‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 152 sur 165 · LESTERP-BEAUVAIS ET SA MISSION A SAINT-ÉTIENNK · texte numérisé non relu

LESTERP-BEAUVAIS ET SA MISSION A SAINT-ÉTIENNK

Leste rp- Beau vais avait pressenti les difTicultés de sa situation, bien avant l'expédition des Ljoniiais sur Saint-Étienne, et fait tout ce qui dépendait de lui pour obtenir son rappel. La lettre suivante, adressée conQdentiellement à Barôre, en est la preuve.

■ Saint-Éiicane, le 7iuillet'l793.

u récris encore une fois, mon cher collègue et ami, au "Comité de salut public; je tous conjare de l'engagera me faire une réponse quelconque; il est trop douloureux de voir VIII. 3S

n,gti7cdT:G00glc

qu'il m'ait jugé si sévèrement et que toute commuaicAtion soit arrêtée. Je sollicite votre amitié, dont j'ose dire encore que je ne suis pas indigne, de me faire envoyer le décret qui me rappelle et de me faire répondre. Je vous dirai de vive voii pourquoi et comment j'ai écrit à mon département. Je vous dirai également ce que je pense de l'administration, de la surveillance et de la correspondance qui auront lieu désormais pour la fabrication d'armes dans cette ville. Le mauvais eut de ma santé, joint aux embarras de la correspondance, ne me permet pas d'entrer dans les détails, a Agréez, etc. '

« B. LesrERp. »

Malgré son insistance, il ne fut rappelé que dans le cottrant d'août. Dénoncé aassitAt par Chabot, Leaterp-Beauviùa provoqua lui-même la discussion sur sa conduite k Sabl- Étienne. Il soutenait que l'enlèvement des fusils, pris pir les Lyonnais, dans les ateliers des fabrieanls, ne lui était pas imputable parce que ses pouvoirs comportaient seulement la surveillance des dépôts nationauje dans les manufactures. Ses détracteurs prétendaient, au contraire, qu'il aurait dû les acheter, pour les sauver, s'il n'avait pas été de connivence avec les rebelles, et attribuaient à sa complicité la liberté qui lui avait été laissée, alors que son collègue était obligé de se soustraire par la fuite à une arrestation.

Malgré ses explications, Lesterp-Beauvais fut décrété d'accusation, le Si août, et placé d'abord sous^la garde de deoi gendarmes à domicile. Deux jours après, le Comité de sitreté générale recevait contre lui deux dénonciations ainsi conçues:

« l'instruis le Comité de sûreté générale que le Comité de salut public avait envoyé en commission, près de la fabrique d'armes établie dans la ville de Saint-Étienne, Lesterp-Beanvais. Celui-ci mérite sans doute que sa conduite soit examinée; surtout lorsqu'on sait qu'il a montré la plus grande résistance au décret de la Convention qui le rappelait dans son sein ; lorsqu'on a dit également qu'il a favorisé les Lyonnais, qui se sont portés sur la ville de Saint-Étieiue pour

n,gti7cdT:G00glc

reiilâvemeiit de 15,000 fusils. Ces faits peuvent être éclairés par le citoyen Noël Poiote, député du Rhône-et-Loire, envoyé par le Comité de salut public en commission prés de cette fabrique. Ce dernier fut obligé de fuir, pour échapper à la tyrannie que Beauvais ayait favorisée et au milieu de laquelle il a resté, jusqu'à ce moment, malg;ré son rappel. Le silence sur une pareille conduite serait funeste. Nous devons trouver des coupables pour donner des grands exemples.

« B. REriuuD, député de la Haute-Loire. »

■ ParU, S3 aoat 1193, «n H de 1« lUpubUqae, « Citoyens,

« Vous m'avez demandé des notes par écrit sur la conduite qu'a tenue Lesterp-Beauvais à Saint-Etienne, lors de l'invasion des Lyonnais.

« Lorsqu'il fut accusé dans la Convention et qu'il donna ses moyens de justification, j'étais chez Couthon à conférer sur ces objets. Si j'eusse été présent à l'Assemblée, je lui aurais répondu. D'abord la conduite de Lesterp parait suspecte en ce qu'il s'opposa, ainsi que le maire et quelques officiers municipaux, à la mesure que je proposais de faire marcher uae force suffisante pour arrêter cette troupe contre-révolutionnaire. Les citoyens étaient tous debout et ne demandaient, pour les repousser, que l'ordre, des armes et des munitions.

a Hais, loin d'armer ces braves républicains, un nombreux détachement de grenadiers, avec une pièce de canon, prit le poste de la salle où étaient les fusils pour les conserver, selon toute apparence, pour les Lyonnais, et faire opprimer les braves Sans-culottes, ce qui ne réussit que trop peu de temps après.

