‹ Histoire de la Terreur á Bordeaux, Volume 2Chapitre 27 sur 42 · C.-Alex. YsABEAU, Tallœn, Brival · texte numérisé non relu

C.-Alex. YsABEAU, Tallœn, Brival

Par les Représentans du peuple :

Peyrend-d'Herval, secrétaire de la Commission, commissaire des guerres.

NOTE VI, p. 75.

Bordeaux, le 16 brumaire de Pan deuxième de la République.

Le Comité révolutionnaire de surveillance du département du Bec d'Ambès, aux Comités de surveillance des autres départements.

Frères et amis, vous aurez appris avec plaisir Theureuse révolution qui vient de s'opérer dans notre cité. Les aristocrates, les fédéralistes, les accapareurs de tout genre qui, depuis longtemps, tenaient le peuple sous le joug le plus odieux, viennent enfin de rentrer dans le néant; plusieurs d'entre eux ont déjà payé de leurs têtes leur criminelle audace, et nous espérons que dans peu notre ville sera entièrement purgée de tous ces monstres.

Les Représentans du peuple délégués dans notre département ont pensé que le seul moyen de découvrir les traîtres était d*établir un Comité de surveillance révolutionnaire composé de vrais sansculottes, prêts à se sacrifier pour la cause de la Liberté, et à faire les recherches les plus scrupuleuses pour découvrir les traîtres jusque dans leurs derniers repaires.

C'est au nom de ce Comité que nous vous invitons à nous donner tous les renseignements que vous {)ourriez avoir sur quelques individus suspects, qui pourraient, malgré notre surveillance, se soustraire à nos recherches. Nous correspondrons directement avec vous; faites-en de même, et par ce moyen nous parviendrons à empêcher que le sol de la République ne soit plus longtemps souillé de la présence des conspirateurs.

Salut et fraternité.

Les membres composant le Comité de correspondance,

LÉARD, DOBGUEIL.

NOTE VII, p. III.

COMMISSION MIUTAIRE.

La République française une et indivisible.

ARRÊTÉ

de LA COMMISSION MIUTAIRE SÉANTE A BORDEAUX.

Du 8 frimaire, l'aa II de la République française, une et indivisible (28 novembre 1793).

La Commission militaire, vu la lettre des agens du conseil Exécutif, Demaret et Patrice, et les pièces envoyées par la municipalité, d'après son invitation ;

Considérant qu'il est infiniment essentiel de poursuivre tous les auteurs et instigateurs des cris séditieux et infâmes de Vive le Roi! poussés dans la salle du Grand Spectacle, le 17 Juin dernier.

Considérant que la Convention nationale a ordonné au Ministre de la Justice de lui rendre compte de la procédure qui a été £ûte à cet égard, et qui, par une négligence inconcevable, a été jusques à ce jour ensevelie dans un profond oubli.

Considérant que ceux qui ont donné lieu à ce cri séditieux sont les premiers coupables; qu'ils peuvent d*ailleurs donner des rensei-

gnements propres à &ire découvrir toutes les machinations qui tendaient à renverser la République et à donner un maître à la France.

Considérant que depuis le commencement de la Révolution, le Grand-Théâtre de Bordeaux, à l'exemple de celui de Paris, a fait tous ses efforts pour anéantir Fesprit public et seconder les vues contre-révolutionnaires des aristocrates et des négociansde cette ville.

Considérant que parmi les acteurs qui composent ce spectacle, un très petit nombre est pénétré des principes de l'égalité, et qu'ils seront les premiers à applaudir aux mesures que la justice et r intérêt public dictent dans ce moment à la Commission.

Arrête que tous les membres composant ce spectacle seront à rinstant arrêtés et traduits dans le secrétariat de la Commission, pour y être séparément interrogés afin de découvrir, d'après leurs diverses dépositions, ceux d'entre eux qui ont le plus contribué à pervertir Tesprit public dans la ville de Bordeaux, de connaître les complices des perfides qui se sont permis de crier Vive le Roy! pendant la représentation de la pièce intitulée : La vie est un songe ^ et de statuer contre les coupables ce qu'il appartiendra.

Invite tous les bons citoyens qui auraient à donner à la Commission quelques renseignements relatifs à cette affaire, de se transporter au Département, pour les lui communiquer.

Fait et arrêté dans la salle du secrétariat, le 8 Frimaire, Tan deuxième de la République française une et indivisible.

Signés : Lacombe, président, Rey,

Parmentier, Marguerié, i membres de la Commission,

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