En entrant dans le lieu où se trouvait Custine, ne lui
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NOTES. m
avez-vous point dit : n J'ai lu vos taeuf interrogatoires, vous momrez très ianoceat n; Custine n'a-t-il pas répondu « qu'il mourrait pur? »
It. « Je D'ai riea dit de cela. Il se peut que, daos le coum de la coDfeasioD, il ait été question des interroKatoires et même du procès de Custine^ mais tout ce qui a été dît à cet égard n'avait trait qu'à la confession. En supposant que, dans le secret de la confession, lorsque le confesseur, pour consoler le patient toujours désespéré, est obligé de saisir ses idées, il me fût échappé quelque mot sur le jugement, on ne pourrait m'en faire un crime, puisqu'il n'en saurait rien résulter, le condamné à mort emportant tout avec lui. Au surplaa, il est très mal de répéter ce qu'on a pu entendre d'une confession. »
L'interri^aiôire dura longtemps encore; mais Coffinhal n'en put faire sortir aucune inculpation précise contre Lothringer, et, le jour même, ce dernier fut mis en liberté en vertu d'une ordonnance de non lieu rendue par le Tribunal révolutionnaire.
Le pauvre homme, qui étalait si naïvement les banalités de son éloquence usuelle avec tous les condamnés, n'était pas au bout des tritwlations inséparables de sa pénible besogne. 11 ne fut pas, il est vrai, inquiété pour son altitude envers l'infortunée Reine qu'il accompagna jusqu'à l'échafaud. Marie- Antoinette avait opposé un refus persistant à tous les discours qu'il lui avait adressés, et il avait dû se borner à un rftle muet pendant la sanglante tragédie du 16 octcdire. Mais quelques mois après, Lothringer fut l'objet de nouveaux soupçons. Le 25 mai 179Ii, il fut arrêté par ordre du Comité de sûreté générale, avec son portier et sa portière que l'on accusait d'être ses complices.
Le 29 messidor an 11, il adressait la lettre suivante au Comité de sûreté générale :
■ Htlson iet Écotuii, ce 29 nuuidor aa II de la République.
a Citoyens représentants, <i Dans !e nombre des détenus, aucun peut-être n'a plus
ses HISTOIRE DE LA TERREUR.
de dttHt que moi de demander, et l'espérance d'(d)teoir, ooe liberté qae ma morale, ma conduite et mes principes ae m'oot jamais exposé à perdre.
tt Appelé par mes fonctions de à-devant Vicaire Épiscopal de Parie à l'emploi pénible et touchant d'aplanir, aux coupables frappés du glaive de la loi, le chemin effrayant et terrible de l'éternité, j'ai rempli cette mission avec zèle et à la satisfaction du Tribunal. Remords du crime, confùmct dan k climenee de l'Êlre tupréme, eonmetion intime de l'immorUilili de l'âme, déclaration de leurs complices; voilà. Législateurs, ce que j'ai dit, ce que j'ai fait, ce que j'ai répété aux conspirateurs qu'on m'ordonnait d'accompagner à l'échafaud. A cela se bornaient les fonctions de mon ministère. Je les ai strictement remplies.
« Jugez-moi par mon {Mvpre intérêt ; il tient essentiellement à la Révolution. L'aristocratie expirante du ci-deviat Conseil souverain de Colmar, le 28 avril 1789, a supprimi mon petit bénéfice de 700 livres ; alors j'ai tout perdu. La révolution du lfi juillet étant survenue, le 27 de ce moisj'éuiï déjà à Paria pour y prendre part; j'y ai tout retrouvé; j'y ai retrouvé ma liberté; j'y ai trouvé une place de 300Q livres; par sa suppression, j'y ai encore trouvé une pension qui ne doit point me mettre du nombre des mécontents et des suspects.
Au moment de mon arrestation, j'étais en chambre garnie chez mon cordonnier, qui est aussi patriote qu'il est pauvre. Je lui ai cédé beaucoup de papiers de rebut et inutiles, n'élaol plus de saison; ne sachant ni lire ni écrire non plus que sa femme, par crainte imaginaire qu'il n'y ait quelque chose de suspect, ils ont jeté le reste desdita papiers dans le feu chei eus; on s'en est aperçu ; tous deux ont été arrêtés dans le jour, et la douleur me déchire le cœur de me voir la came innocente du malheur de pauvres patriotes.
Ajoutez, Législateurs, une autre douleur d*ôtre dans les prisons en compagnie des ci-devant nobles, des ci-devant généraux du tyran, des ci-devant chevaliers, des ci-devaal écuyers, des prêtres réfractaires, des Anglais, des Prussiens, des Autrichiens, qui me détestent comme prêtre assermenté autant que j'ai toujours délesté les satellites du royalisme et
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de la tyramiie. Ud patriote brûle ici dans un enfer tout vïvaot, qui m'est cent fois plus douloureux que ma destruction.
■ Ldgislateurs, j'ignore les motifs de mon arrestation. Je les ai ignorée jusqu'à mon interrogatoire, lorsque j'ai été arrêté comme confeaseur de Custioe. J'ignore s'il existe encore dans Paris des Michonis qui m'aient dénoncé à votre Comité pour me faire arrêter. l'internée ma conscience; elle me répond que je suis sans reproche. Mais je ne suis pas justifié devant vous. Je vous prie, par votre patriotisme qui est autant intéressé de trouver des innocents qu'il est de trouver des coupables, de me faire interrc^er et juger selon mes mérites. Si vous trouvez que je sois innocent, je vous demande provisoirement la liberté d'être avec vous dans Paris. Si le Comité daigne me l'accorder, la fièpublique pourra, je le jure, compter parmi ses enfants un citoyen toujours utile et patriote. Les papiers qu'on a trouvés chez moi par deux reprises le prouvent; la dëputation du HauURhin à la Convention l'atteste; le patriotisme et la pauvreté de ma famille entière le confirment; le divorce avec Gobel quoique son vicaire, depuis sou retour de Porreutruy, en est la preuve incontestable.
CI Salut et fraternité.
« LOIHUHGBB. 1)
Le Comité de sCtreté générale resta sourd à ces plaintes, et un mois après le 9 thermidor, Lothringer adressait au nouveau Comité la supplique suivante :
■ Parit, maiun d'urfit des Èaauis, le 7 fructidor ftn U de I& Bépubliiiue.
H Citoyens, ayant été arrêté par ordre du Comité de sûreté générale le 5 prairial dernier, je vous prie de m'envoyer les motifs de mon arrestation et vous ferez justice.
« Salut et fraternité,
( ti LOTHEUNGER. »
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La liberté se fit encore attendre et Lothringer ne sortit de prison que le. 12 brumaire suiTant. Malgré toutes dos recherches, nous n'avons pu découvrir quelle fut, aprâe la tourmente révolutionnaire, la destinée du malhetu^ux vicaire de Gobel.
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BIHON EN VENDÉE.
{Voir pigs SM.)
fiirOD avait été arrête à la fia de juillet 1793 et incarcéré à l'Abbaye. Sa santé était fort ébranlée depuis longtemps, et il demasda plnsieura fois à être jogé, ou k être autorisé à se retirer à la campagne pour se soigner. La question fut portée à la tribune le k septembre 1793, et Lecointe-Puyraveau proposa, au nom de rbumanité, de traiter Biron de la même manière qu'Anselme et Ferrand, qui étaient restés en état d'arrestation chez eux, sous la ^arde d'un gendarme. Mais la Convention refusa cet adoucissement, au nom de l'égalité, et BiroD dut attendre en prison le jour de son jugement.
Il avait préparé pour sa défense un long mémoire justificatif. Nous préférons reproduire une partie des pièces sur lesquelles il s'appuyait.
U giniral Biron au Comité de salut public.
■ Niort, le 12 Juin 1793.
« Je n'ai pas encore tous les détails de l'aflreuse déroute de Doué et de Saumur. La Commission centrale, sous les yeux de qui se sont passés ces tristes événements, en a sans doute informé le Comité de salut public. Les causes en sont et en seront éternellement les mêmes, tant que l'on n'y apportera pas de remède; défaut d'oi^anisation, d'instruction, de subordination ; obéir parait si loin de l'égalité que personne ne s'en impose le devoir. U résulte de là que, dans beaucoup
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d'occasions, des braves gens ue servent pas plus utilement que des lâches.
Quelques bons citoyens ont paru penser qu'un tel désordre provenait du défaut de confiance dans les généraux, et que les soldats en accorderaient davantage à un général pris parmi eux. Je combattrais cette proposition s'il nous restait plus de généraux dont l'expérience militaire, l'habitude de commander à la guerre, dussent inspirer la confiance; mais la plupart de nos talents militaires sont aussi jeunes que la République, et la différence de l'expérience est peu considérable. Tentons donc ce moyen peut-être plus influent que tous autres sur les devoirs du soldat ; tirons de ses rangs un soldat estimé et unissant à sa confiance, l'exerdce de la discipline, l'expérience des avantagea qu'elle procure j il l'éublira peut-être. Les plans de campagne ne lui manqueront pas plus qu'à nous. II sera facile de le débarrasser de |a correspondance ; je m'en chaînerai, s'il vent ; et si cela convient au nouveau général, je serai de bon cœur son premier aide de camp, ou le soldat le plus subordonné de son armée.
Mais je le répète, le métier de général est devenu impossible à faire, car on lui oppose chaqne jour de nouveaux obstacles, de nouvelles difficultés. Je n'ai jamais manqué et je ne manquerai jamais au respect que je dois aux Commissions ou Sections de Commissions composées de représentants du peuple; mais mon devoir me commande impérieusement de déclarer au Comité de salut public et à la Convention nationale s'il le faut, que les Commissions, sans doute très utiles dans le principe, ee sont multipliées à tel point qu'elles sont véritablement devenues nuisibles au service de la République.
a Salut et fraternité.
