LIVRE XLV ni. ii
Masson, Denizot, David (de Lille) et Maire. Les substituts donnés à Fouquier-Tin ville étaient Fleiiriot-Lescot, Grébeauval, Royer, ^au]i^ el Liendon'.
I^ même pensée révolulionoaire avait présidé au choix des jurés. Jusqu'alors, les déparlements qui devaient les fournir avaient été tirés au sort. Celte fois cinquante jurés sur soixante étaient pris directement dans Paris. Quant aux dix autres, ils avaient été recrutés, comme Fauvetty et Besson, parmi les plus fougueux délégués des Assemblées primaires à la fête de la Fé.Iération. Ces derniers, du reste, se montrèrent les plus inhumains; arrivés pour la plupart sans argent
1. Sur ces !ô magietraU improvisés, 8 fnreol condamnés à mort par le Tribunal dont ils allaieol Taire partie, 4 lurent anquittés, 3 se dérobèrent aui poursuites.
\ la pramJèro catégorie appartiflauent : Dumas, qui succéda à Herman dans la présidence, luaad te dernier Tut nommé ministre ; Coffinhal, vice-pn^sident du Tribunal du SI prairial; Fleuri ot-Lescot, devenu maire de Paris en remplacement de Pacbe. Tous les trois furent rais hors la loi le 9 thermidor, comrae complices de Robespierre. Herman, Fouquier-Tin ville, Si:ellier, élevé le 11 prairial b la vice- préside» ce, Foucault, Lanne, qui avait suivi au ministère en qualité d'adjoint Herman, son compatriote et son ami, furent accusés de conspiration et de forfaiture; ils furent condamnés ensemble le 17 Qoréal, an 111 (6 mai 1795}.
Maire, Hamy, Deliàge et Naaiin composent la liste des acqutUés. Ils avaient été compris daos le procès intenté aux anciens membres du Tribunal Révolutionnaire, et furent déchargés des poursuites le 17 floréal, an III.
Bravet et Liendon, qui s'étaient cachée àèi le début de l'iaformation, ne furent pas jugés.
Ragmey, après avoir été nommé vice-président le 81 prairial, avait quitté Paris pour aller présider le Tribunal Révolutionnaire de Brest. En 1795, il fat renvoyé devant le tribunal criminel de la même ville pour être jugé; mais H sut, comme Bravet et Liendon, se soustraire aux recherches et fui plus tard amnistié.
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à Paris, ils élaienl ravis d'y rester avec un salaire quotidien de 18 livres, et presque tous furent conservés le 22 prairial*.
Le nouveau Tribunal entra en fonctions au moment où la loi des suspects venait de remplir les prisons'. Les démagogues en sous-ordre, qui trouvaient dans leur mandat une occasion de satisfaire leurs appétits ou leurs
I. La stalislique des jurés n'est pas moios intéressanie que celle des membres du Tribunal; 34 eurent à répondre en justice de leur conduite et t2 furent condamnés à mort.
Parmi ces derniers, quatre : Huant-Desboisseaux, Lumière, Nicolas et Payan avaient été mis hors la loi, le 9 thermidor; sii, Chltelet, Girard, Leroy surnomma Dix-Aoùt, Prieur, Renaudia et Vilate figurèrent dans la poursuite intentée, en 4795, aai membres du Tribunal Révolutionnaire ; PaaveUy devenu, grâce b la protection de Payan, président de la sanglante Commission d'Orange, fat candamné en 1796, avec ses collègues, par le Tribunal criminel de Vanclause; Toptno -Lebrun périt avec Babœuf, le 10 janvier 4601.
Le jugement du 17 floréal, an lU, qui condamnait les 6 jurés le* plus compromis, en acquitta S autres : Brochet, Chrestien, Didier, Duplay, Ganney, Lobier, Trey et Trincbard. Pigoot et Aubry ne purent être jugés à cause de leur état de maladie.
Jourdeuil fut amnistié et Anionelle, impliqué dans l'affaire de Babœuf, échappa à une condamnation.
La liste adoptée par la Convention comprenait ; 3 œeoulsiors, 1 charpentier, ^ serrurier, 1 cordonnier, 1 coiBènrs, i taillean, 4 chapelier, 7 artistes (peintres, musiciens, etc.), 1 limonadier, 1 é^cier, t orfbvres, < joaillier, 3 médecins, 1 luthier, f imprimeur, < vinaigrier, 1 ancien laquais, 3 employés, 1 prêtre renégat, 1 marquis et un certain nombre' de personnages sans professions définies.
S. 11 y avait au 6 juin 1,310 personnes incarcérées dans les prisons de Paris. Quelques jours avant la promulgation de la loi des suspects, le 13 septembre, leur nombre s'élait élevé à 1,877. A partir de cette époque, la progression croît rapidement. On oompU le 1S septembre 1,020 détenus, le Si du môme mois t,S68 et la 20 octobre 1,975.
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haines, se chargèrent de les vider, sur l'iDdication des Comités dont ils étaient tes créatures serviles.
Dans les modiâcations que nous avons étudiées jusqu'ici, on n'avait pas osé toucher aux règles tutélaires de la procédure. Ce nouveau pas fut fait dans la séance du 29 octobre, dod pas osteosiblenaent, mais d'une façon assez claire pour montrer que la Convention entendait sanctionner en droit toutes les irrégularités de la pratique '.
C'était pendant le procès des Girondins. Les Montagnards déploraient amèrement les lenteurs apportées au jugement, par l'observation des formalités légales, et Fouquier-Tinvitle, qui se rappelait la dénonciation dont il avait été l'objet dans l'affaire de Custine, avait écrit à la Convention, au nom des juges :
« La lenteur avec laquelle marcbent les procédures instruites au Tribunal criminel extraordinaire nous force â vous présenter quelques réflexions; nous avons donné assez de preuves de notre zèle pour n'avoir pas h craindre d'être accusés de négligence; nous sommes arrêtés par les formes que prescrit la loi. Le procès des députés que vous avez accusés est commencé depuis cinq jours, et neuf témoins seulement ont été entendus ; chacun, en faisant sa déposition, veut faire l'historique