Momteur da 13 upcembn
S. MoniUvr du 19 uplamlm 1793.
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3ee HISTOIRE DE LA TERREUR.
par l'abus de sa domiaatioD, elle le Bt tomber dans les bas-fonds de la médiocrité.
La fêle nationale consacrée à l'inauguration delà Constitution eut lieu le 10 août. Toutes les asseoibléte primaires de la France avaient envoyé à Paris des délégués, chargés de transformer sur l'autel de la patrie, dk le procès-verbal de la cérémonie, les acoeplations particulières en une grande acceptation générale '. Les vainqueura du 2 juin avaient pris d'avance leurs mesures, pour qu'aucune note discordanle ne troublât le concert de la journée. Le Comité de salut public avut rendu, le 7 août, l'arrêté suivant :
([ Considérant que, dans ce moment, où les ennemis de la liberté et de l'égalité osent tout tenter pour empêcher la proclamatioa de l'acceptation de la Constîlution populaire décrétée par la Convention nationale et soumise à l'acceptation du peuple, il importe de fournir au commandant de la force armée de Paris de grands moyens, afin de déjouer les manœuvres libertiddei qu'on emploie dans le but de rétablir la tyrannie sur les ruines de la République,
« Arrête que le ministre de l'intérieur remettra an
1. Ce procès-verbal officiel se trouve dans YHùloire parbMMtaire, tome XXVIII, page 436 et Huivantea ; il porte les aignalorM de Hérault-Séchelles, président, Amar, Léonard Bourdon, PijaD, AadouÏD, Tbirion et Dartigoyle, secrétaires.
commandant général de Paris la somme de trois cent mille livres, destinée ht subvenir aux dépenses qu'il jugera à propos de faire pour maintenir l'ordre, déjouer les complots et assurer le triomphe de la liberté. »
La fête s'ouvrit, aux premiers rayons du jour, par nue sorte d'invocation à une statue colossale de la Nature, élevée sur la place de la Bastille, et se termina, au Champ de Mars, par d'autres hymnes.
L'ordonnateur de celte pompe, à la fois palenneet bucolique, était David. L'épisode antique de Gléobis et de BitOD y figurait l'hommage rendu à l'agriculture. L'éloquence républicaine ajouta ses sonores déclamations k cette cérémonie, qui prétendait rappeler, dans toute leur simplicité et leur innocence, les premiers âges du genre bumaia . Le président de la Convention, Hérault- Séchel les, prononça successivement six discours, aux diverses stations que fil le cortège.
Jamais, dspuig les beaux temps de la Grèce, on n'avait vu tant d'allégories et de simulacres mythologiques; par malheur, tout cela venait étrangement dans ces jours de sang et de misère. En signe de l'indivisibilité de la République, un ruban aux couleurs de la nation réunissait, en un seul Taisceau, les piques des 87 commissaires des départements. Un immense bûcher avait été dressé sur la place de la Révolution; Hérault-Séchelles lui-même y mit le feu, pour que te peuple pût acclamer le spectacle d'un gigantesque autoda-fé dévorant tous les insignes de la royauté, « livrées odieuses du despotisme ». Puis l'acte constitutionnel fut eolenaellemeot déposé dans une arche,placée sur l'autel
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de la patrie.fiTec le receosemeot des votes delà oaliOD.
Il semblait que la CooTeotioD fût arrivée à sa dernière étape. Elle-même, daos ud décret du 2& juin, avait promis de convoquer les assemblées primaires et de se dissoudre, une fois que la GonstitulioD aurait été acceptée. Celait même sur la foi de cet eagagemeot que beaucoup de villes, nolamment Lyon, Nautes, Bordeaux, avaieat souscrit à la Charte nouveUe. Il était donc nécessaire de paraître tout au moins disposé à tenir la parole donnée. Lacroix se chargea de ce soin et vint, daasla séance du li août au matin, déclarer que ta mission de la Convention était terminée, puisque Louis Gapet avait été jugé et puni, et que la Gooslitution avait été élaborée et acceptée par la nation. Il proposait, en conséquence, afin de répondre a\i\. accusations des fédéralistes, de prendre les mesures préparatoires à de nouvelles élections. La Convention se rangea à cet avis, et décréta sans discussion le recensement électoral *.