« BlIlON. »
Premier plan de campagne arrêté par les généraux, de concert avec les représentants du peuple, et en présence des commitsaires du Conseil exécutif et du ministre de la Guerre réunis à Tours, le iijuin 1793.
« L'assemblée délibérant sur les moyens de réparer les
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écbecs que la République éproure, depuii quelque temps, de la part des brigands répandus dans le département de la Vendée et autres circonvoisins, voulant arrêter leurs progrès effrayants et les suites funestes que peut entraîner la perte de SaumuF ;
« Considérant que la marche oonatante des rebelles a été de réunir leurs forces, toutes les fois qu'ils ont voulu faire quelque tentative, et de nous attaquer toujours avec des forces supérieures ;
K Considérant que le plan aairi de notre part jusqu'à ce . moment, en divisant nos forces, entraînerait infaÛltblement ta perte de la Itépublique, ainsi que le prouve une trop malheureuse expérience ;
II Considérant que l'évacuation des différentes villes ne changera pas leur sort, puisqu'il est presque impossible que, dans la situation actuelle des choses, aucune puisse faire résistance, et qu'en recueillant les troupes de la République, on est assure de délivrer d'une manière efficace tous les pays ravagés parles rebelles;
a Considérant enfin que, d'après différents rapports, l'esprit public est tellement gâté dans les principales villes, telles qu'Angers et Nantes, que l'on y parle hautement de composition avec les brigands, et que les troupes républicaines y sont mal re<;ues ; que ces villes d'ailleurs sont dépourvues de fortifications et autres moyens de défense ;
« Il a été, par les généraux réunis, arrêté ce qui suit :
« 1*. Il n'y aura qu'une seule armée.
V 2°. Toutes les troupes qui se trouvent à Niort %t lieux voisins marcheront sans délai sur Saumur, en passant par Doué.
« 3". Toutes celles qui sont commandée» par les généraux Barbazan, Graovillier, Hérault et Coustard, l'artillerie, les munitions de guerre, vivres et autres objets qui se trouvent à Angers et lieux voisins, se replieront, sur l'armée de Niort, en passant par le pont de Ce pour se rendre à Doué, lieu de la réunion. Ce mouvement s'opérera aussitôt que les rebelles marcheront de Saumur sur Angers par la rive droite de la l/iire ; dans le cas où ils marcheraient uniquement sur la
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ses HISTOIRE DE LA TERREUR.
rive gaudie de la Loire, toutes les forces d'Angers et des enviroDS se réuniront au pont de Ce, et y feront face à l'ennemi. Enfin dans le cas où les rebelles se porteraient sur Angers par l'une et l'autre rive de la Loire, les troupes de la République chercheront à ee faire jour à travers la colonne ennemie qui se trouverait but la rive gauche et se réuniront, à Doué, à l'armée de Niort. Dans tous les cas, on aura la précaution de couper le pont de Ce, en le quittant, et de détruire les ouvrées qui peuvent être utiles aux rebelles.
« k'- Les troupes qui se trouvent en ce moment on qui arriveront à Tours, ainsi que celles de Chinon, Loudun et l'armée commandée par le général Salomoo, seront destinées à se réunir à l'armée de ISiort et seront disposées suivant les circoDstancM.
a 5°. Les forces qui sont à Machecoul se replieront aossitât sur Mantes, 4ûn d'y arrêter les brigands.
« Tout ce que dessus a été fait et aiTétè par nous, généraux réunis à Tours, et sauf l'approbation du général en cb^ de l'année des côtes de la Rochelle, auquel le présent plan sera envoyé à l'instant et extraordinairement.
« Le 11 juin 1793, l'an II de la République une et indivisible.
u Les généraux de division : Duhodx, Mbnod.
« Les généraux de br;^ade : Albz. BiRTmEn, Sahtebiie. b
a Nous, représenUnts du peuple réunis à Tours, ayant sévèrement examiné les mesures arrêtées dans le plan cidessus, déclarons qu'elles nous paraissent les plus efficaces pour arrêter les progrès des rebelles et sauver la République. « Fait à Tours les mêmes jour et an que dessus.
1 PnptBE CaoDfiiBO, BoDiN, Richard, Taluen, Rmujt, BooRBons, Delaonat. h
« Tout ce que dessus a été fait eo présence des citoyens Lacbevardière, commissaire national du Conseil exécutif et Parein, commissaire du ministre de la Guerre.
« Fait à Tours lesdits jour et an.
« PaREIM, LAtSEVABDâU. »
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Deuxiime planda campagne du 2b juin 1793,
« Sur la réquisition des représenuats du peuple réunis eu commission centrale à Tours, de Tadjoiot du ministre de la Guerre et des commissaires nationaux délégués parle Conseil exécutif provisoire, faite cejourd'hui aux généraux bou»signés,
H Les généraux de division Duhoux, Labarolière, Menou et Coustard, et les généraux de brigade Berthier, Santerre, Fabrefond, Dutrey, Barbazan et Beffroy, réunis en présence des représentants du peupla, de l'adjoint au ministre de la Guerre et des commissaires nationaux, ont unanimement arrêté ce qui suit, après une mûre discussion.
« l". Sur la première question, de savoir si l'on pouvait marcher avec l'armée de Tours, vu la nécessité de voler sans délai au secours de Nantes menacée par les rebelles ;
a Tous les généraux ont >pensé que l'on pouvait marcher au secours de Nantes avec toute la partie de l'année de Tours qui ae trouve suffisamment armée, équipée etorganisée.
II 2°. Sur la seconde question ainsi posée : doit-on marcher?
II L'avis de tous les généraux a été que l'on devait marcher le plus promptement poauble.
a 3*. Et enfin sur la troisième proposition, qui consistait à savoir comment l'armée de la République mardierait ;
o Tous les généraux ont été d'avis que l'armée marcherait k Nantes, sur le càté droit de la Loire seulement, savoir : une colonne composée de la presque totalité des forces, par les diemins dans les terres ; et un petit corps de flanqueufs composé de troupes légères à cheval, par la levée ou au bas des coteaux qui font face à la rive droite de la Loire, et sur les hauteurs.
« Il a été en outre unanimement arrêté que le présent [rian serait adressé à l'insunt au général Biron et que l'armée ne se mettrait en marche qu'après sa réponse.
« Il a été également arrêté que le général Biron sera in-
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vite, au nom du salut public, à faire tous les mouvemeals qu'il jugera nécessaires pour assurer l'exécutiOD du plan ddessuB, protéger et couvrir la ville de Tours où se trouvent les magasins de toutes les armées et où il ne restera qu'une tant de Zi,000 hommes ou environ en partie non ann^, et même k entreprendre sur Saomur, s'il est possible, poqr faire une diversion favorable à l'exécution des mesures d-dessos arrêtées.
u Fait et arrêté à Tours, le 25 juin 1793, l'an 11 de U République française.
M J. LA&iROUfcRE, B&RBAZAit, J. Mehod, Gdt, Goi)8riD- SAUfT-LA, Alu. BEHTmER, SAinmtB. »
« Nous, adjoint au ministre de la Guerre et commissaires nationaux dél^ués par le Conseil exécutif provisoire,
« Après avoir pris communication du plan d-dessus, dédarODS que ces mesures sont les seules eflScaces, daos les circonstances actuelles, pour le salut de la chose publique.
« Fait à Tours, lesdita jour et an,
« BONSIN, LàCBEVARtHtHB, DOMAS. »
H Les représentants du peuple près l'armée des côtes de la Rochelle réunis en commission centrale à Tours, après avdr pris connaissance du plan de campagne et des dispositions militaires arrêtées cejonrd'hui parles généraux ici présentset réunis en conseil général; considérant qu'elles ne peuvent avoir d'exécution qu'autant que le concert et l'ensemble le plus parfait seront établis entre les mouvements des deux années de Tours et de Niort; que le succès même des opérations dont il s'agit dépend entièrement de la direction ï donner aux forces existant à Niort; arrêtent qu'il sera envoyé un courrier extraordinaire au général en chef Biron, pouclui communiquer les mesures que la situation actuelle de la ville de Nantes a forcé les généraux d'adopter, et sur lesquelles il est requis, au nom du salut public et sur sa responsabilité per-
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sonnelle, de faire connaître sans délai sa résolution et ses pn^ets.
« A Tours, le 25 juin 1793, an II de la République une et indivisible.
« BouRBOm, Rdeilb, P.-N. Dcuunat, L. Tdbrbâu,
DUIDBIÏAI, P. CBODDIEn. »
PBEUIEB ARR&Té DD COUITÉ DE S&LDT PUBLIC.
Séance du 28 juin 1793.
« Vu la lettre écrite, le 12 de ce mois, par le générai Biron An Comité, renfermant copie de la lettre écrite à ce général par les généraux de division et de brigade réunis à Tours, des réquisitions qui lui ont été adressées par la Commission centrale des représentants du peuple, de la réponse du général à ces pièces, de la lettre au ministre de la Guerre, des états de l'armée des cAtes de la Rochelle.
« Le Comité, considérant qu'à la nouvelle du danger de la ville de Nantes menacée par les rebelles, les généraux divisionnaires et les génératix de brigade réunis à Tours ont arrêté, le 25 de ce mois, que toute la partie de l'armée de Tours, suffisamment armée, équipée et oi^anisée, se mettra en marche pour secourir Nantes, et qu'il ne sera laissé à Tours qu'une force de quatre mille hommes en partie non armés ; que le général Biron sera invité de pourvoir à la défense de cette dernière ville et de tenter une diversion sur Saumuri
H Que le citoyen Ronsin et les commissaires nationaux ont pris, le môme jour, communication de cet arrêté et ont déclaré qu'il contient les seules mesurée efficaces que l'on puisse employer pour le salut public ;
H Que les représentants du peuple ont pris, le même jour, nn arrêté portant que les mesures adoptées par les généraux de division et de brigade de Tours seront communiquées au général Biron, sur lesquelles il est requis, au nom du salut public et sur sa responsabilité personnelle, de faire connaître sans délai sa résolution et ses projets ;
Sïl HISTOIRE DB LA TERREUR.
