret a été rendu. « Il est urgent, ajoute-t-il, qu'il soit mis immédiatement à exécution, car le peuple l'attend avec impatience. Si vous retardez, vous serez coupables du mouvement qui pourra arriver.

« — Je demande, dit Barbaroux , que les déclarations d'Osselin et de LegeDdre soient consignées au procès- verbal . »

La Montagne y consent volontiers, car elle est décidée a ue reculer devant aucune violence.

Hérault-Séchelles atteste qu'il a mis aux voix le décret et qu'il a été adopté.

a Je ne conteste pas, répond Guadet, qu'on ait proclamé le décret hier soir, mais je demande qu'il soit rapporté. Je ne puis reconnaître qu'un décret a été légalement rendu lorsque les législateurs, consignés dans Je lieu de leurs séances, après la dispersion de leurs gardes, ont délibéré au milieu des outrages, des violences et des menaces; lorsque plusieurs membres de la représentation nationale, Pétion et Lasource entre autres, ont été dans l'impossibilité de percer une foule menaçante et de se rendre à leur poste...

« — Il ne fallait pas qu'ils s'absentassent, crie ironiquement un montagnard.

« — Lorsque la salle, reprend Guadet, se trouvait, au moment de la délibération, pleine de pétitionnaires, lorsque le président (ce n'était pas Isnard) osait à peine les inviter à sortir, tandis qu'il aurait dù leur intimer l'ordre d'évacuer l'enceinte des lois. Un décret rendu dans de semblables circonstances n'en est pas un.

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