Bulletin du tribunal du M août, n01 5 et
L'un , Luce de Montmorin , ancien colonel du régiment de Flandre, était gouverneur de Fontainebleau et avait été élu, depuis la révolution, maire de cette ville, où il était fort aimé. L'autre, Armand de Montmorin, avait été ministre des affaires étrangères en 1791; son nom avait acquis une célébrité toute particulière, parce qu'on l'avait lu au bas du passe-port dont la famille royale s'était servi lors du voyage de Varennes. Après le 10 août, on avait trouvé aux Tuileries des lettres où il était. question de préparatifs de défense, du projet de la cour de se retirer hors de Paris, et surtout d'une conversation entre plusieurs députés sur les événements qui avaient précédé l'insurrection. On avait d'abord supposé que ces papiers appartenaient à l'ex-ministre. et on avait lancé contre lui un ordre spécial d'arrestation. Saisi dans l'asile qui lui avait été offert au fond d'un faubourg, il fut amené le 21 août à la barre de l'Assemblée. Sur les explications catégoriques qu'il donna, on fut obligé de reconnaître, d'une part, que l'accusation portée contre lui était basée uniquement sur la découverte compromettante qui avait été faite, et, d'autre part, que l'appartement dans lequel les papiers avaient été trouvés était celui du gouverneur de Fontainebleau, qui, d'après un ancien usage, avait droit à un logement dans toutes les résidences royales. Cela n'empêcha pas le comité de surveillance de l'Assemblée d'envoyer à l'Abbaye l'exministre, parce que, disait-on, rien ne serait plus facile que de trouver dans sa conduite d'autres faits pouvant servir de matière à accusation.
Son homonyme, Luce de Montmorin, fut aussitôt re-