« Que lea généraux de division et de brigade ont écrit le même jour au général Biron que, d'après la réquisition qui leur a été faite par les représentants du peuple, l'adjoint da ministre de la Guerre et les commissaires nationaux, ils avaient pris un arrêté relatif aux secours k envoyer à Nantes; qu'ils lui ont déclaré que, pressés de secourir cette ville, ils vont laisser la ville de Tours exposée aux tentatives des rebelles ; qu'ils l'ont invité de faire passer des forces k Tours ; qu'ils ont enfin prié le général de les éclairer sur une opération aussi importante ;
d Que le général Blron a répondu, le 26, aux gënéranxde division et de brigade qu'ils étaient sans doute plus en état que lui de juger quel parti ils peuvent tirer de leur positioBj qu'il est nécessaire de couvrir la ville de Tours, qu'on doit regarder comme une barrière, et qui renferme des magasiu précieux ; qu'il leur a envoyé un état de son armée et des forces dont il peut disposer pour la défense de Tours, pour les mettre à portée de juger jusqu'à quel poiut leur plan est praticable ; qu'il leur a déclaré de quelle partie de leur plan il peut seconder l'exécution, et quelle partie il ne peut adopter, s'il n'en reçoit un ordre formel du Conseil exécutif;
« Qu'il a écrit le 26 au ministre de la Guerre pour annoncer qu'il ne se portera pas sur Saumur sans un ordre positif; que sa responsabilité doit cesser du moment oCi la Commission centrale veut influencer tes opérations miliuires, lea discuter et les arrêter avec une publicité qui doit en empêcher l'effet; qu'il ne peut plus commander utilement l'armée des côtes de la Rochelle et qu'il prie le ministre de lui dés^er à qui il doit remettre le commandement ;
« Considérant que le conseil de guerre a été tenu d'une manière irrégulière et avec une sorte de publicité qui ne peut que contrarier l'exécution des meilleurs plans; que l'on i voulu influencer le général, et ne lui laisser aucune liberté de délibérer sur les mesures adoptées, en l'obligeant d'approuver le projet proposé; que les rëclamations du général sont fondées sur ce qu'exige le bien du service et l'inlérét de la République ;
« Que le général Biron étant investi de la confiance de la
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Nation, il doit dirigar avec liberté et aaos influence secrète oa publique toutes les opérations militaires ;
« Qu'il importe de prendre des mesures sagement concertées pour conserver la ville de Nantes, la défeodre de l'attaque des rebelles, ne pas exposer la ville de Tours et les magasii» de la République, défendre et conserver Niort, la Rochelle et Saint-Maixent;
a Arrôte que le général Biroa est invité de continuer de commander l'armée ; que l'intérêt de la République ne permettant pas d'accepter sa démission, son patriotisme ne lui permettra pas de persister à l'offrir ; que sans s'arrêter au plan des généraux de division et de brigade, approuvé par l'adjoint du ministre de la Guerre et les commissaires nationaux, autorisé par les représentants du peuple, le général BiroD fixera le plan qu'il jugera le plus avantageux et le plus utile h la République pour assurer la défense de Nantes dans l'extrême danger dont elle est menacée, ne pas exposer la ville de Tours et les magasina de la République, assurer Niort, la Rochelle et Saint-Maixent contre les entreprises des rebelles; qu'il dirigera les opérations militaires, dans lesquelles il ne pourra être influencé ni contrarié par les représentants du peuple ni par les agents du Conseil exécutif.
K Que les représeotantB du peuple seront invités de se conformer sans délai au décret de la Convention nationale qui les rappelle k leur poste, pour donner au Comité les instructions et les renseignements attendus sur l'armée des côtes de la Rochelle.
« Que le ministre de la Guerre rappellera le cûtoyen Ronsin, son adjoint.
« Qu'il rappellera pareillement ceux des commissaires nationaux qui ont assisté au conseil de guerre du 25 et ceux qtii, dans les départements, sont une occasion de trouble et d'inquiétude relativement à la sûreté des propriétés.
B Que le ministre de la Guerre répondra sans délai aux demandes du général Biron conceroant les généraux, adjudants et autres officiers et agents nécessaires au service de l'armée.
« Qu'il sera adressé une expédition du présent arrêté au
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gèoéral Biron, aux représenlanu du peuple réunis à Tours et au mimstre de la Guerre.
« CitiBON, GuTTON, Raubl, LiNPrr, S&iNi-Josr, I&ur Bon-SuHT-AiiDBé, Hëudlt, Bbrlieb, Deucbok. «
Les reprismtatUs du pétrie membres du Comiti d$ taM public au gkniral Biron, eommantUau en ch«/' de Varmie des eôlet marilimes de l'Ouest.
■ Pftrii, U 28 luin 1783.
n Les événements et la eorreapondance nous oot convaÎDCus, général, que la multiplicité des commissaires était une source continuelle de difflcultès et d'inoonvënients. La Convention nationale avait été déterminée, par la force des circonstances, à autoriser un assez grand nombre de ses membres de se rendre à l'armée ; on manquait de généraux, d'officiers ; on n'avait point d'armée; les rebelles devenaient redoutables; les événements se succédaient avec une rapiditi alaimante. On ne put se refuser au vœu manifesté de \oir plusieurs de nos collègues se rendre dans leurs départemenU, où l'on croyait que leur influence, leurs liaisons, leurs alliances contribueraient, autant que la force des armes, i faire rentrer les rebelles dans le devoir.
« 11 s'est formé un grand nombre de commissions qui se sont isolées, qui n'ont entretenu aucnnecorrespondance entre elles, et qui ont adopté des plans et des projets qui n'avaient aucun ensemble et qui ne pouvaient nous promettre aucun snccès.
n La Convention nationale a rappelé tous ses membres h leor poste; elle a fixé le nombre de cenx qui doivent se rendre à l'armée; ses oouveaoi choix inspireront la confiance M rempliront l'attente publique.
« Vous connaissez, général, l'instmction décrétée par la GoDveDtioD nationale ; vous savez de quelle considération et de quelle confiance elle a voulu investir les généraux.
K Depuis que vous êtes arrivé dans les départements de l'Ouest, vous vous êtes oonslamment appliqué à fournir et k
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NOTES. sn
oi^aaiser l'année ; voua avez arrâté un plan de campagne, vous avez justifié nos espérances.
« La repréBeotation aationale sera à l'année ce qu'elle doit être. Elle maintiendra l'ordre et la subordination ; elle appellera la confiance et la fixera sur le général.
« Les grandes diflScaltés qui auraient pu s'opposer à vos fluccés sont écartées; tout concourra k assurer l'exécution de vos plans militaires. Vous avez servi la patrie, parce que vous l'aimiez; tous continuerez de servir la République, et c'est à la tfite de l'armée que vous commandez que vous devez la servir, dans les circonstances où vos succès doivent avoir la plus haute influence sur la liberté.
« Nous attendons, général, de votre civisme, de votre dévouement à la République, que vous conserverez le commandement de l'armée sur laqnelle la Bépublrque fonde ses espérances.
a Noos avons chai^ le ministre de la Guerre de prendre
en la plus baute considération tout ce que vous demandez
pour l'armée, et de prendre sans délai les détermina^ons les
plus utiles au service et les plus satisfaisantes pour le général.
u Camboh HIb aîné, Behueb, 0. V. Ramel. h
DEUZlkUB ARRËTfi DU COUIt£ DE SALOT PUBLIC.
Séance du 30 juin 1793.
a Le dtoyen Ghoudieu, l'un des représentants du peuple auprès de l'armée de la Rochelle à la division de Tours, a demandé communication de l'arrêté pris par le Comité, le 28 de ce mois, sur la lettre du général Biron du 26, et les pièces, étau et mémoires joints à sa lettre.
« 11 a exposé, au nom de la Commission, que des avis certains annonçant que le dessein des rebelles était de se porter sur Nantes, la division de l'armée campée auprès de Tours étant organisée et impatiente d'aller combattre les rebelles, les généraux avaient arrêté, dans un conseil de guerre, no projet qu'ils croyaient devoir satisfaire l'impatience de la division
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et conserver ta villfl de Nantes menacée du dabger le plus immineut ; que ce projet devait être soumis à TexameD et à la décision du général; que l'intention des offlders généraux et des agents principaux n'a pas été de fcncer les suffrages da général, mais de le consulter, de lui communiquer un plan, des vues, et d'attendre ses ordres.
« Que les représentants du peuple, en lui adressant le résultat du conseil de guerre du 25, n'ont pas eu l'intention d'influencer le général; qu'ils ont voulu ûxer son atl6nti<M) sur la situation des affaires et engager le général à prendre une prompte déterminatiou.
n Qu'ils avaieut écrit au général et qu'ils n'avaieut pas reçu sa réponse; qu'en lui communiquant les vues des ofSciers généraux, ils s'étaient proposé d'accélérer et non d'influencer la détermination du général en chef; qu'ils présumaient que la division de Niort était assez forte et assez bien oi^nisée pour concerter un grand mouvement dans toutes les paities de l'armée.
a II a ajouté que le citoyen Ronsin et les commissaires nationaux ont rendu des services signalés; que l'armée atteste leur capacité et leur intelligence; que Le rappel de ces agents serait très préjudiciable au service.
« Il a enfin demandé que les représentants du peuple soient autorisés d'employer les talents du général Berthier, sous un chef, et en le surveillant avecune extrême exactitude; que c'est à cet offlder général que l'on doit la prompte organisation de l'armée; que, si les circonstances et l'opinion ne permettent pas de le placer à la tôte de l'état-major, on peut néanmoins faire choix d'un chef et charger du travail cet officier général qui, pour servir la patrie, consent à faire le sacrifice de l'amour-propre et des pi^tentions. 11 a représenté un avis des officiers généraux, qui atteste les services du général Berthier et l'inconvénient de se priver de l'ueage de ses talents.