« Lesterp fit plusieurs fois le voy^e de Saint-Étieone vers les Lyonnais et ils eutréreot enfin dans la ville. Les sociétés populaires furent aussitôt détruites, tous les plus ardents patriotes proscrits et obligés de se soustraire à l'oppression, de quitter leurs familles et d'abandonner leurs ateliers.

u Une fédération fut ordonnée pour le ik juillet. La Muni-

n,gti7cdT:G00glc

cîpalité eut (a bassesse de m'y inviter, mais je méprisai son inviution et je sortis de Saint-Étienne ce jour-là;

Il Je Dé sais si Lesterp y a assisté, mais il n'est parti qne que plusieurs jours après,

n II m'écrivit le 19 une lettre dont je joins ici une copie.

k Sklnt-Étienae-, le 10 JuiUet 1703, l'aa II de 1> ««publique.

« Je suis, comme je dois l'être, inquiet, mon cher collègue, sur voti*? position et je vous demande une entrevue pour qous aboucher et aviser à un parti, car Tëtat actuel des choses l'exige et il est très pénible pour moi.

H En attendant, vous pouvez croire que je veillerai pour vous et que, si je savais que le danger vous menace en quelque part, j'y courrais pour tous couvrir de mon co^ Ainsi, indiquez-moi le lieu et le moyen de nous entretenir; comptez sur les sentiments de fraternité que je voua porte. « Signé : B. Lcsntap. »

a Voiis voyez par là que Lesterp était tranquille, au milieu des Lyonnais, pendant que j'étais poursuivi et que mon domicile était violé par les brigands.

Il Le congrès départemental avait, par an arrêté, pris Lesterp sous sa protection et ordonné mon arrestation dans toute l'étendue du département.

■ « Me voyant sans pouvoir, puisque le dépanement me les avait retenus lorsque je fus arrêté, et étant sans moyens pour réprimer le brigandage, je pris le chemin de la Haute-Loire; et avec un passeport des corps constitués de la ville du Puy, je me suis rendu Si mon poste. Enfin, pour tout dire en peu de mots, si Lesterp et une partie de la Municipalité avaient secondé le zèle des Sans-culottes, les Fédéralistes de Lyon n'auraient pas approché d'une ville dont les habitants brûlent du plus pur patriotisme.

■ H S'il eût été en mon pouvoir, j'aurais délivré dés armes aux bras neneMi qui les avaient fabriquées. Ils les auraient conservées pour les défenseurs de la République, et une fois les Lyonnais repoussés, ces aimes seraient rentrées à la pre-

n,gti7cdT:G00glc

NOTBS. KH

mière réclamation et elles ae aéraient pas au pouvoir des révoltés. Voilà en abré^ ce qui s'est passé à Saint-Étienne ; voilà la conduite de Lesterp, celte de la Municipalité et la mienne. La bonnç volonté des patriotes de cette ville a été oppressée. Il vOQS reste à juger et prononcer ce qui sera de (Irôit.

n NoEL Pointe, h

Signataire d'une protestation contre le 2 juin, Leaterp- Beanvais ne pouvait échapper aux vengeances des Montagnards. Il fut compris, le 3 octobre, dans la prétendue conspiration imputée aux Girondins et monta sur l'échafaud, avec eux, le 31 du même mois.

LtUOUiBTTE i. LTON.

L'abbé Lamourette, retenu par le devoir et la charité, était resté à Lyon jusqu'à la fin du siège, bien qu'il désapprouvât la rupture avec la Convention. Cette réserve tardive ne pouvait pas faire oublier l'adhésion publique qu'il avait donnée à la résistance, dans l'éloge funèbre des victimes du 29 mai, et avant même la reddition de la ville, Couthon et ses collègues lancèrent contre lui le mandat d'arrêt suivaut ;

H Les représentants du peuple envoyés près l'armée des Alpes et dans différents départements de la République ;

« Considérant que l'opinion publique accuse Lamourette, Évéque de Rh^ne-et-Loire, d'avoir pris part à tous les actes contre-révolutionnaires qui se sont manisfestésdanscette partie de la République, et de les avoir encouragés par ses écrits liberticides ;

u Arrêtent que Lamourette sera conduit au Tribunal révolutionnaire éubli dans la ville de Paris, pour y être jugé d'après les faits qui lui sont imputés et dont les preuves

n,gti7cdT:G00glc

seront incessamment envoyées à l'accusateur public établi près le dit Tribunal ;

« Chargent le commandant de la gendarmerie à la snite de l'armée de l'exécution du présent arrêté.

« A Sainte-Poy, ce d octobre 1793, l'an II de la République une et indivisible.

« GOITTHOH, CH&rElDNBDF-RANDOH , HjiGNET. n

Malgré les termes afflrmatifs de ce mandat, le rûle de Lamourette avait été purement passif, en dehors du discours que nous venons de rappeler, et le fait est confirmé par l'interrogatoire rapporté ci-dessous.

a Ce jourd'hui,2* jourdu 2> mois de l'an mil sept cent quatre-vingt-treize, second de la République française, heure de midi, nous, Pierre-André Goffinhal, juge au Tribunal révolutionnaire, assisté de Robert Wolf, commis-greffier du Tribunal, en présence de l'accusateur public, avons fait amener, de la maison de la Conciergerie le nommé Lamourette, auquel nous avons demandé ses noms, âge, profession, pays et demeure.

u A répondu se nommer Adrien Lamourette, &gé de doquante-deux ans, Évéque constitutionnel du département de Rhdne-et-Loire, natif de Frévent, département du Pas-de- Calais, demeurant à Lyon.