Mais te soir, au dub des Jacobins, Robespi^re prononça le célèbre manireste, qui est le véritable point de départ du gouvernement terroriste.
i . Bûchez et H. Louis filaoc voient, dans la proposition de Lacroii sur le cantonnement et sur les circonscriptions électorales, un acte de déraillance de la Conrention, ane velléité de ae dissoudre. Nous M saurions partager cet avis; celle motion équivalait, au contraire, à nu ajournement indéSui, puisqu'aux termes de la constitation mon* taj^narde, qui accordait dorénavant un député à chaque groupe de qoarsnle mille dmes, il fallait procéder i un nouveau recensement de toute la population. Ce n'était, il est vrai, qu'un préteite, car l'Assemblée possédait seeez d'éléments statistiques sur chaque département et sur chaque district, pour que le comité de division, avec an peu de bon vouloir, ^acquittlt du travail eaqaaraDl»èuitbeares.
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<t Si la ConveotioD, s' écriait-il, existait eocore telle qu'elle était il y a quelques mois, la République serait perdue. Il faut que nous fassions uq feu roulant sur nos eaiDeaiis extérieurs, et que nous écrasions ceux du dedans. ■>
Robespierre fit ensuite allusioa à la motion formulée par Lacroix, le jour mém?, et il ajouta : o J'ai entendu, j'ai lu une proposition qui a été faite ce matin à la Convention, et je vous avoue qu'à présent encore il m'est diffidte d'y croire. Je ne croupirai pas membre . inutile d'un comité ou d'une Assemblée qui va disparaître. Je saurai me sacrifier au, bien de mon pays. Si ce que je prévois arrive, je déclare que je me sépare du Comité, que nulle puissance bumaine ne peut m'empécher de dire à la Convention toute la vérité, de lui montra les dangers du peuple, de lui proposer les mesures qui, seules, peuvent les prévenir ou en empêcher l'effet. Je déclare que rien ne peut sauver la République, si l'on adopte la proposition qui a été faite ce matin, si la Convention se sépare et est remplacée par une Assemblée législative. »
A ces paroles, un tumulte inexprimable se produit dans l'Assemblée; de toutes parts les cris : Non! Non! se font entendre. L'un des commissaires envoyés par les départements s'empare de la parole et déclare au milieu des applaudissements : a Nous avons juré de ne pas nous séparer avant que la Convention ait décrété des mesures de salut public. » Un autre propose que l'Assemblée reste en fonctions jusqu'à la fin de la guerre.
«. Je n'ai aucune raison pour éterniser l'Assemblée
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aeO HISTOIRE DE LA TBaREUR.
acluelle, répond cauleleusement Robespierre, gui jouit de son triomphe, mats ne veut pas laisser éclater sa joie. Tous ceux qui me connaissent savent que je désire ardemment déposer le fardeau d'une administration qui, depuis cinq ans, pèse sur mes épaules; car, je l'aTouerai franchement, il dépasse toutes les forces hamaines. Mais la proposition insidieuse que Je combats ne tend qu'à faire succéder, aux membres épurés de la Convention actuelle, les envoyés de Pittet deCobonrg'. » L'influence de Robespierre était trop considérable pour que tes eSets de son manifeste se Qssent longtemps attKidre. On en eut la preuve dès le lendemain ^ Les envoyés des Assemblées primaires avaieat été invités à assister à la séance de la Convention et, pour leur faire honneur, le cAté droit de la salle avait été mis à leur disposition. Barère profita de la circonstance et fit en leur présence un exposé général de la situation, terminé par cette véhémente déclaration : « On est indigne d'être républicain, si l'on croit tout perdu, parce que l'ennemi s'est emparé d'un coin du territoire. L'année dernière, il avait pénétré jusqu'à Soissons. Le roi était alors en prison ; il n'y avait point de Constitution. Aujourd'hui vous avez un gouvernement, et les 8,000 commissaires qui vous écoutent vont aller dans les departemrats ranimer le courage des patriotes. N'en doutez pas, les ennemis seront anéantis. »
1 . €e discours, donl la Bn ne nous a pas été conservée, se tronve dans le Républicain Ffiotçaii, n" 171, et dans le Journal da la Montagne, n" 17S.