« Il a demandé que l'on développe, avec plus d'étendue on de clarté, les dispositions du décret du 30 avril et de l'instruction décrétée par la Convention nationale concernant rwdre que doivent observer entre eux les représentants du peuple.
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NOTES. BT7
dans leurs dispositions et leurs délibérations, pour obrier à l'inconvénient qui résulte de la contrariété et de l'iacohérence des mesures.
K Le Comité de salut pablic arrête qu'il sera écrit an général Biron pour lui confirmer qu'il n'a été dans l'intention de qui que ce soit de forcer son suffrage, ou d'influencer son opinion, et d'ajouter à sa responsabilité; que tous les avis se sont réunis pour attendre sa détermination ; que la liberté des communications n'a pas été considérée comme un moyen d'infiueDce;-que le plan adopté est celui qui a été proposé par le général, qui s'occupera des moyens d'exécution avec toute l'activité et la prudence qu'exigent les circonstances ; que la célérité influera particulièrement sur le succès.
« Le ministre de la Guerre sera averti de ne pas rappeler le citoyen Ronsin et les commissaires nationaux qui ont pris part au résultat du conseil de guerre du 25 de ce mois, vu l'utilité de leur service dans l'armée.
11 Les représentants du peuple sont autorisés d'employer te général Berthier, dans l'ëtat-major, sous un chef. Le Comité, ne croyant pas qu'on puisse l'employer en chef, approuve cependant qu'on ne se prive pas de ses talents; qu'on l'employé et qu'on l'observe.
a Les représentants du peuple ne doivent à l'avenir èprou* ver aucune de ces contrariétés qui ont rendu leur mission difficile, et traversé ou retardé leur succès. Un décret a fixé le nombre des députés qui resteront ou se rendront à. l'armée; le choix est fixé par le même décret.
« Les représentants pourront prendre, au nombre de deux, toutes les déterminations que les circonstances exigeront, et les faire exécuter provisoirement, à la charge d'en rendre compte à la Commission centrale; les représentants qui auront pris des arrêtés rapporteront leurs décisions et leurs procès-verbaux à la Commission, pour concerter toutes les opérations et en assurer l'ensemble et l'uniformité, vu que c'est dans la Commission centrale que réside principalement l'autorité; que toutes les délibérations doivent y être prises; que tous les ordres doivent en émaner, autant qu'il est pos- «ible; et que ce n'est que par la nécessité du service que les vtii. 37
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fi78 HISTOIRE DB LA TERREUR.
représeulauts peuvent prendre des arrêtés séparément, et . néanmoins au nombre de deux.
H Caubon, Gdtton, Deluas, Saint-Ju.-t, Rasiel,
COUTHON. BaRÈRE, LmOET, BeRUEB. Il
Les reprèsenlanls du peuple membres du Comité de salut pul^c au général Blron. commandant tn chef de Pamièe des éUs maritimes de FOuest.
. Paria, le l«-]umel t7fl3.
u Nous avons eu, général, une conférence avec le citoyen . Choudieu, notre collège, l'un des représentauts du peuple qui était à Tours le 25 juin. C'est de lui que nous savons que l'intention des olGciers généraux de la division de Tours, des commissaires nationaux, était de vous consulter et d'atteodre l'ordre du général pour s'y conformer.
u Les représentants du peuple n'ont pas eu intention d'ioiluencer votre opinion. Vous avez été alarmé, parce que vous avez pensé que le projet que l'on soumettait à votre examen était un projet adopté dans la division de l'armée, et que l'on voulait ajouter au poids de votre responsabilité pour déterminer plus sûrement votre suiïrage.
« Les circonstances étaient grandes et pressantes, Télatmajor était inquiet de ne recevoir aucunes nouvelles de votre part; il croyait n'avoir pas un moment à perdre pourvoos informer du danger qui menai;.ait la ville de Nantes, de U disposition des esprits, et vous communiquer ses vues.
<i Les représentants du peuple ont pensé qu'ils devaient vous proposer de prendre en grande considération la situation des aiïaires, accélérer votre détermination. Ils vous avaient écrit, ils n'avaient pas encore reçu votre réponse ; votre avis seul devait, dans l'esprit de tous, déterminer le mouvemeDi de la division.
R Nous n'avons pas cm devoir persister, après avoir entendu notre collègue,- à exiger le rappel de l'adjoint du ministre .de la Guerre et des commissaires nationaux qui ont assisté au conseil de guerre du 25. Ces citoyens ont rendu des services
essentiels à la division; ils ont donaé de grandes preuves de capacité, de zèle et d'activité.
« Vous connaissez, général, le caractère des Français. La grandeur et la célérité dans les entreprises sont nécessaires pour soutenir leur courage i c'est au milieu des dangers qu'ils aiment à signaler leur constance; mais une longue attente, l'inaction prolongée les fatiguent plus que les travaux d'une campagne.
a Nous vous invitons, général, à concilier l'activité et la prudence, à profiter des dispositions de l'armée. La division de Tours parait prête à marcher contre les rebelles; elle s'est organisée avec une célérité qui nous présage des succès. Nous désirons que la division de La Rochelle s'organise, s'embrigade et se mette sans délai eo étal d'exécuter )e plan que vous nous avez communiqué. C'est à ce plan que nous pensons que l'on doit s'en tenir; nous persistons à l'approuver, et nous sommes persuadés que, dans tous les chaugemeals qui peuvent arriver, vous saurez prendre vos avantages. <i Caubon fils aîné, Beruer. •
Le général Biron au Comité de saint public.
< Angers, le 13 Juillet 1133.
« J'ai l'honneur de rendre compte au Comité que j'ai reçu son arrêté du 1" juillet, et que ma très mauvaise santé et la certitude de ne pouvoir plus commander utilement l'armée des côtes de La Rochelle m'ont déterminé à envoyer au ministre de la -Guerre ma démission de ce commandement en chef, avec la déclaration que, dans tous les lieux et dans tous les grades, je dévouerai de bon cœur le reste de mes jours et de mes forces au service de la République;. Si la . Convention nationale jugeait devoir faire examiner ma conduite par une cour martiale, je jouirais de la satisfaction qu'éprouve tout homme pur en voyant scruter sa conduite. Comme, depuis le 23 juin, le ministre de la Guerre ne répond plus même à mes lettres les plus importantes, j'ai l'honiteur de prévenir le Comité que, dans huit jours, rien au monde
580 lilSrOIREDIi l.A TERHI-lUtt.
ne m'empteliera de remettre le commandement de l'armée des cales de La Rochelle à l'ulBcier ^néral le plus ancien après moi, Je prie instammeot le Comité de me faire désigner le lieu où je dois me rendre, pour attendre les ordres de la Convention, après avoir quitté le commandement de l'armée. n Bill ON. »
Au citoyen Barère.
• Aogen, le 13 Juillet 1703.
« Le dernier eiïort que j'ai fait, citoyen Représentant, pour aller de Niort à Saumur joindre l'armée qui allait ao secoors de Nanlesa fini d'épuiser mes forces et m'a mis dans un état de faiblesse et de souffrance qui ne me permet plus, en honneur et en conscience, de conserver le commandemeot en chef de l'armée des côtes de La Bochelle.
n Ce commandement exige dix fois plus d'activité qu'aucun autre; j'ai la goutte dans la tête, je crache le saag, el très incessamment je ne pourrai plus rester debout. J'ai envoyé ma démission au ministre de la Guerre; j'y ai joint U déclaration que tous mes désirs étaient de dévouer le reste de mes forces et de mes jours au service de la République, dans quelque lieu et dans quelque grade que ce put être. J'ai demandé seulement qu'il me fût permis de m'arrëter, trois semaines ou un mois, dans le lieu quelconque que l'on voudra me désigner, pour y soigner un peu ma santé qui en a depuis longtemps un besoin indispensable. Je n'ai pas bd nn instant de repos depuis la séparation de l'Assemblée Constituante, et le tems que nous y avons passé ne peut guère s'appeler du repos. J'ai constamment fait la guerre depuis, sans jamais avoir eu trois jours de tranquillité. Si quelques remèdes et quelques soins peuvent me remettre, aucun bon citoyen n'appartiendra plus que moi à la chose publique.
(t Je crois devoir vous avertir que son salut dent peutêtre à ce que le Comité de salut public envoie des commissaires d'une sagesse, d'une impartialité reconnues, prendre des renseignements et des détails sur ceUe armée. Ils se
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convaincront facilement, par l'afTreax déitorclre qui y règne,' qu'elle sert bien plus la contre-révolution que la Révolution, et je voua jure qu'il n'y a rien d'exagéré dans ce que je vous dis là. Cela méritç la plus sérieuse attention.
■ Je vous demande pardon de mon importunilé, citoyen fieprésentant; vous l'excuserez en pensant que j'ai trouvé quelque satisfaction à vous expliquer la démarche que je fais, et à vous mettre à portée de surveiller une armée qui finira peut-être par âtre bien, si l'on ne se donnait pas tant de peine pour qu'elle fût mal.
Dinonciations contre Siron.
. Niort, le Si Juin 17M.
« Il est bien malheureux qu'on ne puisse pas profiter des bonnes dispositions des soldats et qu'on laisse leur courage s'amollir dans l'oisiveté. Faut-il donc attendre que les rebelles aient rassemblé de nouvelles forces, ou qu'ils aient reçu des secours étrangers, pour aller les attaquer? Aujourd'hui, te seul obstacle qui s'oppose à notre marche est, à ce qu'on dit, le manque de voilures. Nous craignons que, lorsqu'on y aura pourvu,- il ne s'élève d'autres empêchements. Nous sommes au désespoir de l'état de nullité où sont réduits les trente mille hommes cantonnés ou campés depuis Saint -Maixent jusqu'aux Sables.
a Ici, l'esprit public est totalement perverti. Le peuple prend Brissot et Roland pour de bons citoyens, et les Montagnards pour des scélérats qui veulent l'anarchie et sont causes de la guerre de la Vendée. Vous seriez étonnés de ce que nous entendons dire tous les jours. Les autorités constituées nous ont paru mauvaises ; nous sommes vus de mauvais œil, et une petite émeute populaire bien dirigée pourrait leur faire raison de noua. La subordination n'est pas mieux établie. Le soldat vend ses cartouches, le voiturier le foin, la paille et le pain qui lui sont confiés pour être tran»-
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portés; enfin, tout est dans un bonleverBement tel, qu'il esi instant d'y remédier.