D. « Quelles étaient ses opinions sur la contre-révdutioii qui s'est manifestée à Lyon?

R. « Qu'il n'a eu aucune liaison, ni aucun rapport, ni avec les chefs de la force armée, ni avec les chefs des administrations de cette ville. Qu'il n'a jamais été ni président, ni secrétaire, ni agent d'aucune Section, et qu'il ne peut, en conséquence, connaître quel était le véritable dessein de ceux qui étaient à la tête des mouvements qui se sont exécutés i Lyon.

D, u Si,àrépoquequeledépartement convoqua deBas3eD>' blées de présidents de Sections et des aat(»'itéB constitoées pour parvenir à soulever le peuple contre la Municipalité et les patriotes de Lyon,il n'avait pas pris part à ces assembléesT

R. n Qu'il n'y a pris aucune part; que l'événement du

n,gti7cdT:G00glc

vingt-neuf mai fut pour lui un phénomène brusque et inattendu, auquel il n'était nullement préparé.

D. « Si le lendemain de cet événement, il n'avait pas applaudi au sië^ que lea contre-révolutionnaires avaient fait de la maison commune, et au massacre des patyotes qui y étaient renfermésT

R. « Qu'il n'a applaudi à rien, parce que pour lui cet événement était un mystère impénétrable.

D. a h lui observé que le voile qui pouvait couvrir un instant cet événement a dû se dissiper; qu'il n'a pas pu tar* der à être à même d'en connaître les causes et les motifs; qu'alors, sans doute, il a dû ee former en lui-même une opinion sur tes événements qui sont arrivés et sur ceux qui en ont été la suite.

R. « Que, d'après une déclaration du citoyen Gauthier, représentant du peuple, par laquelle il approuvait la conduite des Lyonnais et promettait d'en rendre à la Convention un témoignage honorable pour les citoyens de cette ville, son opinion a commencé à incliner en faveur de ceux qui avaient résisté à la Municipalité, parce que n'ayant absolument connaissance des circonstances précédentes, et ne connaissant aucun membre ni de la Municipalité, ni du District, ni du Dépaitement, il n'a cru prendre de régulateur plus sûr de son* jugement que celui manifesté, imprimé et placardé par ledit citoyen Gauthier, représentant du peuple; que ce qui a été depuis publié de la conduite de la Municipalité a confirmé le jugement touchant l'affaire de Lyon. On a imprimé qu'elle imposait des taxes arbitraires et exorbitantes à tous les citoyens, qu'elle était d'intelligence avec les membres du club central pour dresser les listes de proscription; on a imprimé que Chalier avait été d'intelligence avec les princes émigrés, qu'on avait trouvé dans ses papiers une lettre dont voici la substance : « Courage, Chalier, n'épargnez ni le sang, ni l'argent, et comptez que les princes reconnaîtront vos services. » On concluait, de ces diverses données, qu'il existait un systéme de subversion et d'anarchie excité et soudoyé par les princes émigrés, et que les entreprises de la Municipalité et de quelques membres du club central n'étaient qu'une branche

;>0i HISTOIRE DE LA TERREUR.

d'une grande trame ourdie du dedans et du dehors pour l'amener l'ancien gouvernement. D'où il résulte que ceux qui tToyalent que lus choses se passaient ainsi, et qui tenaient à l'affranchisHement de la liberté républicaine, devaient déployer contre l'anarchie et ses agents la même énei^e qu'ils avaient déployée contre tous lea efforts de la tiTannie.

D. « A lui observé qu'il parait, d'après sa réponse, qu'il n'est pas difficile à se convaincre que. parce que Gauthier avait signé une approbation de la contre -révolu lion de Lyon, il s'était à l'instant persuadé que le siège de la Commune,' l'assassinat des patriotes étaient un acte de justice et de nécessité; que lui qui habitait à Lyon, devait savoir que la représentation nationale y avait été violée; que Gauthier avait été obligé de figurer dans une assemblée de scélérats où sa ^ie était menacée; qu'à l'égard des autres affiches, elles étaient l'ouvrage des contre-révolutionnaires, qui avaient soin de vanter l'atrocité de leur conduite; que s'il eûtété possible que ces alUches l'eussent induit un instant en erreur et ensuite empoisonné son opinion, il n'avait qu'à lire les ouvrages patriotes; il y aurait vu que la Convention nationale s'élevait avec force contre cette ville scélérate, et alors certainement, s'il n'eût eu que l'opinion égarée, il serait revenu sur lui-même; que Iots- ^^u'il n'a pas fait le retour, malgré les décrets de la Convention, il faut croire qu'il était un agent principal de la contre-révolution de Lyon. Qu'à l'égard de ce qu'il a dit sur Chalier, ceux qui connaissent son patriotisme et le courage dont il a fait usage pour faire triompher la liberté dans la ville de Lyon, savent qu'on a im^né la lettre qu'on a prétendu avoir trouvée chez lui, pour pallier l'assassinat dont on s'est rendu coupable à son égard; qu'il est instant qu'il convienne avec francbise de la conduite qu'il a tenue et de la part qu'il a prise à l'horrible contre- révolution de Lyon.

