Voir tome VU, page 5i
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2i juin, la Montagoe apprend avec un frémissement de colère l'évasion de FéUoD et de Lanjuioais. Oa demande que les détenus soient gardés chacun par deux gendarmes et ne puissent communiquer avec personne. Quelques membres, Amar entre autres, proposent de les renfermer à l'Abbaye'. Duces et Fonfrède veulent prendre la défense de leurs amis; ils réclament, pour Thobneur même de la Convention, la présentation immédiate du rapport depuis si longtemps promis; mais Robespierre, acharné à sa proie, s'élance à la tribune :
« Quoi! s'écrie-t-il, il existe encore des hommes qui feignent de douter de faits que la France entière connaitl
A. LeConseilgéDéralrévolntionnaire,(lèsle3 juin, avait voulu doabier la garde des députés arrêtés en leur donnaDt des geôliers i sa conveDaDce. 11 avait pris Tarrété suivant :
Hôlel de Ville. ~ Conseil général de la Commune. Séance dn 3 Juin 1791.
Sur l'observatioD d'un membre que la garde des députés de la Convention, confiée à un seul gendarme, pouvait inspirer de justes craintes aux habitants de Paris, sous la sauvegarde de la laj^ulé desquels ils ont été mis:
Le CoDseil général arrËte que deux bous citorens sans-culottes seront envoyés auprès des députés rois en arrestation, pour aider la gendarme dans son service.
Mais sur ta plainte de quelques députés arrêtés qui déclarèrent que leur fortune ne leur permettait pas de payer ce \aj.e de gardiens, la Convention ordonna que ces geôliers supplémentaires se retireraient, et que, même les députés pourraient sortir et vaquer à leurs affaires sous la simple garde de leur gendarme attitré. Mais après la fuite de Pétion. de Lanjuinaîs et de plusieurs autres députés, deux gendarmes ftirent préposés è la garde des députés laissés provisoirement dans leurs domiciles.
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Quoi! l'oD met en parallèle la GoQTeDtion oationale et une poignée de conspirateurs... »
A ces mots, de violents murmures éclatent à droite.
u Je demande, dit Legendre, que le premier rebelle, le premier de ces révoltés (du doigt il désigne les bancs de la Gironde) qui interrompra l'orateiu, soit envoyé à l'Abbaye.
— Quoil reprend Robespierre, l'on met en parallèle l'Assemblée souveraine et Brissot, ce lâche espion de police, cet homme que la main du peuple a saisi, couvert d'opprobre et de crimes ! On feint de demander un rapport, comme si l'on ne connaissait pas les crimes des
« Leurs crimes, citoyens, sont les calamités publiques, l'audace dœ conspirateurs, la coalition des tyrans de l'Europe, leur ancienne alliance avec le tyran qm régnait naguère aux Tuileries, les lois qu'ils nous ont empêché de faire, la constitution sainte qui s'est élevée depuis qu'ils n'y sont plus, cette constitution qui va rallier tous les Français et déjouer les clameurs des facr tieux. N'estr-ce pas insulter la Convention que de lui parler en faveur des Vergniaud, des Brissot? Laissons ces misérables avec le remords qui les poursuit et occupons-nous des intérêts généraux, n
Robespierre, on le voit, insultait l'ennemi à terre. Son orgueil et son arrogance n'avaient plus de bornes, depuis que lui et ses amis prétendaient avoir doté la France d'une œuvre immortelle avec leur constitution, faite et parfaite en moins de quinze jours. Cette œuvre allait être soumise à la sanction du peuple, réuni dans
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ses assemblées primaires, et d'avance od comptait sur UD accueil enthousiaste. Les constitutions, comme les coups d'État, ne sont-elles pas, dans tous les temps, acclamées par l'ignorance des masses, promptes à saluer dans les unes l'aurore d'une félicité qui ne se lève jamais, dans les autres le terme anal de crises toujours conjurées et toujours r
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LA CONSTITUTION MONTAGNABDE.
Nous n'examineroDS pas UD à un les cent Tingt articles de la constitution moDlagnarde. Ils ne donnèrent lieu, dans l'Assemblée, qu'à des délibérations généralement écourtées ou incobérentes. A chacune des douze séances qui leur furent consacrées, des incidents de toute sorte forcèrent presque toujours les législateurs d'en suspendre ou d'en ajourner l'examen, et le débat n'eut que rarement et par exception l'ampleur ou la gravité qui convenait à un tel sujet. Il nous suffira donc de nous arrêter aux points les plus saillants et aux hits les plus caractéristiques.
On a TU, dans un livre précédent *, quel avait été le sort du pr(^et présenté par Gondorcet au nom du comité de constitution, et comment la discussion en avait été brusqueipent interrppopup par Jes éyépempnts précurseurs du cQpp (J'État ^u S jyip. Le 29 mai, sous la