Il Les commissaires du Conseil exécutif,
« Besson, BnuLÊ. »
n II de Ift HfputriiqiH
« le soussigné, Pierre-Mathieu Parein, chef des bureaux de la quatrième division au département de la Guerre, commissaire du Conseil exécutif auprès de l'armée des côtes de U Rochelle,
0 Certifie et atteste qu'après notre arrivée dans la ville de Tours, il y a environ deux mois, avec le citoyen Renan , adjoint au ministre de la Guerre, nous avons parcouni toole la circonférence du terrain occupé par les brigands; que, dans cette expédition, nous avons examiné 1res altenlivemeat lear position et celle de notre armée sur tous les points que menacent les rebelles; que, de retour dans la ville d'oîi nous étions partis, nous nous sommes rendus à Saumur poar y conférer avec les représentants du peuple, afin de déterminer qn^le serait la mesure la plus salutaire à adopter contre les rebelles; qu'après avoir discuté le projet de campagne, il a été arrêté à Saumur, en présence du général Biron, il y a six semaines environ, que les brigands seraient attaqués par plosienra points et que l'on ferait marcher en masse toutes les forces de l'armée, comme étant ta seule mesure à prendre qui pOt convenir aux circonstances.
« Hais par une fatalité qu'on ne doit attribuer qu'à quelqvm tnltres qui, sans doute, étaient présents à la discussion de ce projet de campagne et qui en ont probablement fait part aux brigands, nous nous sommes vus attaqués le lendemain, d'abord à Doué et ensuite à Saumur, où nous avons essuyé an échec qui a désorganisé l'armée. Arrivés à Tours, où les généraux s'étaient repliés (Biron était alors à l'armée de Niort), nous donnâmes^ tous nos soins pour rassembler le> débris'de l'armée de Saumur, et en moins de quinze jours, notw rtssemblâmes et nous flmes camper près de dù-buit i
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viagt mille hommes qui dans ce moment marchent à l'ennemi.
a De son côté, le général Biron n'a point fait tout ce qui était en son pouvoir pour seconder l'armée de Tours ; loin de s'occuper à organiser son armée à Niort, pendant les six semaines qu'il y a resté ; loin de prendre à cet égard toutes les mesures que sa place et les intérêts de la République lui prescrivaient dans ces circonstances si périlleuses, il a mis la plus grande négligence dans toute sa conduite.
« 1°. Il devait organiser son armée de Niort en brigades et en divisions, et on assure qu'il n'en a rien fait.
« 2°. 11 devait protéger par trois ou quatre itiille hommes la ville de Sanmur, lors de la marche de la troupe de Tours SUT Angers, et il n'en a rien fait.
Il 3°. Il devait au moins envoyer des forces à Westermann, ainsi que celui-ci les lui demande par une de ses lettres, lors de la prise de Bressuire, et il n'en a rien fait.
Il W- C'pst que Biron, au lieu de rester à Niort pour organiser son armée et la disposer à marcher contre les brigands, s'est rendu à Saumur et Angers ofi sa présence était inutile, puisque l'armée de Tours était toute organisée.
u 50. C'est que Biron, dans toutes ses actions, n'a cessé de persécuter les patriotes, tels que les employés des commissaires du Conseil exécutif, ainsi que le citoyen Rossignol, lieutenant-colonel de la 35* division de gendarmerie, connu par son patriotisme.
<( 6". Cest que, dans ce moment, l'armée de Niort, qui se montait de vingt h vingt-cinq mille hommes, se trouve totalement fondue, pour ainsi dire, et qu'on ne sait ce qu'elle est devenue.
« 7°. C'est que le général Biron a laissé sortir et s'en retourner ohez eux un ou deux bataillons de Bordeaux, sans avoir employé l'autorité dont il était revêtu pour les faire rentrer dans l'ordre et l'obéissance aux lois.
« 8°. C'est que le même général a souffert qu'il fût tenu des propos très inciviques dans les sociétés populaires qui prêchaient le fédéralisme, et qu'il n'a donné aucun ordre pour faire défendre ces sociétés, quoiqu'il fût instruit de leur conduite.
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SSt HISTOIRE DE LA TERREUR.
« D'après tous ces motifs et une infiDité d'autres qui seront sans aucun doute mis sous les yeux des représentants du peuple, je ne balance point à déclarer que Biron est un traître à la République, et qu'il est très important, je ne dis pas seulement de le destituer, mais même de le livrer aa glaive de la loi.
u Pareoc. n
■ An^ert, le 11 joillet 1TO3.
u Je soussigné, Charles-Philippe Ronsin, général de brigade et adjoint au ministre de la Guerre, déclare en mon àme et œnscience que je regarde comme traître à la Patrie Biron, général en chef de l'armée des côtes de La Rochelle ;
H Pour avoir mis une négligence aussi astucieuse que perfide dans l'organisation de l'armée qui était à Niort;
u Pour avoir disposé les différents corps de aorte que, de vingt-deux mille hommes dont il pouvait disposer en masse aa 24 juin, il ne lui en reste aujourd'hui que cinq raille;
« Pour être parti brusquement pour Angers, au lieu de porter à Weslermann les secours demandés après la prise de Chàtillon ;
a Pour avoir causé, par ce refus, le massacre de toute l'infanterie de cette petite armée, la prise de son artillerie et tous les malheurs qu'entraîne une déroule;
« Pour avoir osé, par une calomnie digne d'être punie par les lois, écrire au ministre de la Guerre, que tous les agents de ma commission étaient des désorganisateurs qui prêchaient te pillage, excitaient à la désobéissance, à couper des têtes, etc. -, tandis que chargé par la Commission centraie d'organiser deux commissions militaires, j'employais ces mêmes agents à poursuivre les vrais désorganisateurs, les espions et les traîtres;
u Pour avoir souffert que les généraux nobles de cette armée profitassent du crime ou de l'erreur de quelques volontaires, pour jeter sur tous les bataillons de Paris le mépris le plus injuste et la défiance la plus dangereuse;
H Enfin, pour avoir mis une lenteur vraiment bonne à
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NUTËS. fiâ5
déconcerler les mesures propres à assurer le succès de nos armes, .et pour n'avoir exécuté que des attaques partielles, comme s'il eût voulu détruire en détail une armée qui était, il Y a un mois, assez forte pour exterminer en huit jours les brigands, si elle n'eût pas été commandée par des hommes que nous n'avons que trop de moUrs de suspecter; je parle de Biron, de Menou, de LabaroJiére, de Berthier et de Barbazan. Que ces généraux, qui n'ont pas la conriance des patriotes, soient remplacés de suite par des hommes éclairés qui, bien connus par leur dévouement au salut de la République, connaissent assez les localités et les mœurs du pays occupé par les brigands, pour ne pas s'attacher à ces mesures â lentes et à ces combinaisons si savantes de l'ancienne tac* tique i et se rappeler surtout que le moyen le plus prompt de terminer cette guerre, c'est de se rapprocher davantage de la manière dont les brigands la font. Mais pour n'exciter aucune de ces secousses dangereuses dans des armées qui' n'ont pas été préparées à ces grands événements, et pour ne laisser à aucun des généraux suspectés le temps d'échapper au glaive des lois, en cherchant un refuge et même un appui au loin, il faut se hâter de les mettre hors d'état de nuire.
H J'ose le prédire, si vous tardez à rappeler Biron, ses complices et ceux qui l'entourent; si, par un exemple terrible, vous ne vous hâtez pas d'effrayer ceux qui voudraient encore imiter Lafayelte, Dumoufiez, Winipfen, cette armée va se détruire paniellement. Les départements voisins en deviendront plus hardis à la révolte; ces malheureuses contrées seront longtemps dévastées par la guerre civile, et les généraux suspects que vous n'aurez pas punis ou destitués à temps ne seront plus les généraux de la République, mais bien ceux des départements qui se sont déclarés pour le fédéralisme.
II RONSIH. n
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LE GÉNÉRAL BRONET
BN LDTTE AVEC LB RSPRÉSEKTANT I
Afm de permettre au lecteur de mieux apprécier la physionomie de cet incident , nous commencerons par donner les états de services du général.
Né le 14 juin 1734 à Valensoles, Bassea-Alpes, Gaspard- Jean-Baptiste Brunet avait servi dans l'artillerie jusqu'au 9 novembre 1755, époque à laquelle il fut nommé lieutenant d'infanterie. Capitaine dans le régiment de Lorraine le 31 mars 1759, capitaine de grenadiers le 13 mai suivant, major du régiment provincial d'Auxonne le 28 mars 1778, lieutenant-colonel le 8 avril 1779, Brunet avait été retraité comme maréchal de camp le 1" mars 1791. Rappelé à l'activité le 18 septembre 1792, il reçut le grade de lieutenant général le 8 mars 1793, et peu après, le commandement de l'armée du Var, dite aussi d'Italie, où le conilit s'engagea entre lui et les représentants.
Premier arrêté (tfs rtprtsentanls près Carmie d'Italie.