ft. a Qu'il n'a su, ni pu savoir ai le représentant Gauthier avait fait sa" déclaration librement ou non; qu'il n'a pas dii que ce fût une action de nécessité ou de justice, mais simplement une action sanctionnée par le représentant Gauthier, d'après les circonstances qui ont amené la. découverte de la lettre écrite à Chalier et la connaissance des taxes arbitraires

n,gti7cdT:G00glc

NOTES. WS

et des listes de proscription ; qu'il ne pouvait connaître le jugement de la Convention, ni par les journaux, ni par aucune espèce de correspondance, parce qu'il ne lui arrivait plus ni lettres, ni aucune espèce de journaux, sans qu'il pût savoir d'où provenait la suspension de la circulation d^ ces papiers publics ; qu'il ne résulte par conséquent d'aucuil des faits qui leconcernent qu'il ait été en aucune manière l'agent de la contre- révolu lion, n'ayant jamais partagé les soins d'aucune administration, n'ayant jamais correspondu avec aucun des moteurs des manœuvres de Lyon, ni de vive voix, ni par écril, ajant été constamment concentré dans les immenses occupations de son état, ayant toujours mené une vie isolée de toutes les affaires relatives à l'affaire de Lyon et n'ayant pas même le temps d'en pénétrer les ressorts; qu'il porte le plus intrépide défi à tous ses accusateurs dé produire' une seule preuve de correspondance, orale ou scripturale, avec les agents de tout ce qui s'est passé à Lyon.

D. « Où il était quand les scélérats de Lyon, après avoir assassiné les patriotes, violé la représenlation nationale, méconnu les décrets de la Convenlion opposa (sic) de larésistance aux lois, se mit en état de siège pour empêcher que les troupes républicaines ne pénétrassent dans cette ville, et quelle résistance il a portée à tous ces crimes de contre-révolution qui étaient publics.

R. u Que, depuis le mois de mai, il a toujoura resté à Lyon, et qu'il a hautement improuvé la rupture de la ville de Lyon avec la Convention nationale.

D, a Si, dans la formation de ses compagnies et du bataillon de Lyon, il n'y a pas eu de bénédictions de drapeaux. ni de bénédictions d'armes, et s'il n'a pas fait ou fait faire ces bénédictions.

R. il Qu'il n'y en a pas eu.

D. « S'il n'y a pas eu des discours prononcés dans les églises pour approuver la conduite infâme etcontr&-révolutionnaire des Lyonnais.

R. a Qu'il n'y en a point eu depuis l'ouverture du siège.

D. « S'il n'a pas fait prendre un arrêté par son conseil

n,gti7cdT:G00glc

épiscopal, et ail n'a pas fait ou fait faire un mandement contre les mariages des prêtres.

B. a Qu'il n'y a eu ni arrâlé du conseil, ni mandement contre le mariage des prêtres.

D. « S'il avait un conseil.

A. (t Qu'il nomme le citoyen Chauveau-Lagarde.

n Lecture à lui faite de son interrogatoire, a dit que ses réponses en icelui contiennent vérité, qu'il y persiste, et a signé avec nous et le commis-grefSer.

« Aon. LKMODRETn; Coffinbal; A. Q. Fodcitieii; WOLP, commis-greffier. »

Fouquîer-Tinville nedaignapas répondre au dilemme posé par Lamourette. Peu lui imponait que les faits antérieurs au siège de Lyon eussent été ratifiés par le représentant Gaulhier et que, iJepuis cette approbation, aucun grief n'eût été relevé à la charge de l'accusé. Lamourette avait été le confident de Mirabeau, ses sympathies pour la cause girondine n'étaient pas douteuses ; il méritait la mort. Aucun témoin ne fut appelé devant le Tribunal révolutionnaire et Lamourette fut condamné sans preuves, le 11 janvier 179/[.

Tout le monde connaît son opinion sur la guillotine. Ce qui vaut mieux que cette plaisanterie, ce sont les sentiments religieux de sa fm.

n,gti7cdT:G00glc

SOULÈVEMENT DE MARSEILLE APBËS LE i IDIIt 1793.

ABBESTATION ET INTEBBOGATOmE DD REPRÉSENTANT ANTIBOUL.

(Voir pBga 114.)

Cet interrogatoire public d'uo député girondio, par les autorités girondines de Marseille, est curieux à plus d'un titre. Il reflète le seotiment des populations méridionales sur les éTénements accomplis à Paris, et en raison de sa date rapprochée du coup d'État du 2 juin, nous avons pensé qu'il intéresserait nos lecteurs.

Par un rapprochement bizarre, l'intern^ateur d'Anilboul était précisément l'orateur de la députation qui, le 25 mai, avait porté à la Convention l'adresse des 32 Sections de Marseille protestant contre l'appui que les représentants Boîsset et Moïse Bayle, envoyés en mission dans cette ville, accordaient aux membres de la faction jacobine.

