‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 129 sur 165 · LIVRE XLVll · texte numérisé non relu

LIVRE XLVll

doDoent pour excuse qu'ils ue saveut pas parler, ou que leurs affaires les eu empêchent;

Ceux qui parlant avec mépris des autorités constituées, des signes de la loi, des sociétés populaires et des défenseurs de la liberté; .

Ceux qui ont signé des pétitions contre-révolutionnaires, ou fréquenté des sociétés et clubs anticiviques;

Les partisans de Lafayette et les assassins qui se sont transportés au Champ de Mars.

Après la loi du 17 septembre, la plupart des Français pouvaient être arrêtés comme suspects; après le commentaire de Chaumettc, personne, à l'exception des repi^entants déclarés inviolables par la Constitution, ne pouvait se ilatter d'être à l'abri du soupçon.

S'inspirant de Suétoneet de Tacite, Camille Desmoulins, dans un pamphlet resté justement célèbre, a nétri, comme elle le méritait, celte politique aveugle de défiance et de haine. Nous n'essayerons pas, après lui, de montrer ce que ia délation avait fait de la Rome des Césars, et ce qu'elle devait faire delà République. Mais "nous devons tirer de ces horreurs l'enseignement qu'elles renferment. Il n'y a pas deux morales, de même qu'il n'y a pas deux justices, et la raison d'Etat ne saurait légitimer dans un gouvernement ce que la conscience réprouve dans la vie privée. Sans doute la violence peut parfois primer le droit ; elle est sans force pour le fonder et la punition de celui qui l'emploie est la durée éphémère de son triomphe. Les révolutionnaires de 179S n'ont pas échappé à cette loi de nature. Leurs excès n'ont créé que des ruines, et leurs apologistes eux-

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mêmeB sont obligés de désavouer les crimes commis et d'en reconnaître l'inutilité. Quand on songe qu'il a fallu, pour arriver à l'impuissance comme terme linal, violer toutes les règles de la justice et de l'humanité, la postérité ne peut juger trop sévèrement les bomiues qui ont sacrifié la France à leurs passions et l'histoire doit les mettre au pilori de l'opinion publique, aSo d'empêcher le retour de pareilles infamies.

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LES INSTBDMENTS DU GOUVERNEMENT RÉVOLUTIOKNAIRB.

La démagogie, pour établir et conserver sa suprématie, n'eut besoin de rien innover. Quand elle arriva au pouvoir, il y avait de longs mois déjà que la Convention, poussée par elle, avait décrété l'établissement du (>jmité de salut public, du Comité de sûreté générale et du Tribunal révolutionnaire. Ue ces trois institutions si simples, la Faction montagnarde sut faire de redoutables instruments de règne. Pour cela, il lui suffît de quelques modifications, dont nous allons étudier le développement successif. Nous montrerons, en même temps, à quel degré de régularité et de précision mathématiques étaient arrivés ces rouages du régime révolutionnaire, pendant les derniers mois qui marquèrent son existence.

Le Comité de salut public avait été créé le 7 avril, au lendemain même de la défection de Dumouriez ' ; il

i. Voir toma VU, page 67.

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39i HISTOIRE DE LA TERREUR.

était composé d'abord de neuf membres : Barère, Delmas, Bréard, CamboD, Danton, Guyton-Horreau, Treilhard, Lacroix et Robert Liadet. Le 30 mai, l'Asgemblée lui adjoignit cinq autres représentants, chargés spécialement de la rédaction du nouveau plan de coostilulioD : ce furent Hérault- Séchelles, Mathieu, Ramel, Couthon et Saint-Just. Par un décret ultérieur, il Tut décidé qu'ils siégeraient, au môme titre que les membres primitifs, et prendraient part à toutes les délibérations; le nombre des membres du Comité fut- ainsi porté ud instant à quatorze.

Le 5 juin, Bréard, malade, se retira : le 17 et te 22, Treilhard et Mathieu furent envoyés en mission à Bordeaux ; ils furent remplacés par Berlier, Gaspario et Jean Bon-Sain (-And ré '.

Le 10 juillet, Camille Desmoulins attaqua très virement le Comité de salut public : il lui reprocha de n'avoir pas utilisé les talents du seul général capable, selon lui, de sauver la République, Arthur Dillon, devenu son ami et pour ainsi dire son commensal; il rendit le Comité responsable de tous les désastres qui, depuis trois mois, avaient accablé les armées républicaines, en Vendée et sur la frontière du Nord; il l'accusa enSnde vouloirs'érigern en Chambre haute 1, et de « royaliserscs fonctions et ses actes ». Jean Bon-Saint-André, Lacroix,

4. Le 4 juillet, à la suite d'une discussion assez vive sur l'insarrection normande, la CoiiTention adjoignit au Comité de salut public Duroy et Francastel, pour concerter STec lea autres membres le^ moyens d'étoulTer les troubles de l'Eure ; mais cette adjODctîen d'buI pas de suite ; Duroy et Francastel ne siégèrent pas un seul jour an Comité.

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