LIVRE XL
donné l'ordre, et que le coupable, quel qu'il soit, soit puni sur-le-champ du supplice du tyran. »
Danton, qui vent aussi décliner toute responsabilité dans ces actes de violence, demande que la Convention charge son Comité de salut public de remonter à !a source de cet ordre. « Vous pouvez, dit-il, compter sur son zèle à vous présenter les moyens de venger vigoureusement la majesté nationale outragée en ce moment.»
Duperret vient ajouter un nouveau fait à tous ceux qui "ont déjù été produits. Deux soldats lui ont fermé le passage,' il les a fait consigner. La Convention décrète que ces deux hommes seront mandés à la barre; mais un huissier annonce qu'ils ont disparu. Bientôt arrive te commandant de la 2e légion , de garde auprès de l'Assemblée nationale. Il déclare qu'il n'est point le commandant du poste et qu'il n'a pas donné la consigne dont on se plaint. Un autre officier fait savoir qu'il avait mis des sentinelles aux issues de la salle et qu'elles ont été relevées par un des bataillons de garde extraordinaire. Celte garde n'était autre que la tourbe des enrôlés à quarante sous qu'Henriot avait placée à tous les postes importants. Lacroix, qui, il y a une heure à peine, a fait voter l'organisation de cette garde, mais qui craint maintenant que le principe posé par lui n'entraîne des conséquences qu'il n'a pas prévues, Lacroix demande formellement que la Convention ordonne à la force armée de s'éloigner du lieu de ses séances. « Elle n'est, dit-il, ici que pour nous protéger; elle ne doit pas entrer dans notre propre enceinte. »
Le décret proposé par Lacroix est adopté par accla-
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France