■ Du 24 Juin 1793, l'an H de U République françaiiD.

<i En continuant leur séance, les citoyens républicains commissaires des 32 Sections de Marseille, à l'etTet, ensuite de la délibération de la Section 8, de faire subir un interrogatoire à deux particuliers se disant membres de la Convention, actuellement en état d'arrestation dans cette ville, se sont réunis dans le local de la Loge.

n,gti7cdT:G00glc

Il La séance ouverte, l'appel nominal de tous les membres de la députatîon a élé fait par l'un des secrétaires.

« Une députation a été envoyée à la Municipalité pour la prévenir que l'assemblée était formée, et la prier de faire conduire devant elle l'un des particuliers, pour être interrogé.

II Le président a invité le peuple présent à Ea séance à se montrer dans toute sa majesté, à s'abstenir de toute marque d'improbation et à rester dans le plus grand silence.

a Après quelques moments d'attente, un particulier a élé annoncé,

« Interrogé sur son nom et surnom :

« A répondu s'appeler Qiarles-Louis Antiboul.

« Sur son âge.

(I A répondu quarante ans.

Il Sur sa profession.

(1 A répondu ci-devaut homme de lui. .

Il S'il est représentant.

11 A rùpoiidu oui, parla confiance de ses commettants.

Il De quel département .

Il Du département du Var.

D. « D'où veniez-vous lorsque vous avez été arrêté à Aiiî

B. « De Paris.

D. V Depuis quand étes-vous parti de Paris?

R. II Depuis ,1e 7 juin courant sur le soir.

D. Il Par quelle route avez-vous passé?

R. Il Par Orléans, Limoges, Toulouse.

D. « Où alHez-voua?

B. « En Corse. "

D. « Pourquoi faire ?

R. a Par mandat des représentants du peuple.

D. « Communiquez-nous vos pouvoirs,

A. a A répondu que ses pouvoirs ont été déposés à la Uunicipalité.

D. a Interrogé sur la place qu'il occupait dans la Convention.

A. (I A répondu que les places étaient égales dans li Convention, et qu'il n'avait point de place Sxe.

n,gti7cdT:G00g[c

D. « Interrogé a'il était à la séance du 25 mai à laquelle fat introduite ta dépulation de Marseille.

fl, « A répondu par l'affirmaiive.

D. n Que pensez-TOus sur la commission des Douze?

J), (I Beaucoup de bien. Je la crois composée d'hommes vertueux.

D. (I Quelle a été votre opinion lors du décret qui a cassé cette commission?

A. II Je n'ai pas assisté à cette séance, j'étais au Comité de marine ; c'était une séance du soir. ■

D. u Étiez-TOUB à la séance où fut rapporté le décret de sa cassation ?

B. u Oui, citoyen, le lendemain.

D. « A.vez-vou8 eu connaissance de l'insurrection que Danton prêcha à la tribune, et qui fut approuvée par la Mon- ' tagne et les tribunes!

R. <( Non, citoyen, je n'étais point à cette époque à la séance qui cassa la commission des Douze, et jo n'ai pas entendu Danton.

D. (I Quelles vues attribuez-vous à la Montagne?

A. u 11 peut y avoir des membres égarés car, dans un grand nombre d'hommes, il y en a toujours qui veulent influencer et se faire un parti.

D. « Quelles vues attribuez-vous à la Plaine?

R. (I Je n'ai jamais soupi^nné les intentions de mes collègues, jugeant que tous veulent le bien.

D, « Quelles vues attribuez-vous au Marais?

R. a Je vous fais la même réponse.

D. « Que pensez-vous de Robespierre?

A. « Sa réputation est équivoque, ainsi que ses principes ; je crois qu'U suffit de l'avoir entendu à la Convention pour en avoir l'opinion qu'en a toute la République.

D. n Connaissez-vous Harat?

R. « Je le connais de vue, je ne lui ai jamais parlé; je connais ses feuilles, je les ai constamment improuvées.

D, <i Que pensez-vous de Marat?

A., u Je rappellerai l'opinion que j'ai eue lors de l'accusation portée contre lui; jcpensais qu'il eût mieux valu l'en-

MO HISTOIRE DB LA. TBBREUfi.

fermer que le décréter d'accusation, parce que l'Assemblée n'aurait pas eu la honte de le v(rir ramener en triomphe daiti son sein.

D. <t Que penseZ'Voua des huées qui partirent des tribunes lorsque Barbaroax, Buzot, Valasé, Laojuinais et antres voulaient parler?

R. « J'en ai gémi souvent.

D. u Que pensez-vous des applaudissements qu'd)liemiMit des tribunes Marat, Robespierre, Danton et autres?

R. (1 Je les blâime.

D. Il Ce sont les tribunes qui influencent l'Assemblée?

R. « Elle est influencée quelquefois malheureusement, mais il y a eu des séances où elle a délibéré contre les tribune? elles-mâmes, et ses décrets ont été rendus librement.

D, « Que pensez-vous de Baaire, Thuriol, Meriin et antres?

