LIVRE XXXV
au rang des modérés; on nous traite de royalistes et de traîtres. »
Ces dernières paroles ramenaient le débat à la pétition de la halle au blé et à la dénonciation de Robespierre. L'Assemblée entend les excuses que Poullier vient balbutier à. la tribune afin d'atténuer la fraude dont il a été convaincu; elle renvoie Stengel et Lanoue devant le Tribunal révolutionnaire et accorda la parole à Guadet l,
i. Stengel et Lanoue furent tous les deux acquittés de l'accusation de trahison que les démagogues, et Poultier en particulier, avaient dirigée contre eux. Voir t. VI, p. 555 et 556.
Puisque nous avons introduit un instant sur la scène le conventionnel régicide Poullier, crayonnons en quelques lignes la biographie de ce moine défroqué; elle pourra donner une idée de ce que devinrent bon nombre de ces montagnards fougueux qui, oubliant leurs serments républicains, se dévouèrent au salut de tous les régimes comme ils s'étaient dévoués au culte de Marat et de Robespierre. Avant la Révolution, Poultier était géfiovufam a Péronne et se faisait appeler Poultier d'Elmotte. À sa sortie du couvent, il s'était lancé dans les rangs de la plus ardente démagogie. On l'improvisa chef d'un bataillon de volontaires du Pas-de-Calais qui tenait garnison à Douai. A force d'intrigues et de harangues ampoulées, l'ex-moine se Ht nommer député à la Convention par les électeurs du département du Nord, auxquels il était parfaitement inconnu quelques mois auparavant. Nous venons de l'entendre se vanter d'avoir été pendant dix-huit mois aux frontières; en tous cas, il n'y avait pas vu le feu, puisque le territoire français ne Tut envahi de ce côté qu'en octobre 1792, après la réunion de la Convention. Poultier vota la mort du Roi et siégea toujours sur la crête de la Montagne. Après la session, il fut nommé officier de gendarmerie et, plus tard, commandant de place à Mon treuil. Sous l'Empire, il devint le chevalier Poultier, et fut un des serviteurs les plus dévoués de Napoléon I". En 48)4, il acclama avec enthousiasme le retour de Louis XVIII. Lorsque le frère du roi martyr débarqua à Calais et se dirigea par Montreuil sur Paris, il vu. 9
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
HISTOIRE DE. LA TERRIiUR.