« Considérant que les nouvelles dësastretises récemment venues de Lyon, les actes arbitraires et illégaux commis envers des agents envoyés par eax dans différents départements, doivent faire craindre que la représentation nationale soit com-
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promise, si quelques délégués du peuple entreprennent, dans ce moment de fermentation, de franchir le long trajet qu'il y a de ces âépartementB frontières à Paris ;
Il Les représentants du peuple envoyés près de l'armée d'Italie, et les commissaires de la Convention précédemment . envoyés dans les départements des Hautes et Basses-Alpes pour le recrutement, réunis à Toulon,
u Arrêtent : que les quatre représentants du peuple près l'armée d'Italie partiront pour se rendre auprès de celte armée, dans le plus court délai, et se concerteront ensemble sur les objets de la mission qui leur est confiée ;
« Que les deux commissaires de la Convention pour le recrutement, Frérott et Roubaud, se rendront provisoirement auprès de cette armée, jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné par la Convention nationale.
« A Toulon, le 4 juin 1793, an 11 de la République.
« Paul Barras, Beauvais, DissnNASST, P. Batlc, FftËRON, Roubaud. a
Le général en chef de Carmke <f Italie au citoyen Barras, représentant du peuple prhs de C armée.
• Sospello, le SO Julo 17S3, l'an II de U Rdpnblîqae tnnçtiae,
u Le général Gauthier a dû vous dire de ma part, citoyen représentant, que le bruitgénéral de l'armée était quele citoyen Fréron n'avait point de pouvoir auprès d'elle, attendu que le décret avait nommé les seuls citoyens Barras, Beauvais, Deapinassy et Bayle. Votre autorité et la -mienne seraient compromises, si la copie de la lettre que vous m'avez adressée hier était envoyée oÉBciellement, avant que les pouvoirs du citoyen Fréron fussent connus. Vous devez sentir, plus que personne, qu'il ne faut pas donner, dans ces moments difficiles, des moyens aux malveillants d'agiter l'armée. J'attends donc cette pièce avec impatience, pour réduire tous les calomniateurs au silence, et faire rendre au citoyen Fréron tous les
honoeurs qui sont dus à un député de la CoDventioo nationale représentant du peuple auprès de l'armée d'Italie.
(I Je pars demain pour la gauche de l'armée ; vos logements sont prêts ici, et quoique je n'y sois pas, vous trouverez chez moi tout ce que l'on peut avoir pour vivre dans un pays tel que celui-ci.
« Le général en chef de l'armée d'Italie,
Il BnUKET. ))
Second arrêté des représentants pi'ès l'armée tTIlatie.
« Les représentants du peuple envoyés près de l'armée. d'Italie :
« Oui la lecture de leur arrêté du k juin dernier ;
Il Considérant les circonstances, aussi critiques qu'extraordinaires, dans lesquelles se trouvent les représentants du peuple près de l'armée d'Italie et la nécessité indispensable démultiplier, pour ainsi dire, tous les moyens dont ils peuvent disposer, pour déjouer tous les complots qui se trament dans le Midi contre l'unité et l'indivisibilité de la République ;
u Considérantquedeux de leurs collègues se trouvent dans l'impossibilité de retourner dans le sein de la Convention, attendu que les chemins leur sont fermés de toutes parts; et que l'exemple de plusieurs commissaires de la Convention, arrêtés dans plusieurs départements, leur fait présager pour leurs personnes le môme attentat envers la représentation nationale ;
11 Arrêtent : que les citoyens Fréron et Roubaud, leurs collègues, seront provisoirement adjoints à la commission près de l'armée d'Italie, pour y exercer toute l'étendue des pouvoirs délégués à ladite commission; qu'ils signeront tous les arrêtés qui pourront étie pris pour le salut public.
H A Nice, le 26 juin 1793, an 11 de la République. « Paul Birhas, C.-N. Buuvais, P. Baylb, Despinassï. »
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Le générai en chef de Carmée d'Italie aux cUoyetis reprisenlaiils du peuple près l'armée d'Italie.
a Je ferai passer, citoyens représentants, à chaque bataillon les exemplaires de la (Constitution ; votre lettre sera mise à l'ordre le même jour, et je ferai tout ce qui dépendra de moi pour faire prononcer l'armée. Mais je dois voua observer, comme général, comme vrai républicain, comme patriote zélé, que c'est une mesure bien dangereuse que d'habituer les armées à être consultées et à délibérer.
« Jusqu'à présent, l'armée d'Italie, sans être exempte delà commotion produite par les agitations intérieures, s'est très bien conduite. Mais si deux partis se pronon(;aient, vous série/ exposés, vous et moi, à de nouveaux embarras ; et dans la position .011 nous nous trouvons, ce défaut d'unité nuirait certainement aux armes de la République. Vous citez les armées du Nord, de la Moselle, etc.; celle-ci est d'une composition toute différente, étant presque entièrement formée de troupes des départements coalisés ; mon opinion serait de faire lire la Constitution à tous les bataillons, sans les forcer à manifester leur faqon de penser.
B Je joins à l'appui de mes opinions les deux pièces suivantes qui viennent de m'étre adressées par le général dc brigade Serrurier ; vous verrez que les 50"" et f|2*° régiments, le 6"" bataillon des Bouches-du-Rhône et une compagnie de canonniers se sont permis de délibérer et d'arrêter l'exécution de l'ordre du général. Que ces corps eussent fait des représentations, cela n'aurait été que repréhensible: mais une opposition formelle ne saurait être impuQÎe, sans quoi il n'y aurait plus de discipline, nul ordre ue serait exécuté. Ainsi, en se conformant à l'art. Hk de la Constitution qui prononce des peines contre les corps militaires qui se permettraient de délibérer, oe serait-ce pas se mettre eu contradiction avec la loi, que d'autoriser l'armée à se prononcer en ces circonaunces? Je voua prie donc, citoyens re-
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présentants, de bien peser le tout dans votre sagesse. Plus les temps sont difficiles, plus il faut user de modération et de prudence. Lorsqu'on marche lentement, on est toujours maître d'aller; mais si, par trop de précipitation, on s'est tout d'un coup porté en avant, il est bieo difficile de rétrograder sans se comproraenre.
H J'ai bien réfléchi sur la lettre de vos collègues ; voici le résultat de mes observations.
<i 1°. La guerre de la Vendée ne ressemble eu rien à celleci ; ce sont des fanatiques, des prêtres réfractaires, des émigrés, qui veulent un roi ; il faut les combattre sans relâche, les pousser vivement jusqu'à ce qu'ils soient exterminés, sans quoi il n'y aurait point de sûreté pour nous.
u 2*. Les départements méridionaux annoncent vouloir une République ; mais rien de leurs projets ultérieurs ne s'est encore manifesté ; il paraît seulement que les deux partis existants dans la Convention les occasionneutj leur tort est de soutenir la minorité, ce qui produirait constamment l'anarchie.
H Mon avis serait donc de chercher à entrer en accommodement; dans cet intervalle, la majorité des départements ajant accepté la Constitution, par les dispositions ultérieures et une conséquence incontestable, la minorité y accédera et les troubles s'apaiseront. Si par contraire vous les pressez vivement, craignez que ce parti au désespoir n'appelle l'ennemi en son sein, comme je crains que la Corse n'en donne l'exemple.
ti Lorsque je vous écrivis une lettre le 16 de ce mois, je ne regardais pas les Marseillais comme bien dangereux, parce que je comptais sur Toulon; mais aujourd'hui, si Toulon recevait la flotte anglaise, que les Marseillais réunis se portassent à Arles, ville facile à rendre d'une grande défense et ii servir d'un grand entrepôt, il vous serait presque impossible d'empêcher leur réunion avec les Espagnols ; et dès lors la perte des départements du Midi serait presque .inévitable. Quand même ils ne suivraient point le meilleur projet qu'aient jamais fait les contre-révolutionnaires, en n'occupant point Arles, pensez et pensez-y mille fois, que Toulon contient votre flotte, vos arsenaux, le plus beau port de la Médi-
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mt HISTOIRE DE LA TERREUR.
terratiée, une artillerie et des munitions immensea, et qu'une place qui peut être sans cesse ravitaillée par mer est presque imprenable, surtout lorsqu'on ne peut rassembler 150 pièces de gros canons et 31) mortiers, des munitions immenses de ^erre et de bouche et ZiO.OOO hommes bons et éprouvés pour en faire le siège. Je serais fort aise que vos collègues «hinuBsent les réflexions que je mets sous vos yeui, cardans ces circonstances critiques, on ne peut trop combiner et examiner sous tous les rapports, avant de prendre une-détermination.
« Vous trouverez ci-jointe la copie de la lettre que j'ai adressée aux Sections de Toulon et de Marseille.
H Le général en ctief de l'armée d'Halte,
M UfllBET, »
Les représentants du peuple près l'armée d'Houe au citoyen Brunet, gènirat en chef de ladite armée.
■ Nice, le 5 aoOt 1793, r*n II de la République.
« Nous VOUS requérons, citoyen général, au nom du salât public, au nom de la loi et de la souveraineté du peuple, <le détacher de votre armée cinq bataillons, et au moins quatre au complet, l'artillerie et les dragons que vous jugerez nécessaires.
<i Nous vous requérons de donner k cette force armée nn commandant qui, après ^voir reçu vos ordres et ses instructions, se rendra au lieu de rassemblement qui pourrait être fixé vers Antibes.
1 Le général que vous désignerez à cette force année sera tenu de faire sur-le-champ toutes les dispositions pour que sa marche sur Aix s'opère prompte ment.
H 11 recevra de vous l'ordre de se concerter avec le général Cartcaux, pour réprimer la rébellion des Marseillais, et rétablir de suite les communications de l'armée d'Italie avec l'intérieur.
n Le général commandant sous vos ordres cette force
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année doit recevoir de vous celui de déférer aux réquisitions des représeotaots du peuple.
u Cette force armée, destinée à purger les départements du Var et des Bouches-du-Rhdue des rebelles qui les infestent, observera ta plus grande discipline, respectera les personnes et les propriétés, arrêtera les ennemis du bien public, fera triompher les lois, l'unité et l'indivisibilité de ta République.
« U sera donné à cette force armée les munitions, les armes et tout ce que le général en chef jugera devoir lui être nécessaire.
