CAPTIVITÉ DES BOURBONS A MARSEILLE ET A PARIS
On pouvait croire que la captivité des membres de la famille des Bourbons ne serait pas de longue durée; en effet, quatre mois après le décret du 6 avril, qui avait ordonné leur arrestation, était intervenu le décret du 1er août 1795 qui ordonnait qu'ils seraient déportés hors du territoire de la République. Mais ce décret ne reçut aucune exécution. Loin de là, le duc d'Orléans était arraché des bras de ses fils à Marseille, conduit à Paris, traduit devant le Tribunal révolutionnaire et exécuté le 6 novembre 1793. Le même jour, un ordre du Comité de sûreté générale ordonnait la translation, dans les prisons de Paris, de la duchesse d'Orléans, restée jusqu'alors à Bizy-lès- Vernon, sous la garde de la municipalité. Cet ordre était ainsi conçu :
h Du 10° jour du second mois de l'an u de la République.
« Le Comité de sûreté générale arrête que la ci-devant duchesse d'Orléans, actuellement demeurant à Vernon, où elle est retirée, nonobstant le décret de la Convention qui ordonne que tous les individus de la famille des Bourbons soient conduits à Marseille, sera saisie par le porteur, qui
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
NOTES
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est chargé de requérir la force armée pour l'exécution du présent.
« Vadier, Lavicomteiue, Jacot, Ajjar, Dubarran, Louis (du Bas-Rhin), Voulland, Guffroy. »
La duchesse d'Orléans était dans un état de santé tel que Ton fut obligé de mettre cinq jours pour faire le trajet de Vernon à Paris. Le 29 brumaire, elle fut écrouée à la prison du Luxembourg.
Nous renvoyons aux mémoires si intéressants, que le duc de Montpensier a laissés, pour tout ce qui concerne la captivité des prisonniers de Marseille, et à l'ouvrage intitulé : Anne-gaule-Dominique de Noailles, marquise de Montagu, pour ce qui regarde la captivité de la duchesse d'Orléans; nous avons hâte d'arriver au 9 thermidor, pour avoir à raconter des faits moins tristes.
Aussitôt après, la mort de Robespierre, les prisons ne tardèrent pas à se vider, La duchesse d'Orléans., restée presque seule dans la prison du Luxembourg, adressa la lettre suivante aux comités de gouvernement :