‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 80 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

« Vite à votre poste, chers collègues; un décret de l'Assemblée nationale vient d'être rendu à l'instant : le Conseil général est cassé; encore aujourd'hui vous êtes les représentants du peuple ; venez vous réunir à nous, nous vous attendons à la maison commune1.»

Nous verrons bientôt quels furent les résultats de ce pressant appel.

Le 30 au soir, l'officier municipal Daunay, accusé d'avoir enlevé le fameux canon damasquiné en argent, comparaît à la barre de la Législative, et s'efforce de justifier son étrange conduite; il apporte des certificats qui

4. Celte circulaire si importante se trouve inscrite textuellement sur les registres de ta section du Faubourg-Saint- Denis. Probablement un des commissaires de cette section la déposa sur le bureau, alln d' excuser son départ précipité pour l'Hôtel de Ville, et le secrétaire la consigna sur son procès-verbal. Nous avons retrouvé la initie de cette même circulaire sur le registre de la section du Sfarché-des- Innocenls. Seulement, le texte même n'y est pas reproduit. Ces deux documents se contrôlent l'un par l'autre et mettent hors de doute l'existence de cette pièce si importante et jusqu'alors complètement inédite.

« Section du Afarclté-des-Innocenls.

30 août 1TB2.

a On commençait à discuter, lorsque M. le président a annoncé une lettre importante arrivant de la maison commune; cette lettre contenait invitation pressante à MM. les commissaires des quarantehuit sections de se réunir sur-le-champ, pour délibérer sur la cassation du conseil général.

• « Celle nouvelle inattendue ayant excité quelque inquiétude dans l'assemblée, un membre a proposé d'inviter MM. les commissaires de se rendre sur-le-champ à leur poste pour prendre connaissance des motifs, et ensuite renvoyer un d'entre eux à l'assemblée pour l'en informer. L'assemblée a arrêté cette invitation. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

prouvent que le canon est déposé à la section du Houle1. Quant aux perquisitions qu'il a faites chez l'un des habitants de l'hôtel du Garde-Meuble, il prétend ne s'y être livré que parce qu'on lui a dénoncé « le particulier comme suspect; » s'il a fouillé le secrétaire, s'il a emporté des papiers, c'est par simple mesure de police. « Du reste, dit-il en terminant, j'ai eu soin de dresser procès-verbal de tous ces faits ! »

1. Voici les certificats qui furent déposés à celte occasion sur le bureau du président de l'Assemblée. Nous respectons l'orthographe de ces documents.

« Nous, président du comité, doyen d'âge, accompagné de M. Iloudain, commandant de bataillon, et de M. Labre, capitaine des canouniers, certifions et attestons que In pièce de canot dite de Siam et plaquée en différents endroits en feuille d'argent est réellement déposée depuis le 26 présent mois dans notre magasin de canon. En foi de quoi nous avons signé le présent pour servir à la décharge du citoyen Daunay s'il est nécessaire. A Paris, ce 30 août 1792, etc.

« Signé : 1Jouo.uk, commandant en chef;

Vebniies, président, doyen d'â^e;

Ladre, capitaine. »

« Je soussigné avoir reçu de 31. Daunay une pièce de canon dite de Siam laquelle pièce vint du garde meble et est damasquinez on argent; à Paris, ce 26 août 1792-

« Signé: Rkcomx, sous-lieuxtena.it des omoniers dus palallion pbipa du Roulle. »

L'officier municipal, si peu scrupuleux sur les formes, s'appelait Daunay et non Delaunai/j comme le nomme le Moniteur, p. 1038. (Voir la liste des membres de la Commune insurrectionnelle, dans l'Histoire parlementaire de Bûchez, et Roux, t. XVI, p. 421.) II était perruquier cl appartenait à la îeclion même du Roule qui, du reste, le dc&iluu quelques jours âpres.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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