R. « Je les crois tons des êtres secondaires; je ne les ai jamais fréquentés.

D, Il Que pensez-vous de Danton?

R, <i Je n'ai pas eu plus de relations avec lui qu'avec Robespierre et Marat; je le répète, je le croîs capable de résolution. Quanta Robespierre, c'est un homme très orgueilleux; mais je ne suis pas sdr que ces députés aient voulu faire ans révolution.

D. <i Leur attribuez-vous des vues perfides?

R. Il Je ne me permettrai pas de les accuser.

D. Il Estimez-vous Danton et Robespierre?

R. « Citoyen, vous me pressez beaucoup.

D. « Le temps est venu où le peuple veut connaître ses amis et ses ennemis.

R. « Je ne puis vous dire si j'estime ces députés, parce que l'estime est à soi et dans ce moment-ci, pentéire ferais je des méprises contre l'un ou contre l'autre, si je ne me mettais pas en garde pour porter un jugement.

D. « Éliez-vous à la Convention le jour où des pétitionnaires portèrent à la Convention le tableau de Lepelletier avec une pique surmontée d'un bonnet de Liberté, accompagné d'une pétition souleaue par trente mille hommes armés?

R. u Hors le tableau de Lepelletier, j'ai tout va; j'ai sa,

n,gti7cdT:G00glc

NOTES. Btt

mais n'ai pas va, qae la GoQveotion était entourée ce jour-là; et ce jour même, je fus quelque temps sane pouvoir entrer.

D. <i Avez-vous conoaiasance des violeoces commises dans la séance du 31 mai sur Guadet, Isnard et Lanjuiuais?

R, u Je n'en ai aucune espèce de connaissance.

Il J^i vu dans un moment un menibre, Drouet, porter son bâton sur un autre député, et comme il arrivait souvent du désordre dans la Convention, souvent plusieurs membres ont été insultés. Je me rappelle que Guadet était au bout du banc, par -dessus les pétitionnaires; j'ai vu "du mouvement, du brouhaha, et je ne sais pas bien ce qui s'est passé. Isnard a été souvent insulté durant sa présidence; au sujet de Lanjuinais, j'ai vu des ctioses fort extraordinaires; mais j'étais accoutumé à voir des orages et n'y ai pas fait fort attention.

D. Il Connaissez -vous le décret qui condamne à la peine de mort celui qui fera tirer le canon d'alarme sans un décret du Corps législatif?

R. a Je crois qu'il n'y a aucun député qui l'ignore.

D. n Avez-vous entendu le canon d'alarme les 3) mai, l*", 2 el 3 juin ï

R. « Je l'ai entendu une fois et vu Urer,iecrois,le2juiu.

D. u Par quel ordre a-t-il été tiré ?

R. a U n'y a pas eu de décret à cet égard.

D. « Avez-vous entendu te discours que le ministre de l'intérieur a prononcé à la Convention en faveur de l'insurrection du 31 mai, et quelle opinion en avez-vous ï

R. a J'en ai été peu satisfait.

D. « Est-ce quant à la forme ou au fond?

R. u C'est quant aux faits.

D. u Avez-vous connaissancB du lieu oii était la Municipalité de Paria lorsque le minisire pronom^ son discours î

R. K Je n'en ai point connaissance; j'ai ouï dire seulement qu'un de mes collègues, s'étaot présenté au Comité de sûreté générale, y trouva un officier municipal.

D. u Avez-vous connaissance que Marat ait fait mettre en état d'arrestation le commandant du détachement de la Butte des Moulins, en lui mettant le pistolet sous la gorge?

R. Il C'est U première fois que j'en entends parler.

n,gti7cdT:G00glc

eu HISTOIRE-D& LA TERREUR.

« J'observerai seulement qu'étant è dîner chez uii restaurateur, avec un ami, je vis passer une force armée qui se portait vers le chJiteau ; j'entendis qae le peuple criait : A bas les baïonnettes!

D. « Que pensez-vous de la violation qui a été faite à l'intégralité de la Convention par l'arresution de 32 de ses membres?

fl. " Je pense que la Convention n'a jamais été libre ce jour-là; j'improuve ^l'arrestation et surtout la manière dont elle a été faite.

D. « Avez-vouB connaissance de l'arrestation de k com- Inissaires -des 32 Sections de Marseille?

J). (I J'éuis sur le point de mon départ, quand j'ouïs dire Tju'on les arrêta ; j'ouia dire ensuite qu'on les avait relâchés; je n'ai pu prendre d'aucun de ces faits une connaissance exacte.

D. « Que pensez-vous des obstacles que vous avez plusieurs fois éprouvés pour siéger à la Convention?

R. (i J'ai pensé que c'était une violation à la liberté de la représentation nationale, et quand même je serais entré, lorstju'oo mit en arrestation 32 députés, je n'aurais pu émetlre librement mon vote et jpeut-étre anrais-je voté pour l'arreslation, quoique injuste, pour éviter de plus grands malheurs à l'Assemblée.

