‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 109 sur 165 · Vonileur du IS septembre · texte numérisé non relu

Vonileur du IS septembre

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Stérile; ordonnez à ces capitaux amoncelés de se diviser, et ils iront se verser sur vos champs, pour les Tertiliser, et dans vos ateliers, pour tes viviSer ; ils iront créer des armes et du pain, les deux seuls besoins d'un peuple libre. » Fabre d'Ëglantine appuya les pro])ositions de son collègue, et après une courte discussion de détail entre Cambon et Robespierre, au sujet de la vente des marchandises de la Compagnie, le projet présenté par Delaunay fut adopté avec ses divers amendements'..

La Convention disposait de la sorte de la fortune publique sous toutes ses formes et prétendait régir l'agriculture, lecommerce et l'industrie, comme elleavait essayé de décréter la victoire. Le premier effet de ces erreurs économiques avait été ta disparition du peu d'argent monnayé qui restaitencore dans la circulation; le second fut l'arrêt de toute industrie et de tout commerce. Producteurs et marchands préféraient un chômage absolu à la perte certaine que devait entraîner pour eux la vente d'objets livrés h vil prix. Bientôt, il n'y eut plus de proportions entre l'offre et la demande et, sous l'empire de la dépréciation croissante des assignats, les denrées de première nécessité atteignirent des prix exorbitants. Dans ce désastre universel, l'agriculture seule survécut, sous l'empire de la nécessité, et au prix des plus grands sacrifices.

Mais qu'importait aux hommes de parti qui tenaient dans leurs mains les destinées de la France? Us n'avaient

t. Moniteur du 10 »ctobra 1793.

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d'autre objectif que de caresser la faction don! ils dé' peDdaient et d'obtenir, par ces flatteries intéressées, qu'une tranquillité relative régnât dans Paris, où le gouveraernent vivait sous la menace perpétuelle de l'émeute. Tel- était leur unique but; et, pourvu qu'il fût atteint, ils ne se préoccupaient nullement du reste de la France.

Il faut néanmoins le constater, ces concessions serviles manquaient leur effet; c'est en .vain qu'on jetait, dans le gouSre parisien, une avance de cent dix millions pour les subsistances; ce n'était pas encore assez, au dire d'Hébert, qui se plaignait que l'on affamât la capitale 1. Le peuple, que rien n'assouvissait, voulait rejeter sur d'autres les épouvantes qui l'assiégeaient. Il avait com* mencépar dépouiller l'Église, par poursuivre la noblesse et renverser le trône ; maintenant que l'aristocratie et les privilèges étaient abattus, il s'en prenait à tous ceux. qui possédaient, financiers, industriels ou commerçants. La terreur engendrant la misère, et la misère engenécant la terreur, nul à ses yeux n'avait plus le droit de détenir ce dont il était privé, sans être suspect d'accaparement, sans mériter la mort. Les revendications brutales se produisaient au grand jour et un orateur disait publiquement aux Jacobins : » Si vous ne nous foites pas justice des riches, nous nous la ferons nousmêmes. »

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