‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 185 sur 262 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

il en est un qui, par sa position et sa construction, offre à la fois les moyens de retenir les prisonnière et les moyens de les garantir; que, par son nom même, il aura l'avantage de satisfaire en quelque sorte l'anïmadversion populaire et d'atténuer le sentiment de la haine en faisant naître des sentiments de mépris. .. »

Tels étaient les expédients auxquels en étaient réduits les magistrats d'une grande cité, naguère le siège de la cour la plus brillante et la plus policée du monde entier. Telles étaient les phrases à l'aide desquelles on espérait conjurer les desseins de ces hommes que l'on voyait déjà apparaître dans les rues de Versailles, commo l'on voit accourir les hyènes à l'approche des caravanes qui leur promettent une proie facile.

En même temps qu'elles prenaient cet arrêté, les autorités de Versailles envoyaient un exprès sur la route d'Etarnpes pour savoir si véritablement les prisonniers d'Orléans étaientdirigés sur leur ville, contrairement aux décrets de l'Assemblée, Ce fut à Àrpajon que le messager trouva les commissaires de la commune qui, à la tête de l'armée parisienne, y étaient arrivés dans l'aprèsmidi du 8, et attendaient, pour franchir les quelques lieues qui les séparaient encore de Versailles, le dimanche 9, jour convenu avec les organisateurs des massacres.

La réponse rapportée par le messager est très-vague et ne lève aucune des incertitudes qui planent sur la marche du convoi1. La municipalité se résout à adresser

i . Nous avons retrouvé les lettres que les commissaires de la com-

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un nouveau message a Roland pour apprendre de lui ce qu'il a décidé. Comme si ce malheureux minisire décidait quelque chose et savait même ce que d'autres décidaient à sa place!

Pendant ce temps, le président du tribunal criminel, Alquier, ancien constituant, court à Paris avertir le ministre de la justice de ce qui se passe. Mais ce ministre était Danton; ce représentant de la loi était le chef secret des assassins. Àlquier parvient à grand'peïne jusqu'à lui; il expose les dangers que présentent ces attroupements d'hommes armés, mêlés d'agents pro-

mune écrivirent d'Arpajon , le 8 au matin, à Roland et à la municipalité de Versailles; on y voit percer en même temps et la crainte de se compromettre et de vngues prévisions de tmublrs prochains à l'arrivée des prisonniers. Comment les commissaires pouvaient-ils si bien prévoir ce qui allait se passer à Versailles, si, d'avance, dans cet effroyable drame, lous les rôles, toutes les phases de l'action n'avaient pas été prévus et marqués.

Des deux lettres adressées à Roland, la première est de une heure après midi, la deuxième de trois heures et demie, tant les événements se précipitaient au moment du dénoûment, tant les commissaires avaient hâte de mettre leur responsabilité à couvert.

Première lettre.

« Il nous parait, monsieur, que tout arrivera à bon port. Cependant nous croyons qu'il faudrait prendre des mesures prudentes, car on nous assure qu'une partie du peuple de Paris doit venir à Versailles, et, pour peu qu'on échauffe la troupe qui accompagne les prisonniers, elle pourrait se porter & quelques excès. »

Deuxième lettre,

« Nous avons reçu la lettre ci-joïnte ( des administrai eu rs

de Versailles); nous avons craint de commettre une indiscrétion en y répondant catégoriquement. Dans l'incertitude où nous sommes que le

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