HISTOIRE DE LA TBHKKUB
mation, Immédiatement un huissier est chargé d'aller le notifier au commandant général. Henriot lui répond : « Dis à ton, f... président que je me f... de lui et de son Assemblée, et que si. dans une heure, elle ne me livre pas les vingt-deux^ je la ferai foudroyer. «
Le cercle de fer qui étreignaît la Convention de toutes parts était si resserré que le Comité de salul public prend peur. Il avait été d'abord presque de connivence avec les meneurs de l'Hôtel de Ville; mais il trouvait que maintenant on allait trop loin. Si on faisait quelques pas de plus dans la voie de la violence, la Commune ne se contenterait peut-être pas de la proscription de vingt à trente députés; elle pourrait bien se passer la fantaisie de faire sauter par les fenêtres la représentation nationale tout entière. Il faut parer à ce danger. Le Comité envoie de nouveau Barère à la tribune pour relever le courage de l'Assemblée, qui, dans l'état de prostration où elle se trouve, court grand risque de se laisser égorger sans proférer une plainte ou un cri. A la vivacité du langage de Barère, on croirait entendre un membre de la Gironde; c'est que l'orage qui, d'abord, semblait planer sur cette seule partie de l'Assemblée menace maintenant la Convention elle-même et peut la submerger d'un moment à l'autre.
« Ce n'est pas, dit-il, h des esclaves à faire des lois;