‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 119 sur 165 · tfomlfw du S septembre · texte numérisé non relu

tfomlfw du S septembre

Vue fois lancés sur cette pente, les Jacobins multiplièrent les dénonciations, pour réprimer ce qu'ils nommaient un nouveau genre de contre-révolulion. Une pièce intitulée Adèle deSaey, qu'on jouait au théâtre du Lycée, établi dans le Palats-Ëgalité, excita les colères du club sans-culotte. A la séance du & septembre, au lendemain de la diatribe de Barère, un orateur demanda que les musiciens fussent arrêtés en même temps que les comédiens : u Car ceux-là sont du complot, Qt-il observer, qui se plaisent à racler des airs chers aux eo- □emis du peuple. »

Rousselin renchérit en termes cyniques sur cette motion vù'uleDle. * Les crimes des eomédietu ordinatret du roi, s'écria-l-il en parlant du Théôtre-Français fermé par un décretdela veille, ne datent point d'aujourd'hui; ' ils sont de l'origine la plus vieille et la plus gangrenée. Mâles et femelles, tous ont, depuis la Révolution, conspiré contre la liberté. Il ne faut point d'exception. Les ' femmes sont bonnes^ quand elles sont patriotes; mais elles sont airocest quand elles sont aristocrates... Je demande que tous les pensionnaires du ci-devant veto soient, attendu leur qualité bien notoire de gens suspects, détenus tous sans exception, jusqu'à la paix, dans des maisons de force, et jetés à cette époque sur les plages de quelque pays despotique, où ils porteront leor talent monarchique et efféminé, que la République efit déjà àù fHToscrire à jamais de sou sein ; je demande que pour purifier, ce local infecté depuis si longtemps par les gens du bon ton, il y soit établi un club où les sansculoltes des faubourgs Saint-Antoine et Saint-3far-

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œao feroot entendre les accents purs de ta liberté. » On le voit, le citoyen Rousselia était, par son éloquence, à la hauteur de la mission qu'il avait reçue du Comité de salut public, de rédiger un journal républicain, conçu dans les vrais principes révolutionnaires*. Il obtint d'ailleurs gain de cause, car les acteurs du Ihé&tre de la Nation, après quatre mois d'emprisonnement, adressaient, le 5 nivôse, à la Convention, une pétition pour solliciter leur mise en liberté. Ils exposaient qu'on n'avait rien trouvé chez eux qui pût les compromettre, et qu'ils avaient attendu bien longiempe, avec une respectueuse résignation, la décision de l'Assemblée. Mais la misère, où leur captivité réduisait leurs ^milles, les obligeait à implorer leur élargissement, et tk s'estimeraient heureux si l'on confiait à leur talent B le soin de propager dans tous les cœurs les principes républicaios et l'amour de la liberté » . Cette pétition fut

1 . Voici la teneur de l'arrM qni avait établi Roauelin en condreeseor de l'esprit public :

COMITÉ DB aÀLDT PUBLIC.

Séance du 8 août 1793.

Présenta : Conthoo, Barère, Tburiot, Hérault.

« Le Comité de (alut public, considérant qu'il est urgent de rétablir le coure de l'opinion pobliijue, si perfidement dépravée par une multitode de journaux coDlre-révolationnaires ou au moins ineiacte et ioeigoifiants ;

■ Ajoutant ï son arrêté dn 3 août 4793, par lequel il a établi ud jovrnal républicain, arrête que le citoyen Garat est cbargé de la rédaction de ce journal avec le citoyen Sonsselie, lequel est autorisé ï acquérir, pour le citoyen Garat, les loumissions des journalistes qui oSKroDt leurs corre^xtadances. ■

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