‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 77 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

cause. Si vous voulez essayer votre pouvoir contre les écrivains patriotes et détourner, en les effrayant, la vérité qu'ils doivent au peuple, et qu'ils lut diront, vous avez mal choisi l'objet de cette épreuve. Je suis fermement résolu à défendre jusqu'à la mort la liberté individuelle et la liberté de la presse que vous attaquez, les droits de l'homme auxquels vous attentez, les droits du peuple que vous usurpez. »

Choudieu donne également lecture d'une autre lettre adressée au président de l'Assemblée nationale, et dans laquelle Girey-Dupré ne craint pas de signaler avec une noble véhémence « la conduite tyrannique des commissaires provisoires de la commune de Paris, leur avidité à se partager les places et à recueillir les fruits de leur dictature, le système d'avilissement qu'ils osent pratiquer contre le corps législatif. « Il est temps, ajoute-t-il, que l'Assemblée fasse cesser tous ces désordres, qu'elle rende au peuple ses droits, qu'elle maintienne la liberté individuelle et la liberté de la presse contre les entreprises des usurpateurs. Le moment presse. Le corps électoral va s'assembler *. »

Les deux lettres du rédacteur du Patriote sont couvertes d'applaudissements, sa plainte est renvoyée à la commission extraordinaire pour qu'elle en fasse incessamment le rapport. Bernard (de Saintes), autre montagnard aussi peu suspect que Choudieu de pactiser avec le parti vaincu, demande que « les signataires du mandat d'amener dé-

1. Patriote français, n° 4 H 6. Ces deux lettres se trouvent in extenso dans le Moniteur, n° du 1er septembre, p. 1038.

cerné contre Girey-Dupré soient tenus de comparaître à la barre des représentants de la nation pour y rendre compte de leur conduite1. » La motion est décrétée sans discussion.

L'Assemblée essaye de reprendre son ordre du jour et de discuter les mesures de salut public qu'exige la marche des ennemis sur Verdun. Tout à coup Gensonné annonce, au nom de la commission extraordinaire, que, sur l'ordre du conseil général de la commune, l'hôtel du ministère de la guerre vient d'être investi par des hommes armés, et que, pendant plus de deux heures, les bureaux de cette administration ont été privés de toute communication avec le dehors et empêches de pourvoir aux urgentes nécessités du salut public. Pourquoi ce déploiement de forces? pourquoi ce trouble apporté dans un moment aussi critique aux opérations si multiples dont le ministère de la guerre était chargé? On supposait que Girey-Dupré s'y était réfugié!

Gensonné dépose sur le bureau la lettre même que Servao a écrite à la commission extraordinaire, en réponse aux explications qu'elle lui avait fait demander sur un fait aussi étrange2.

1. Journal des Débats el Décrets, n* 337, p. 160. Le Moniteur, fidèle à son système de partialité en faveur de la commune de Paris, ne mentionne, ni la suite donnée à la plainte rje Girey-Dupré, ni la motion de Bernard (de Saintes), ni les applaudissements qui accueillirent les discours de Choudieuet de Bernard.

2. Nous avons retrouvé la lettre même de Servan, qui n'est qu'analysée dans le Journal des Débats et Décrets et dans le Moniteur.

■ Paris, le 30 août,

n Rien n'est plus vrai, monsieur, toutes les personnes à l'hôtel de

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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