S. Monileur du U août 4793.
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LITRB XLVII. 361
— M II D'est plus temps de délibérer, il Haut agir, répond UD des délégua. Arrêtez tous les suspects ; Taites UD appel à la natioD; qu'elle se lève ea masse. Les tyrans coalisés contre la liberté du peuplé Français s'évanouiront devant lui comme un soDge. »
— « Les députés des Assemblées primaires, s'écrie à son tour Danton, viennent d'exciter parmi aous l'initiative de la terreur contre les ennemis de l'intérieur... Point d'amnistie à aucun traître! Signalons la vengeance populaire par le glaive de la loi sur les conspirateurs de l'int^ieur. » L'ardent montagnard se range ensuite à l'avis de Barèrequi veut faire, des huit mille commissaires des Assemblées primaires, des espèces de représentants du peuple chargés d'excité l'énei^ie des citoyens pour la défense de la Constitution. Il propose de tes investir de la qualité nécessaire pour adresser cet &ppel au peu[de, et de leur confier la mission d'établir, par toute la France, l'inventaire des munitions, des armes et des chevaux, avec le pouvoir de requérir les hommes appelés à Toumir le recrutement extra<Htlinaire.
u C'est à coups de canon, ajoute-t-il, qu'il faut signifier la Constitution à nos ennemis. » Les commissaires se lèvent en criant qu'ils apporteront leur concours à l'oeuvre nationale, et Danton reprend : «■ C'est l'instant de faire ce grand et demiw serment, que nous nous vouons tous à la mort, ou que nous aoéaniirons les tyrauB. » A ces mots, un cri unanime retentit : u Nous le jurons! n Les chapeaux volent en l'air, les applaudissements éclatent dans toutes les parties de la salle, et les mesures proposera sont votées par acclamation.
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Il œ restait plus qu'à régler le mode et retendue de la réquieitioQ. C'est eacore lu club des Jacobios qui prend l'initiative et le ili août, Royer, curé de Cbâlon- 6ur-Sadne, demande que tous les citoyoïs soient armés, et que, enchaînés six par six, les aristocrates soient mis au premier rang.
Le 16, à la suile d'une nouvelle séance, une adresse des envoyés des départements, réunis aux commissaires des quarante-huit sections de Paris, est portée à la barre de la Convention. « Les demi-mesures, y est-il dit, sont toujours mortelles daos les dangers extrêmes. La nation entière est plus facile à ébranler qu'une partie de la nation. Si vous demandez cent mille hommes, peut-être ne les trouverez-vous pas ; si vous demandez des millions de républicains, vous les verrez se lever pour aller ét^ïser les ennemis de la libwté. Le peuple ne veut plus d'une gueire de lactique, où des généraux traîtres et perfides sacrifient impunément le sang des citoyeos. Décrétez que le tocsin de la liberté sonnera dans toute la République à une heure donnée. Qu'il n'y ait d'exc^ tion pour personne. Que le cours des affaires soit interrompu. Que la grande et universelle affaire des Français soit' de sauver la République*. «
La Convention ordonne le renvoi de cette pélitiw au Comité de salut public, et à la fin de la séance, Barère monte & la tribane, pour faire une déclaration des plus belliqueuses. « Les généraux français, dit-il avec le ton superbe qui convint à de si hardies métaphores,