D, n Quoique vous ayez <Ut que voUs siégez indifférera' ment à toutes les places, ensuite que vous siégez au même lieu et que ce lieu n'est paa-la Montagne, puis qu'il y a de votre aveu trois partis, auquel tenez-vous?

fl. (i A aucun.

D. " Savez-vous pourquoi Danton n'a jamais rendu ses comptes î

fl. « Je l'ignore.

' D. « Pourquoi, lorsquequelquesmembreadelaConvention demandent que ta Commune dé Paris rende ses comptes, y a-t-il grand bruit et empêchement?

fl. H Le fait existe, mais je ne sais pourquoi.

D. « Croyez-vous les 32 députés arrêtés coupables envers la nation?

R. « Je ne les crois pas coupables, ni dans mon opinion privée ni dans l'opinion publique, puisque aucune preuve n'a été fournie -contre eux.

D. « Avez-vous voté dans ta séance où leur arrestation fut décrétée?

R. « Je n'étais pas à cette séance; je ne pus pas rentrer, étant sorti un moment ; j'ai déjà répondu sur ce fait.

D. « Quels sont les députés que vous fréquentiez le plus souvent ?

R. « Casablanca, Corse, et autres indifféremment; quelquefois Lanjuinaisi et j'ai toujours été en garde sur le parti que je devais adopter.

D. « Comment procéde-t-on à la nomination des commissaires de la Convention?

R. u On a été souvent en désaccord sur ce point; on a demandé souvent que ce fût la Convention ; mais ordinairement ce sont les différents Comités qui les proposent et l'Assemblée les agrée.

D. u Les représentants en commission, et notamment auprès des armées, sont-ils pris indifféremment dans la Plaine, le Marais et la Montagne 7

R. « J'estime qu'il y en a beaucoup plus de pris parmi les députée de la Montagne.

D. a Avez-vous connaissance des assemblées révolutionnaires tenues à l'Évéchéî

R. Il J'en ai eu connaissance, et je sais qu'il y a été fait (les motions très affligeantes pour la patrie.

D, « Avez-vous eu connaissance de la conspiration du 10 mars?

R. it EJle a été trop notoire pour que j'aie pu l'ignorer. J'ai su que, dans la séance des Jacobins, il avait été tait motion de marcher en armes contre la Convention, et qu'un rassemblement d'hommes était, en effet, sorti des Jacobins pour se porter aux Cordeliers; que me rendant, en ce moment, à la Convention, les particuliers que je rencontrai me dirent que si j'allais à la Convention, j'y serais égorgé; mais je leur répondis que je ne connaissais que mon devoir et que j'allais me rendre à mon poste.

n,gti7cdT:G00glc

D. « LeaCamitéssont-ileanmaioritéceaipdsésâemeiDbres de la Montagne, et notaitament cMih de Sidut publie?

il. « Celui de la Marine, où j'étais, était asspz biMà; mais celui de Salut public était presque tout Moota^aFd'.

D. « Que pensez-vDUB de la municipalité de Paris?

R. « Les idéeii que l'on peut s'wi former oe -peuvent que lui être défavorables.

D. u Avez-vouff connaissance q^ie le tocsin, la générale el le canon d'alarme aient mis en insurrection le peuple de Paris les 31 mai, i" et 3 juin?

R. « Je sais que le canon d'alarme a été' tiré, que le toe^o a sonné, que la générale a battu et que le tout p»tait du Comité révolutionnaire.

D. « Qui est-ce qui formait le Comité Pévohitionnatre et de qui tenait-il ses pouvoirs 7

it. « 11 était formé de plusieurs membres des ComitéB de révolution des diverses Sections de Paris. Je ne orois pas que la Révolution l'approuvât, puisqu'il y avait été dénoncé. Le maire de Pari» avait rend» à la barre, k ce sujet, un compte tranquillisant en apparence, mais que je ne croie si vrat» ni satisfaisant.

' 0. « Il est évident que le Comité de Salut public est le centre, et tient à sa disposition tous les autres Gonitte; qu'étant composé éa SMisbres de k> Uontagne reconnus pour être ennemis du bien public, le salut de la RépuMque Mt bien exposé 7

H. « Il parait effectivement qu'il a gfaad pouvoir «t je pense que le soti de lu patrie est dans ses maine'.

D, « Pensez-vous qu'Hébert, substitut de la Commose de Paris, ait été leris M liberté par le vœu ltt>re de la Godyentionî

A. « Je p^se que dans tcn» ces tempe la €oaveotioa n'était pas libre.

D. « Que pensez-TOUS de l'arrertation d'HttertI

R. « L'arrestation a pu être fondée sur des fiits déposés au Comité des Douzei,- qui n'a jamais fait son rapport.

D. « Pensez-vo«s qae le Gwnité ait éié libre do faU« wa rapport?

n,gti7cdT:G00glc

NOTBS. 516

R. « [) a'a paru qoa non.

D. n Dans )a aéaoceoù futdéecétéel'arrestatioadeBtreDledenx memtoes de ta GoDveiUiiia, arez-vouB eu. coDnaieaance de la nombreiwe dépatatiea admiae aux houiâiàrs de la séaoee?

