‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 83 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

de Paris a été mandé à votre barre, il n'a point paru el refuse d'obéir à la loi..-. J'ai entendu dire que le peuple... Ah! peut-on avilir ainsi les Parisiens à leurs propres yeux? Peut-on ainsi dégrader la dignité nationale en nous supposant assez lâches pour ne pas réprimer les excès partout où ils se trouvent? Messieurs, écoutez votre conscience, souvenez-vous de vos commettants el du compte que vous leur rendrez un jour. Conservez votre courage et faites respecter tes lois... Je demande pour l'honneur des citoyens de Paris, pour le vôtre, que le citoyen mandé à la barre y soit amené séance tenante. »

.Des applaudissements frénétiques éclatent de toutes parts. Cependant, Lagrevol parvient à empêcher l'Assemblée de céder à son enthousiasme; elle se conlente de rappeler au ministre de l'intérieur l'exécution du décret rendu la veille a.

1. Moniteur, p. 1043; Journal des Débats et Décrets, p. 183. Voicî le texte môme du décret rendu sur la motion de Lagrevol, le 31 août, au matin:

« L'Assemblée, sur la motion d'un de ses membres, décrète que le ministre de l'intérieur répondra à l'instant, par écrit, s'il a fait parvenir, et ii quelle heure, au président et au secrétaire de la commune provisoire de Paris, le décret qui les mande à la barre de l'Assemblée. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

On venait à peine de reprendre l'ordre du jour, lorsque le président annonce que Pétion et Manuel, à la tête d'une nombreuse dépulation de la commune provisoire, demandent à être admis a la barre. Mais pour comprendre la nouvelle scène qui va se dérouler, il faut nous transporter à l'Hôtel de Ville et savoir ce que le conseil de la commune, réuni sur la pressante invitation deTallien, a résolu dans le péril extrême où il se trouve.

Les usurpateurs, une fois le premier mouvement de colère passé, avaient senli la nécessité de donner à l'Assemblée quelque satisfaction illusoire qui permit de retarder l'exécution du décret de dissolution, et leur donnât le temps de mettre la dernière main à leurs préparatifs de défense. On avait accusé la commune d'avoir désorganisé les divers services municipaux, et notamment celui des subsistances, d'avoir systématiquement annihilé l'action du maire. Ils se hâtent de passer condamnation sur le premier point, en prenant un arrêté par lequel ils reconnaissent « l'utilité dont peuvent être à l'administration les talents et l'expérience des anciens administrateurs, » les réintègrent dans leurs fonctions, et déclarent que ceux qui ont été nommés à leur place devront être considérés comme leurs suppléants et auront seulement voix consultative dans les assemblées du corps et du bureau municipal. En même temps ils

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