CI Son rassemblement et sa marche sur Aix auront Heu le plus tAt possible : tout retard' à cet égard porterait atteinte aux intérêts pressants de la République qui nous prescrivent, ainsi qu'au général de l'armée d'Italie, les présentes dispositions dont nous requérons l'exécution, sous peine contre ceux qui s'y opposeraient de répondre de tous les événements. ir Paul Babras, Frëhok, adjoint à la o
Le général en chef de VarmU ^Italie aux citoyens représentants du peuple composant 'le Comité de saiut public.
* Sospello, le S soùc 17S3, l'ai) II de 1» Répabliqne
a Au moment oîi j'allais, citoyens représentants, faire partir mon courrier, j'apprends que l'armée de Carteaux est à Saint- Gannat près d'Aix, et je reçois au même instant une réquisition des représentants du peuple Barras et Fréron, pour y porter cinq bataillons ou quatre bien complets, tous les dragons dont je pourrai disposer, et du canon pour renforcer cette ai-mée.
n Quelque pressante que soit la réquisition, j'en ai sus» pendu l'exécution, et voici mes motifs.
« i". II est impossible d'affaiblir encore l'armée d'Italie sans l'exposer à être enfermée dans le comté de Nice ou à le perdre complètement. Au devant de moi est une armée nombreuse commandée par des généraux habites ; à la vue des eûtes se trouvant quatre-vingt-quatre voiles, dontsoixante gros vaia<
seaux, tant Anglais qu'Espagno-PortugaÏB, depuis cent canons jusqu'à soixante-quatre, lesquels, en fournissant chacun le contingent de soixante individus, efTectueraient cinq mille hommes de troupes de débarquement, tandis qu'ils peuvent en donner le double sans arrêter leurs manœuvres ; ma lettre au ministre explique parfaitement ma position.
« 2". D'après l'idée que j'ai des chefs de l'armée Marseillaise et des meneurs du parti, je suis persuadé que, si l'on pousse à bout Marseille et Toulon, ils ouvriront leurs ports aui Anglais, et de là s'ensuivrait infailliblement la perte des départements méridionaux.
0 le crois aussi qu'il est politique d'attendre quelque chose du temps et de la mobilité des circonstances, car il ne s'agit -pas seulement de tirer des fera quelques patriotes, mais de sauver la République tout entière.
(1 3'. Les représentants Barras et Fréron, ainsi qae je voua l'ai précédemment observé, n'étant pas compétents pour dè- ' libérer, la responsabilité retomberait en entier sur moi, soit pour les événements de la guerre de l'intérieur, soit pour le comté de Nice, et si j'ai acquiescé jusqu'à ce jour contre le texte formel de la loi aux arrêtés qu'ils ont rendus, cela a été uniquement pour ne pas entraver la marche du service; jamais je n'eusse cru qu'ils se porteraient à des réquisitioDS de cette importance, lesquelles, par les diverses combinaisons des événements, peuvent entraîner des malheurs irréparables. - « D'après cet exposé fidèle de l'état des choses, le Comité de salut public est à même de prendre une juste détermination. Il est essentiel qu'elle me parvienne le plus promptemeol possible ; et me conformant en tout point aux instructions qui me seront adressées de sa part, j'agirai avec le zèle et l'activité d'un véritable patriote et bon républicain. -
n Le général en chef de l'armée d'Italie^ « BnUKEr. ■
u P. S. Quoique je fasse au ministre.de fortes représentations sur l'impossibilité où je suis de fournir 4.000 hommes, j« ne pourrai m'y refuser si je reçois un second ordre impè>
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latif et que l'oa veuille les hasarder, à traverg les flottes ea- . Demies, pour se rendre en Corse. »
Le citoyen Barrât, représentant du peuple près Farmh dltaiie, au finirai en chef de t' armée.
■ nice, le 1 ftoût 1703, l'an II de la RépubliquB ' Irançaiie.
a 11 est essentiel, 'citoyen général, que l'armée que vous commandez soit instruite du motif qui suspend l'exercice de mes pouvoirs, parce que des malveillants pourraient l'interpréter d'une manière peu convenable à mes principes et aux vôtres.
Il Dans la conférence que nous avons eue ce matin, vous m'avez dit : x Je vous reconnais comme représentaot du peuple près l'armée d'Italie, mais le décret du 3Q avril dernier, art. 17, déclare expressément que les représentants du. peuple près les armées ne pourront délibérer qu'au nombce de deux; il est de mon devoir de me renfermer aux termes de la loi et d'en demander l'exécution, n Je vous ai répondui> « Que personne n'était plus disposé que moi à l'observer reliv gteusement ; que l'arrestation criminelle de mes collègues malaissant seul prés l'armée d'Italie, avec le citoyen Fréron, membre de la Convention nationale et par un arrêté adjoint ài nos travaux, j'attendrais l'époque où deux nouveaux collègues, envoyés par la Convention nationale, me pérroetlront de reprendre de concert l'exercice de mes fonctions. » Alors jem'occuperai de nouveau du bonheur de la brave armée d'Italie. Je ne doute pas que vous ne preniez toutes les mesures de salut public, et que tous les défenseurs de la liberté, remiS' BOUS vos ordres, n'y concourent également. Connaissant le bon e^mt qui les anime, j'espère que l'union la plus parfaite régnera toujours parmi eux, et qu'ils demeureront ferme» BOUS les drapeaux de la liberté,
u Te n'ai voulu que le bien, que le triomphe des lois et de la liberté; ma conscience m'assure que je l'ai fait d'accord' avec Fréron, mon collègue. J'emploierai encore tons les-'
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moyens pour l'opérer, quoique je ne sois plus chargé d'aucune responsabilité. Je suis tranquille an miliea de l'armés d'IUlie, bien persuadé qu'elle ne souffrirait pas ainsi qae son général qu'on attente de ce chef à la représentation nationale.
« J'adresserai ma lettre à l'état-major; veuillez bien ordonner qu'elle soit distribuée à l'armée.
« Le représentant du peuple prés l'armée d'Italie, « Paul Babras. »
La Socièli républicaine des Atpes-Maritimes, séant à Nice, aux citoyens représentants du peuple près rurmée d'Italie
H Citoyens représentants, <i Les vrais patriotes de la Sodété républicaine desAlpe»- Maritimes viennent vous représenter le danger éminent où se trouve la chose publique, par l'abandon que vous avez fait aujourd'hui de vos pouvoirs. Ils n'ont pu se dissimuler les perfidies de celui qui vous a préterté un décret de la Convention nationale qui dit qu'un seul représentant près les années ne peut signer aucun arrêté. Ce n'est pas lorsque la liberté est aussi menacée que l'on doit invoquer des lois qui peuvent perdre cette même liberté; t^est au contraire le moment de mettre en pratique cet axiome sublime : Le salut du pétale est ■ ia suprime loi. — Eh quoi 1 quelle est donc la scélératesse de cet homme qui a reconnu vos pouvoirs, il y a quinze jours; et qui, aujourd'hui qu'il voit que nous sommes prêts à sauver les patriotes opprimés, vient vous opposer un décret que la Convention nationale n'aurait pas rendu, si elle eût pa prévoir que des hommes eussent été assez lâches pour arrêter des représentants! C'est donc au nom de la patrie, c'est au nom de nos frères opprimés, que nous demandons que vous rentriez sur le moment dans l'exercice de vos fMiotions. Nous demandons que vous preniez de suite les mesures les plus rigoureuses pour sauver le Midi, en marchant i la tête de plusieurs bataillons contre les rebelles de Toulon et de Marseille : nous demandons en .outre que le général Brunet
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NOTES. Si?:
9oil ftur-le-champ mis en eut d'arrestation et destitué provi* soiremeot.
Cl Telles Boot, citoyens représentants, les mesures que nous vous proposons et qui seules peuTent sauver la République, u Nice. le 7 août 1793, l'an II de la République française, une et indivisible.
a Les citoyens composant la Société républicaine des Alpes-Maritimes. »
Let r^risentants du peuple prêt l'armée dltaiie au citoyen général m chef de ta dite armée.
> Sotpello, le S «oAt 1793, I'm n de I& Ripubllqae ■ fruitaite.
« Un mouvement, citoyen généra), qui faisaitcraindre pour la tranquillité générale, a eu lieu hier au soir à Nice.
(I Nouaavonscru, dans ces circonstances, devoirdoDaerdes ordres au camp de Biot de se replier sur Nice, et nous voua déclarons que nous prendrons toutes les mesures propres à sauver la liberté publique et l'armée d'Italie.
a Le salut public ex^e impérieusement, général, que vous observiez une défensive très exacte, ainsi que vous l'a prescrit le général Kellermann; vous devez fortifier tous vos postes, et vous êtes responsable de toute infraction aux ordres de ce général.
(( Les représentants du peuple prè^ l'armée d'Italie,
« Paul Basbïs, Fbéron, membre de la Convention H nationale, adjoint à la commission, »
Le général en chef de l'armée d Italie à la Convention nationale,
■ Sospvllo, la 8 août 1703, rm II de la République françiiiu.
a Citoyens représentants du peuple, j
« Jen'aipasvouluvousdistrairedevos travaux importants, et je me suis toujours adressé au Comité de salut public pour
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818 HISTOIRE DE LATERREDE.
l'instruire de ce qui se passait à l'armée d'Italie. Cest ici le moment de vous faire rendre compte de tout ce qui s'est tramé d'horreur et d'intrigue contre moi, pour me faire perdre l'estime et la confiance de la Convention nationale; mais auiourd'hui je me trouve dans une positton si extraordinaire que je ne puis me dispenser de vous l'exposer, et de voos adresser toutes les pièces qui justifieront ma conduite, dans cette occurrence infiniment critique,
a Le 7 de ce mois, j'ai cru devoir m'expliquer, avec le représentant du peuple Barras, sur sa position à l'armée près laquelle il a été délégué et sur sa prétention à s'adjoindre le citoyen Fréron, membre de la Convention, pour continuer de donner à leurs actes la forme délibératire, et suppléer aiu deux représentants qui se trouvent en élat d'arrestation à Toulon. Je lui présentai la loi du 30 avril, art. 17, et celle des 15 et 19 juillet, art, 3; il se rendit aux dispositions de la loi; vous verrez qu'il l'a reconnu par la lettre qu'il m'a écrite le même jour, et dont je joins ici copie.
