‹ Histoire de la Terreur á Bordeaux, Volume 2Chapitre 38 sur 42 · AUX CITOYENS DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

AUX CITOYENS DE BORDEAUX

Du i5 juillet 1794.

Citoyens, vos nouveaux magistrats, en vous Élisant connaître la réorganisation de la municipalité et leur installation, vous doivent et se doivent à eux-mêmes de prendre, en votre présence, l'engagement solennel de veiller aux précieux intérêts qui leur sont confiés, avec assiduité, avec zèle ; ils ont des devoirs nombreux à remplir ; une grande responsabilité pèse sur leur tête; leur administration est environnée d'écuells créés par la malveillance et Taristocratie ; ils ont également à se défendre de ce modérantisme coupable, qui tue la liberté avec le langage de l'indulgence et de la philosophie, et de cette exagération perfide, qui tue le patriotisme en calomniant la Révolution ; mais ils connaissent les ennemis de la patrie, leur surveillance active percera le voile dont ils s'enveloppent; Téchafaud est là, ils les y conduiront avec courage, et ils apprendront ainsi à leurs concitoyens qu'on n'est point traître impunément, et que la vertu est le seul asile où lliomme de bien n'ait rien à craindre.

Trop souvent des administrateurs surchargés d'afiaires, excédés de demandes, oublient qu'ils sont citoyens avant d'être magistrats, et qu'ils doivent traiter les citoyens dont les affaires les appellent à leurs bureaux, avec calme, avec ce ton d'amitié et de fraternité qui doivent unir tous les membres d'une même famille.

11 existe encore dans Torganisation de la municipalité une confusion, tant dans la distribution des bureaux, que dans leur placement et Tordre de leur travail, bien désagréable pour les citoyens qui sont souvent obligés de parcourir 20 bureaux avant de parvenir à celui dont ils ont besoin.

Nous allons nous occuper sans relâche, citoyens, de corriger tous ces abus; vous viendrez au milieu de nous porter vos réclamations ou des avis fraternels ; vous trouverez, dans chacun de nous et dans les différents agents de la municipalité, cet accueil qu'ont droit d'attendre des citoyens qui parlent à leurs égaux, à des hommes qui doivent être les premiers instituteurs de la morale et de l'honnêteté publique ; et Tordre rigoureux que nous allons établir sera tel que votre temps et vos intérêts seront également ménagés.

Tels sont, citoyens, les moyens par lesquels nous chercherons à mériter votre confiance; mais, nous vous le dirons avec franchise, nos efforts seraient vains si vous-mêmes n'étiez pas profondément pénétrés du respect qu'on doit à la loi et à ses organes, si vous ne vous hâtiez de donner à vos mœurs cette austérité républicaine, qui seule peut assurer le triomphe de la liberté et établir le gouvernement républicain sur une base immuable. Oui, nous devons vous le dire, chaque bon citoyen doit exercer, par son exemple, par ses discours, une sorte de magistrature infiniment respectable; sa maison doit être Técole de toutes les vertus publiques et privées, et c'est à lui seul peut-être qu'il appartient de proscrire, par son influence, ces restes impurs de la tyrannie, qui souillent encore les yeux des républicains, et qui mettent un obstacle invincible à la régénération complète de nos mœurs et de nos opinions.

Tels sont nos devoirs respectifs, citoyens; remplissons-les fidèlement, notre bonheur est à ce prix.

Délibéré à Bordeaux, en Conseil général de la commune, le 27 messidor, etc.

Signé : Pierre Thomas, maire,

Moutard, secrétaire-greffier >

{Journal du Club national du 2 thermidor an II, no 8.)

NOTE XXIII, p. 298.

ARRÊTÉ

• du

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