‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 117 sur 262 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

qui se passe aux prisons, et lui demander quelles mesures on peut prendre pour garantir les prisonniers; » comme si le conseil général de la commune avait besoin d'en référer aux représentants de la nation, pour apprendre d'eux quel est le devoir des magistrats chargés de veiller à la sûreté des citoyens et surtout des prisonniers confiés à leur garde !

Pendant ces inutiles allées et venues, le conseil général maintient toutes les précautions de police prises précédemment, il renouvelle les ordres donnés le jour des fameuses visites domiciliaires, fait de nouveau fermer les barrières et autorise les sections à empêcher l'émigration par la rivière. Robespierre, reprenant sa thèse de la veille, tonne contre Brunswick et ses complices; il est soutenu dans ses diatribes, dans ses calomnies, dans ce que le procès-verbal appelle ses sentiments civiques^ par l'agent le plus actif des massacres, par l'orateur que nous venons de voir haranguer les assassins, par l'homme dont les vêtements sont encore imprégnés de l'odeur du sang des victimes, Billaud-Varennes. Puis le conseil envoie de nouveaux commissaires dans les prisons, « pour tâcher de calmer les esprits et éclairer les citoyens sur leurs véritables intérêts » . EnGn, sans s'inquiéter davantage de ce qui se passera dans cette nuit funeste, il se sépare, laissant à quelques-uns de ses membres le soin de maintenir la permanence sous la présidence de Mehée.

L'Assemblée législative rouvre sa séance à six heures du soir. Une députation de l'île Saint-Louis vient l'instruire des alarmes causées par le discours incendiaire de Robespierre. « Depuis la veille au soir on ne parle que

de la trahison des minisires; il serait utile de faire savoir aux citoyens de la capitale s'il est vrai, comme semble l'annoncer un arrêté de la commune, que le conseil exécutif a perdu la confiance de la nation »

À cette demande, l'Assemblée répond par des dénégations unauimes. Mais ce démenti, la députation de l'île

i. Nous avons retrouvé l'arrêté que 1rs délégués de l'île Saint-Louis vinrent apporter à la barre de l'Assemblée, à l'ouverture de lu séance du 2 septembre au soir. Il est signé Royer-Collard; le jeune publiciste avait cessé ses fonctions de sec-réLairc-grelBer de la commune légale, le 40 août au matin; mais la section de l'île Saint-Louis, à laquelle il appartenait, avait eu le courage de l'élire pour son président, et il avait eu, lui, !e courage d'accepter ces fonctions périlleuses et d'apposer son nom au bas de la délibération suivante :

« SECTION DE L'iLE SAINT-LOUIS.

«Séance. <l.e-l'A*$r,mblw <;énAeale, pernmv.eAiUi d<i 2 septembre. 4792, l'an iv de la liberté ai le i" dis l'Égalité.

« Appert par le procès-verbal, sur la proposition de plusieurs membres, qu'il a été unanimement arrêté d'envoyer une députation à l'Assemblée nationale :

« 4° Pour l'assurer de toute la soumission des citoyens de celle section à ses décrets;

« 2° Savoir d'elle si le décret relatif à la municipalité est rapporté;

« 3° Enfin si, d'après la proclamation qui a été faite aujourd'hui dans Paris par la municipalité qui a annoncé que le pouvoir exécutif actuel trahissait les citoyens français et que la preuve de cette trahison consiste dans un avis qu'a dû donner le pouvoir exécutif aux ennemis pour intercepter un renfort de 4,000 hummes qui étail envoyé à Verdun, savoir de nos législateurs si le ministère actuel a encore la confiance de la nation.

a Pour extrait, etc.

m Roveb, président ; François, secrétaire.

i Le 2 septembre, à Paris, 1793. •

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