LIVRE XL. :m
même une partie de la gauche à livrer des membres dp la représentation nationale aux proscripteurs de la Commune. Aussi la députation se montre-t-elle très-médiocrement satisfaite. Elle reste toutefois à la barre pour connaître la détermination que prendra l'Assemblée.
Iï i 11 aud- Va rennes , Tallien, Turreau, demandent le renvoi de la pétition au Comité de salut public, pour qu'il fasse le rapport séance tenante et sans désemparer; mais le renvoi pur et simple et sans fixation de délai est adopté. .
Devant cette décision, la députation se relire en poussant des cris: « Aux armes! sauvons la patrie! *> Les tribunes applaudissent avec fureur à cet appel a la force. Les affidés des Jacobins sortent précipitamment et vont grossir les rangs des émeutiers qui assiègent les abords de l'Assemblée.
A la faveur de ce tumulte, plusieurs représentants se glissent dans les escaliers, malgré ceux qui les gardent, et parviennent à quitter les Tuileries sans être arrêtés. De ce nombre sont Gorsas et Meillan, qui courent rue des Moulins retrouver leurs amis.
Ceux-ci étaient déjà instruits de la résistance héroïque de Lanjuinais; ils avaient décidé de se rendre en masse à la Convention, et, au risque d'être immolés sur le seuil de l'Assemblée, de protester jusqu'au dernier moment contre la violation flagrante des lois. Mais Gorsas, épouvanté par les menaces qu'il vient d'entendre, par les préparatifs militaires qu'il a vus en traversant la cour des Tuileries, supplie ses collègues de ne pas écouter un entraînement généreux, de ne pas
s'offrir en victimes aux vengeances de leurs ennemis. Meillan joint ses instances à celles de Gorsas.
Les malheureux Girondins cèdent aux conseils de leurs timides amis, s'embrassent, se dispersent et laissent ainsi échapper l'occasion de racheter, par un trépas héroïque, et leurs fautes passées et leur incurable imprévoyance.
La Commune apprend avec indignation le peu de succès que semble devoir obtenir son adresse; niais elle se rassure lorsqu'un membre du Comité révolutionnaire annonce que ses collègues el lui ont en main les sommes nécessaires pour payer les quarante sous par jour aux citoyens peu fortunés qui sont sous les armes. Certaine de ne pas manquer du nerf de la guerre, elle applaudit avec enthousiasme lorsque Henriot lui déclare que toules les mesures sont prises et que le peuple saura bien se sauver lui-même. Cependant, pour conserver quelque apparence de légalité, elle défère aux injonctions que lui fait transmettre le Comité de salut public, en décidant que eeux-lii seuls siégeront comme membres du Comité révolutionnaire qui y auront été appelés par une délégation des autorités constituées, mais, par un faux-fuyant qui annule défait cette mesure, elle donne à ce Comité le droit de se choisir lui-même des adjoints, sauf à en aviser, pour la forme, le Conseil général *.
i. De toits les membres de la Commune, celui qui, depuis trois jours, semblait, dans ses discours, le plus disposé .y ne pas sortir de la légalité, c'était ChuumoUe; ii était le plus en vue. Le Conseil délibérait sur ses réquisitions, et, en cas d'insuccès, la plus grande
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