‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 113 sur 165 · Moniteuriu 17 jaillet · texte numérisé non relu

Moniteuriu 17 jaillet

n,gti7cdT:G00glc

Lepelletier demandait, en efTet, la gratuité de l'iostrucliOD pour tous les eoraats; de cinq ans jusqu'à douze aos, pour les garçons ; jusqu'à onze ans, pour les filles. Tous devaient élre logés, élevés, nourris et vêtus de la ntéme façon, comme dans un immense phalanstère, aSn d'échapper à l'influence de la famille, eide ne subir que celle de maîtres patriotes.

Lepelletier voulait encore « l'instruction obligatoire >, sous peine de privation des droits civiques et d'une amende équivalente au total des contributions payées par le délinquant, avec cette restriction toutefois que l'obligation ne serait imposée qu'au bout de qudques années, quand la naiton aurait acquis a la force et la maturité républicaines » ; mais, ce dont il ne voulait pas, c'était de l'enseignement religieux, quelle que Tût sa forme» les principes de la morale universelle suffisant à l'enfant, pendant le cours de son éducation.

« — Je propose, ajoutait le rapportde Lepelletier, que, dans chaque canton, la dépense de la maison d'instruction publique, nourriture, habillement, entretien des enfants, soit payée par chaque citoyen du canton, au prorata de sa contribution directe. J'évalue, par aperçu et au plus, la taxe jiour l'éducation des enfants, à une moitié en sus de la contribution directe. L'homme aux trois journées de travail paiera, pour la taxe des enfants, 1 livre 10 sous ; le citoyen qui a 1,000 livres de revenu contribuera pour 100 livres, et celui qui est riche à 50,000 livres de rente mettra, pour sa part dans ta taxe, 6,000 livres, l'ose le demander, où sera maintenant l'indigoice? Une saile

n,gti7cdT:G00glc

loi bienfaitrice l'aura fait disparaître du sol de la France. »

Lepelletier avait toutefois la œudesceodance de laisser TenfaDt aux soios de sa mère jusqu'à cinq ans, pour obéir au vœu de la nature; à cet âge, on l'arrachait impitoyablement de la maison paternelle et, afin de mieux assurer l'exécution d'une loi si contraire à la liberté, on promettait une prime d'argent aux mères qui auraient ainsi donné quatre enfants en pâture au minotaure républicain.

Gomme on le voit, le système est complet. L'uniformité, l'obligation, l'impôt progressif, la gratuité, l'absence de religion, tout ce qui est nécessaire en ud mot à lâ tyrannie révolutionnaire est prévu et imposé. Du premier bond le but est atteint, et la démagogie ne trouvera jamais une meilleure formule.

Malgré son amour de l'antiquité, la France n'avait pas encore acquis la maturité républicaine nécessaire pourgoâter de pareilles thèses; et, dans la séance du SO juillet; Grégoire combattit le projet de Lepelletier Saint- Fargeau.' o II nesuffit pas, dit-il avec une mordante ironie, qu'un système se présente escorté de noms illustres ; qu'il ait pour patrons. .. Minos, Platon, Lycui^ue, et Lepelletier. » Puis faisant ressortir l'utopie de l'habitation en commun, il signale la différence entre Sparte, peuplée de 25,000 habilanls, et un pays qui en renferme 25 millions. Il objecte l'énormité de la dépense, qu'il estime à 325 millions, sans calculer les frais de premier

t. Monileur du ^^ août 4793.

n,gti7cdT:G00glc

3ii HISTOIRE DE LA TBBIIEUR.

établissement. Il rappelle que les eofants sont une richesse pour le maoouvrier, le laboureur, le vigaerob, auxquels Ils rendent une foule de services qu'on payerait trop cher à des serviteurs adultes. Il s'élève avec force contre la désorganisation de ta famille que produirait l'adoption du projet, a En rompant le contrat habituel des individus de la même famille, s'éciie-t-il, TOUS flétrissez ce qu'il y a de plus beau dans la nahire; en atténuant les^affectioos sociales, vous décomposez la société. » Il termine en disant : « Faites, si vous le voulez, des maisons d'orphelins, mais laissez aux parents la feculté de nourrir et de recevoir leurs enfants. »

La ConTenlioD, fidèle à son habitude de scinder les débats, ne reprit la discussion que le 13 août'. Malgré tes excitations du moment, les sentiments de la majorité n'avaient pas changé et, en raison de son intérêt, nous alloQs essaya d'esquisser la physionomie de cette importante séance.

C'est Lacroix qui, le premier, preod la parole : « L'éducation peut être commune, dit-il, c'est même une dette nationale; mais je ne crois pas qu'elle doive être forcée. »

tt — On n'agite que des questions accessoires, répond Robespierre. Le plan de Lepelletier a réuni tous les suffrages. Je demande pour lui la priorité, u

Raffron, Jay Sainte-Foy, Gaston, Léonard BourdoQ et Bomme se succèdent à la tribune, et tous, formellement ou implicitement, se prononcent en foveur de

Page 1