A. « Il Ml a paru tant co jour^ que ce a'a été qu'une dèputatioD continuelle.

D. « De quel eùté fureot ae placer les noaibreaBea députatioos de ce jour admises aux bcmoeurs de la séance?

R. a Parmi leBdéf«tatioDS,j'eiiai distingué une dontl'oraleor, me dit-on, s'appelait Haasenfratz, Cet orateur dit à la Convention que, puisqu'elle ne pouvait sauver le peuple, il venait lui dire pour la dernière fois que le peufde allait se sauver Ini-mèiBe, Cette d^ttiatioQ fut ae|dacer au cAté gauche dupréudeot, connu sous le nom de la Montagne.

Z). u De quel côté vont ordiBairenent ae placer les députations de la Commune de Paris, lorsqu'on leur accorde les honneurs de la séance?

R. a Presque toajours du cAté de la lionlagne. Il y en a en qoi se sent plaintes d'avt^ été repousaées par un certain côté.

D. u A. qa^ membres de la Convention attribuez-vous le funeste araatage de diriger la faction qui enchaln^ la liberté du Corps législatif?

R. a Je serais en peine de le dire, mais je sai» qu'il y a dans la ConveiUion on membre qii est perdu de réputation ; c'est Marat. Je ne puis po* connaîtra au reste, quelle faction enchaîne le pouvoir lé^slatif.

D. H Croyez-vous que Harat, fiobespierre, Danton, aient des relations avec la Vendée î

il. a le if en ai aucune connaissance ; j'ai oxû dire qu'ils différaient entre eux. d'tqûnion et je distingue encore entre eux. Pour juger Robespierre et Danton, il faudrait avoir des lumières que je n'ai paa. Quant k Uarat, il m'a paru souvent [Hrécher les maximes que je regarde comme contraires à la chose publique, et alors dans mon opinion, je ne serais pas éloigné de penser que l'eno^nidelachose publique fût l'ami des rebelles de la Vendée.

n,gti7cdT:G00glc

Sl« HISTOIRE DE LA TERREUR.

D, '< De quel œil avez-vous vu Marseille se déclarer en état de résistance à une Convention tyrancique ?

A. « Je suspens mon jugement sur cette question ; je suis membre de la Convention et je suis privé de ma liberté.

D. fl Avez-vona connaissance des ordres donnés à l'armée sortie de Paris contre la Vendée pour retourner à Paris, où elle a secondé l'insurrection du 31 mai 7

R. H J'ai ou! dire, et il ne m'a pas été difficile de vérifier, que beaucoup de gardes nationaux du contingent de Paris avaient été arrêtés à Courbevoie et à Raeil, d'où ils avalent été appelés le 2 juin pour prendre part à l'insurrection ; je présume que cet appel a été fait par la Commune de Paris on par le Comité révolutionnaire.

D. a Je vous répéterai ma question précédente en la changeant de forme. De quel œil avez-vous vu Marseille résister à l'oppression envers ude Convention opprimée elle-même par la tyrannie de quelques factieux?

R. u Je n'ai vu de Marseille que les trente^eux députés qui ont porté une pétition à Paris. La Convention m'a para opprimée, je ne sais si elle l'est encore ; mais ne jouissant pas de mon entière liberté, je ne puis émettre Aine opinion. J'ai pensé en quittant Paris que les choses ne pouvaient point en rester là, et j'ai désiré qu'un nouvel ordre de choses s'établit, pour le bonheur du peuple, l'unité et l'indivisibilité de la République.

D. « Croyez-vous que la présente Convention nntionale séant à Paris puisse faire une Constitution républicaine ?

fl. « Si les choses continuent comme je les ai vues à mon départ, je crois que le séjour de la Convention à Paris peut être très dangereux pour la chose publique.

D. « Avez-vous rempli, de la part de la Convention, d'autres missions particulières dans les départements 7

R. « Aucune.

D. « Êtes vous muni d'un passeport?

fl. « Je l'ai remis au Comité de sûreté de la ville d'.^iï; il m'avait été délivré par la Convention nationale.

D. « Êles-vous de la Société des Jacobins ?

A. « Non.

n,gti7ccT:G00glc

NOTEâ. »7

D. <c Du club des Cordeliers ?

R. a Noa.

D. « De tout autre de Paris?

R. « Non.

D. u Avez-vons coanaissance de la délibération des Jacobins au sujet des Sections de Marseille ?

fl. «Non.

D. a Un département ou plusieurs départements seraientils, dans votre opinion, blâmables d'inviter tous les amis de la Bépublîque à se réunir à un vœq commun, pour refuser de reconnaître la légalité des décrets conveotionnanx qui, dans l'état d'oppression où se trouve la Convention, ne sont que les décrets d'une faction désorganisatrice î

R. (t Dans l'hypothèse supposée, je réponds que non seulement im département aurait le droit à la résistance, mais même un individu.

<r AitTiBOUL; RuiPAL fils, président; Siuiam, RuAUKEST, FoNviELLE, G. PiuDiER, Secrétaire, n

n,gti7cdT:G00glc

n,gti7cdT:G00glc

Page 1