‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 120 sur 262 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

section , étaient rassemblés à la mairie, par suite d'une convocation qui datait déjà de deux jours., afin de s'entendre sur les mesures de salut public à adopter pour repousser l'ennemi en marche sur la capitale.

Ah ! la première mesure à prendre dans l'intérêt de Paris, de la France, de la liberté, de la révolution, n'était-ce pas de courir aux prisons, d'arrêter les massacres, de sauver l'honneur de la nation qui s'écoulait à flots précipités par les plaies béantes de tant de victimes déjà égorgées? Mais toutes les préoccupations des assistants étaient concentrées sur la question de savoir qui l'emporterait de Robespierre ou de Brissot ; on se regardait avec méfiance, on s'interrogeaitavec crainte; aussi se sépara-t-on sans rien décider.

Pendant ce temps, les mandats lancés contre Roland etBrissot par le comité de surveillance étaient mis à exécution. L'hôtel du minisire de l'intérieur était envahi par une bande d'hommes armés comme l'avait été, quelques jours auparavant, l'hôtel du ministre de la guerre, à l'occasion de l'affaire Girey-Dupré. Roland était absent. Sa femme fut obligée de recevoir les étranges visiteurs, elle eut beaucoup de peine à s'en débarrasser1.

Brissot reçut une visite à peu près semblable ; ses papiers furent examinés avec soin pendant plusieurs heures ; enfin les commissaires se retirèrent en lui laissant un cer-

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