‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 111 sur 165 · Mmileuràa 1" août · texte numérisé non relu

Mmileuràa 1" août

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le rétablissement de la royauté. L'échange se Tait sans injustice, puisque vous doDoez des biens territoriaux. eu retour. Je sais bien que les agioteurs Feront perdre sur ces assignats; mais le peuple n'en soufTrira pas, parce que cette perte sera compensée par la dioiiDution (lu prÏK des denrées, qu'amènera néce^aireinent la dimiDUtion de la masse des assignats en circulation. »

Cambon combat la proposition de Chabot. « Il y a, dit-il, pour 1,700 millions environ d'assignats royaux en circulation, et tous ne sont pas dans les mains des aristocrates ; il s'en trouve de 50 livres dans celles des artisans. D'ailleurs, on n'a pas d'assignats de la république à échanger contre les assignats royaux de 5 livres, de 15 sous et de 10 sous. Il faudrait donc, pour éviter une obstruction dangereuse, Eaire servir ces assignats au payement des ^ ou 5 millions de contributions arriérées. »

C'est aussi l'avis de Lecointe-Puyraveau. Il fait observer que la mesure proposée par Chabot est une prime ofTerle îi l'agiotage, qu'elle fhippe l'ouvrier et te commerçant aussi bien que le riche. L'artisan, le cultivateur, qui auront travaillé pendant quatre ans pour feire un profit de 100 écus ou de 500 livres, ne pouvant acheter un bien national avec cette somme, se verront contraints, pour ne pas perdre leur assignat, à le vendre au riche. Le commerçant, qui ne pourra au contraire user de ses assignats que pour acheter des biens nationaux, fermera bouUque; on aura ainsi ôté le pain des mains à une infinité de personnes.

Basire ajoute une dernière considération, fondée

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sur l'ioiprudeace d'aDDuler, sans discussioo, pour l.'ÏOO millioDs de valeurs. Il demande comme couséquence qu'aucune proposiiion fioancière ne soit votée dans la séance où elle a été faite.

Mais Danton intervient à son tour dans le débat, pour repousser la question préalable réclamée piir Bazire :

« — Il fout, dit-il, que les grosses fortunes payeat la dette nationale. Frappez! Que vous importent les clameurs des aristocrates ! Soyez comme la nature, qui voit la conservation di^ espèces, jamais cdle des individus. Je ne me connais pas grandement eu finances, mais je suis savant dans le bonheur de mon pays. Les riches frémissent de ce décret ; et je sais que ce qui est funeste à ces gens est avantageux pour le peuple. Le rencbérîssement des denrées vient de la trop grande masse d'assignats en circulation. Que l'éponge natiotionale épuise cette masse, l'équilibre se rétablira. »

De vifs applaudissements accueillent cette métaphore; l'Assemblée, toute prête à se payer de mois, comme l'orateur, n'en demande pas davantage. Cependant Basire proteste : il fait observer que ta démonétisation des assignats à empreinte royale n'est autre chose qu'une banqueroute partielle, h On a parlé, ajoute-t-il, de tomber sur les riches; je regarde cette proposition comme une simple déclamation, et je réponds que la base de la législation doit être la justice. L'anéan^ sèment des assignats royaux n'aura d'autre effet que de discréditer les autres. » L'orateur ajoute, au milieu des murmures de la Montagne : « Je sens combien il est

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déravorable de parler après DaatoD ; je me borne donc à demander l'ajournement, n

Garnier (de Saintes) et Bréard le remplacent à la tribune. Éclairés, par ce qui vient de se passer, sur les dispositions de 1' .Assemblée, ils reprennent la proposition de Cbabot et la soutiennent, au nom des principes révolutionnaires, en disant qu'elle nuira seulement aux Vendéens» qui n'acceptent que des assignats à Tace royale, et aux Anglais qui, sur le conseil de Pitt, en ont acheté pour 25 millions. Enfin, la Convention se rallie au projet de Cambon et adopte un décret ainsi conçu :

« Les assignats à face royale continueront à être reçus en payement des contributions, des biens nationaux, en acquisition des créances nationales provenant de la vente desdits biens, dans l'emprunt forcé, et en payement de tout ce qui est dû à la nation.

« Au fur et à mesure de leur rentrée, ils seront annulés et brûlés. »

Fonfrède veut présenter une observation; on ne l'écoute pas : Basire avait raison, la banqueroute partielle était décrétée, en attendant la banqueroute générale '.

1 . Il convient de faire observer ici que la reepoDsabilitd de l'eTfrayante banqueronle de l'an YI, dont on inupule génëralenieDt la tante au Directoire, doit peser en réalité sur les Montagnards. Elle tat amenée par la multiplication énorme des assignats et par les décrois ottérÎpDrs et rétroactifs qui, en diacrédilaot tout le système dea finances, rendirent la catastrophe inévitable. It est malheurensement notoire qu'en pareille matière, le vrai coupable, ani yeux du vulgaire, est celai qui constate eu quelqne sorte la ruine, et non pas celui qui l'a préparée.

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HISTOIRE DE LA TBR&BUB.

Cette peosée de frapper les riches, qu'elle coofoodait rlans sa haine avec les aristocrates, apparaît à chaque pas dans les débats de la Conventioa, mais elle a'éciate nulle part avec plus de clarié que dans la discussion de l'emprunt forcé.

La grande erreur de rAssenablée était sa tendance à proclamer un principe, sans en calculer les conséqueDces, et, de même que l'impôt progressif, l'emprunt forcé naquit d'un incident. On était au 20 mai, au milieu de ces luttes ardentes qui allaient se terminer par l'arrestation des Girondins, quand Ramet vint, au nom du Comité des Bnances, proposer la répartition progressive d'une taxe de guerre sur les revenus supérieurs à 600 livres'. Ce projet souleva de nombreuses objections et Camboa émit pour le remplacer une idée qui semblait plus simple.

n Je voudrais, dit-il, qu'imitant le département de l'Hérault*, la Convention ouvrit un emprunt civique

i. Jfontftfur du tt mai 1793.

t. L'iucidflDt rappelé par Cambon s'était produit à la séance du î7 avril 1793.

Les administrateurs du département de l'Hérault,- eu anooncu' le d^ri de cinq mille réquiBitionnaires pourYarmée des Pyr^^' avaient ajouté que ce contingent, à la différente des levées précédentes, était formé presque en entier de remplà^nts achetés à prix d'argent. Us en conctuaieot que le prochain appel prouverait àtt difficultés, et que les pauvres seraient en droit de\ répondre qu'ili

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