DÉPOSITION DE LA CITOYENNE ROSALIE EDOUARD
« Le 8 floréal, l'an m* de la République française, s'est présentée devant nous Rosalie Edouard, fille majeure, demeurant à Orléans en qualité de fille de confiance chez le citoyen Benoist Méra, rue de Courville, section de la Vérité, laquelle a fait fa déclaration suivante :
« Je déclare qu'il est à ma connaissance que le 31 août 1792 la force armée parisienne est arrivée à Orléans pour enlever les prisonniers des Minimes et de Saint-Charles ; que Léonard Bourdon était arrivé en cette ville la veille ou la surveille, et logeait à la maison du Dauphin, rue Bannier, où je demeurais en qualité de fille de confiance ; que différentes personnes l'environnaient et mangeaient avec lui habituellement, entre autres les nommés Besserve, Laguette, Vigoureux, Nicole, Goulu, Dtiplessis, Chamouillet et autres de cette espèce; que Prosper Qubail était le collègue de Léonard Bourdon ; que le général Fournier venait aussi souvent manger avec lui, ainsi que Lazouski et un appelé Bécard. 11 est aussi de ma connaissance que, le jour de l'arrivée de la force armée parisienne, Léonard Bourdon est monté en voiture pour aller au-devant d'elle, qu'il était toujours accompagné de deux gendarmes; il est revenu avec la force armée. Je ne sais ce qui s'est passé dans l'intérieur des prisons, mais seulement que Bourdon est allé aux prisons et qu'on a apporté dans sa chambre différents portefeuilles, effets, et assignats qui ont été remis audit Bourdon, ainsi que des croix de Saint-Louis ; que le général Fournier en a mis une à la tête, de son cheval. »