‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 50 sur 246 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

mencée. Aussi les routes de Flandre, d'Alsace et de Lorraine étaient-elles couvertes de gardes nationaux qui abandonnaient leurs bataillons avec armes et bagages. Gomment en aurait-il été autrement ? Ils savaient qu'on ne pouvait leur appliquer les peines sévères qui en tout temps ont puni la désertion; ils étaient fort peu impressionnés par les proclamations que leur adressait la Convention, par les promesses qu'elle leur prodiguait, par les peines dérisoires qu'elle édictait contre eux '.

Les hommes restant sous les drapeaux croyaient, pour prix du sac ri lice qu'ils s'imposaient, avoir le droit de s'affranchir des règles qui en tout temps et en tout pays ont été jugées indispensables au maintien de la discipline. Pour être fidèle à la déclaration des Droits de l'homme, le législateur n'avait-il pas lui-même prêté la main au désordre et à l'insubordination? n'avait-on pas d'abord laissé tomber en désuétude et ensuite abrogé 1 les ordonnances qui empêchaient les soldats de se marier? n'avait-on pas déclaré ces règlements, et bien d'autres encore, contraires à la liberté des citoyens, indignes par conséquent de figurer dans le code des armées républicaines?

On conçoit facilement jusqu'où, en pareille matière,

1 . Un décret du i 3 décembre portait que tout volontaire national qui abandonnerait son poste serait noté par la municipalité du lieu rie son domicile sur un tableau d'inscription civique, comme ayant refuse à la patrie le secours qu'elle lui demandait. Par contre, le même décret promettait une pension rie retraite, convertîssable en iicquisition de biens nationaux, à tous les citoyens qui auraient servi sans inlcrruption jusqu'à la fin de la guerre.

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