‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 65 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

sence les propositions qu'il va faire, ne puissent en soupçonner ni la véritable origine ni la portée réelle. A peine est-il entré dans la salle, qu'il réclame la parole au nom du salut de la patrie, et s'écrie :

« Nos ennemis ont pris Longwy, mais la France ne résidait point dans Longwy... Ce n'est que par une grande convulsion que nous avons anéanti le despotisme dans la capitale ; ce n'est que, par une convulsion nationale que nous pourrons chasser les despotes...

« Quand un vaisseau fait naufrage, l'équipage jette à la mer tout ce qui l'exposait à périr; de même tout ce qui peut nuire à la nation doit être rejeté de son sein, et tout ce qui peut lui servir doit être mis à la disposition des municipalités, sauf indemnité aux propriétaires.

« On a, jusqu'à ce moment, fermé les portes de la cale 28 août au soir, proposer à l'Assemblée le fameux décret sur les visites domiciliaires. Elle est ainsi conçue :

e Le conseil, considérant qu'aucun moyen ne doit être négligé pour se procurer des armes, arrête que les sections seront inviiées à nommer des commissaires pour faire au plus tôt les visites nécessaires chez les citoyens pour rassembler les fusils et autres armes qui peuvent s'y trouver.

« Le conseil exécutif se rendra à l'Assemblée nationale pour obtenir qu'elle décrète à l'instant \' ouverture des barrières de l'a-ris. »

Les barrières de Paris, closes le 10, le 11, le 12 et le 13, entrouvertes le 14, après une visite générale des hôtels garnis, refermées" le 15 et le 16, furent, du 17 au 29, à moitié libre?. Ceux qui voulairnt tes franchir devaient 6tre pourvus de passe-ports, dont les assemblées générales des sections autorisaient la délivrance (arrêté du 12 août), et qui n'étaient signés à la mairie que sur la déclaration de tûmoins « corporeilement responsables de l'identité des personnes par eux présentées» (arrêtés des 13 et18 août).

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

pitale, et l'on a eu raison. II était important de se saisir des traîtres; mais, y en eût-il trente mille à arrêter, il faut qu'ils soient arrêtés demain, et que demain Paris communique avec la France entière... La municipalité est investie du droit de saisir- tous les hommes suspects, mais que, dès demain, le peuple français puisse venir vous défendre et communiquer avec les habitants de Paris. Nous demandons que vous nous autorisiez à faire faire des visites domiciliaires. Il doit y avoir dans Paris quatre-vingt mille fusils... Tout appartient à la patrie, quand la patrie est en danger1... »

A peine Danton a-t-il fini de parler que Merlin (de Thionville) s'élance à la tribune et demande que l'on passe la nuît, s'il le faut, pour discuter et décréter les mesures que vient de proposer le ministre de la justice. Celui-ci avait eu soin d'apporter, tout préparé, un projet de décret; Merlin s'en empare et le convertit en motion :

4° Des visites domiciliaires seront faites, par les officiers municipaux et leurs délégués, dans toutes les communes de France, afin de constater la quantité des munitions et le nombre des armes, chevaux, charrettes et chariots qui se trouveraient chez les citoyens;

2e Chaque section de Paris nommera trente commissaires pour procéder à ces visites, qui devront être faites immédiatement et terminées dans la huitaine;

.V Les visites aussitôt terminées à Paris, des passe-

1. Moniteur, p. 1033; Journal des Débats et Décrets, p. 427, n° 336.

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