« Tranquille sur une. adhésion qui était si cwiforme à la loi, je ne croyais plus avoir k m'oceuper que des détails militaires de U place qui m'est confiée ; mais ma surprise a été des plus grandes en recevant des citoyens Barras et Fréron, que contre la loi il persiste de s'adjoindre, la lettre dont je joins ici copie, par laquelle vous verrez qu'ils se sont arrogé le droit de donner des ordres impératifs, sans réquisition an général en chef, pour faire marcher vers Nice deux bataillons que j'avais destinés à la défense de la cbte, et qui pour cet effet étaient campés au Biot, prés du golfe Juan,
n J'ai cru devoir, pour le bien du service, donner des ordres au commandant de ces bataillons de retourner à leur camp, vu l'importance de sa position pour la défense de la cdte.
u l'ai rêpMdu au citoyen représentant Barras et je joiDsid la copie de ma lettre.
a J'ai donné en conséquence des ordres au commandant militaire de la place de Nice dont je vous envoie copie. Vous jugerez, citoyens, quelle a été ma conduite dans cette drcon- Btance; vous jugerez encore mieux par la copie d-jointé de la lettre du citoyen Durand, commandant à Nice, dd prétexte
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dont se sont appuyés les citoyens Barras et Fréroa pour sortit de la loi.
« Je ne vous dissimulerai pas que j'ai lieu de soupçonner qu'ils n'influencent la garnison de Nice, et qu'il serait possible qu'égarée par l'opinion qu'elle pourrait avoir de leurs pouvoirs elle ne s'écartât de ses devoirs, pour se soumettre à leur autorité. Si cela arrivait, je ne puis balancer à faire les dispoationa nécessaires pour ramener cette garnison à l'ordre. Il m'en coûtera sûrement beaucoup d'abandonner la positon avantageuse où je me trouve vis-à-via de l'ennemi, pourn'avoir k réprimer que des actes hostiles, que la malveillance et des prétentions injustes vous paraîtront avoir excités.
« Je terminerai donc par vous demander justice de la conduite du dtoyen Barras, et plus particulièrement de celle du citoyen Fréron, qui n'a nul caractère à l'armée. Je vous la demande an nom du bien de la République, et je me plais ft croire que vous ne me la refuserez pas.
a Le général en chef de l'armée d'Italie, « BntmET. n'
«Voici, citoyens représentants, la conversation que j'ai eue avec vous à Nice. Vous m'aviez requis de faire partir cinq J>ataillons pour aller joindre l'armée de Garteaux. Si vous aviez voulu vous concerter avec moi, je vous aurais fait mes observations; mais vous m'avez donné un ordre impératif, sur lequel je vous ai présenté d'abord quelques réflexions. Je vous ai dît que ma pMilion auprès des Piémontais, que la défense des c&tes qui peuvent être attaquées par un débarquement depuis cinq jusqu'à dix mille hommes, exigent pour résister à tant d'ennemis la réunion de toulea mes forces ; que si j'affaiblissais l'armée d'Italie, je m'exposais à perdre le ci-devant comté de Nice et le département du Var. J'ai aojouti que, d'après la loi du 30 avril 1793, vous n'étiez plus compétent à délibérer, puisque vous étiez seul ; je voua ai cité les décrets dea 15 et 19 juillet, dont je joins ici copie; l'artield 3
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s'oppose formellement à ce que les représentants du peuple près les armées puissent déléguer,' d'une manière quelconque, les fonctions qui leur sont conUèes, ce qui exclut toute nomination d'adjoint.
« D'après ces considérations, je n'ai point acquiescé à votre dernière réquisition.
n Telle est la vérité toute entière, tels sont les motife qui ont déterminé ma conduite; votre délicatesse les approuve^. J'ai dû éviter qu'une énorme responsabilité pesât sur moi seul ; un général auquel on demanderait un compte sévère des événements malheureux, et à qui l'on pourrait faire un crime même de ses succès, ne saurait prendre trop de précautions pour ne donner aucune prise à la malveillance. Une lettre de vous, pour être adressée à l'armée, doit contenir tous les faits et rappeler les différents décrets sur lesquels est fondé mon refus. S'il en était autrement, s'il pouvait rester le moindre louche sur ma démarche, vous me forceriez pour ma justification à divulguer la lettre que j'écris au Comité de salut publie,' et qui, suivant moi, contient des choses qui doivent rester dans le plus grand secret. Votre amour pour le bien vous inspirera le parti le plus utile à la République.
« Au reste, si vous croyez que ma mémoire soit infidèle, je m'en rapporte enliôrement à la pièce que j'ai déposée ^ur ''votre bureau et dont j'ai fait passer copie au Comité de salai public.
tt l'ai donné ordre au comjnandant de place de vous laisser la garde d'honneur que vous aviez, et de vous fournir les escortes que vous demanderez, tant pour vous que pour les personnes que vous seriez bien aise d'employer. Rien ne me fera jamais oublier ce qui est dû au caractère de représentant du peuple dont vous êtes revêtu.
H G'e&t par oubli que, dans ma dernière dépêche, je ne vous ai pas communiqué le post tcriptum de ma lettre an Comité de salut public, à l'yard de quatre mille hommes, que te ministre voulait faire passer de cette armée dans 111e de Corse. Il était ainsi conçu :
« Quoique j'aie refusé les quatre mille hoinmes que le ministre me demande, par toutes les raisons que renferme ma
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lettre, je suis prêt à les accorder s'il me vient une seconde réquisition impérative, et si Ton veut les hasarder à tmverser les flottes ennemies pour se rendre en Corse.
« Le général en cher de l'armée d'Italie.
« BnUNET. 1»
Le gèniral en chef de l'armée d'Italie au cil<yyen Durand, commandant de la place de Nice.
■ Sospello, le 8 «oût I7S3, l'iQ II de la Républiqua
n Vous trouverez ci-joint, citoyen commandant, la loi des 15 et 19 juillet 1793 que je vous ordonne de stsuifier au citoyen Barras, représentant du peuple prés l'armée d'Italie, et au citoyen Fréron, membre de la Convention, qui se regarde comme adjoint à la Commission, et de Jenr remettre la lettre ci-jointe en en retirant un reçu.
« le joins ici également l'ordre pour les commandants des bataillons de l'Union et du 7™ duVar que vous leur enverrez; vous leur donnerez connaissance du décret des 15-19 juillet 1793', en leur eu remettant un extrait que vous trouverez ici; vous prendrez un reçu de l'un et de l'autre commandant, et
■ Le décret du 19 Juillet 1793 était tiai\ conta.
La Conrention nationale, aprèi avoir Galeodu le rapport de son ComilA de aalat public, décrète :
Art. 1. Il n'y aura que quatre reprèMUaiiti du peuple auprèa da chaque armée.
Art. S. Lei représootanla (eront renoarelé* régnlièremeut par moitié, toui lei mois.
Art. 3. Les représantante du peuple ue pourront déléguer aucune det fonetioiia qui leur août confiées.
Art. i. Le Comité da aalot public préienten demain l'état dei repréwntanla du peuple auprès des années. Ceux dei représentanls qui n'y •eront pas compris se rendront •uF-le.diamp dans le tein de la GooTeft- ' tioD nitionale.
Eu vertu de ce décret, la eommluîeu de l'irmie dltalie [ut composée des membret dont Brunet mettait lei nom* à l'ordre du jour de l'armée.
TOUS me rendrez compte de Texëcution ou de rinexécutioa dea présents ordres.
a Vous mettrez aussi à l'ordre de votre garnison que le citoyen Barras, représentant du peuple, se trouvant seul muni de pouvoirs, ne peut délibérer, d'après l'article 17delaloidu 30 avril 1793 qui dit que les représenunta n'agiront qu'au nombre de deux. La responsabilité étant toute sur moi, je défends qu'on exécute aucune réquisition de sa part qui ne soit signée de deux membres légitimement élus par la Convention pour l'armée d'Italie. Les quatre destinés pour la dite armée sont les citoyens Barras, Robespierre le jeune, Beauvaîs, (de Paris), et Pierre Bayle.
u Le général en chef de l'armée d'Italie,
Il BrDNET. Il
U général m chef de rarmée dUtaiie aux représentarOt du peuple pris la dilt armée.
• SMpello, le g Mùl 1793, rm II de U République
« Le citoyen Durand, citoyens représentants, commandant de la place de Nice, a ordre de Vous signifier le décret des 1&-19 juillet dernier. D'après l'article 3, vous n'avez plus d'autorité ; toute la responsabilité est sur ma tête, pour la cii^ constance.
H J'ai donné des ordres aux bataillons de l'Union et 7* du Var de retourner à Biot. Si vous vous y opposiex.ne pouvant délibérer et conséqnement vons rendre responsable, je vous déclare que je serai forcé de vous dénoncer comme rebelles aux lois des 30 avril, 15-19 juillet 1793.
« La liberté publique, l'armée d'Italie sont sur mon soin et fen réponds.
u Quanta la tranquillité de Nice, je chai^ le commandant, delà place de la maintenir, en employant tous les moyens de 4lî8d|dine ifu'il a en sOQ pouvoir, et de me rendre compte de
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NOTES. fiO)
tout ce qui se sera passé; pour que je fasse punir suivant la loi.
« Le généra) en chef de l'armée d'Italie,
« BnOHET. »
Ordn du 9 août 1793, Fan // de la République française, . une et indivisible.
« Aucun commandant ne recevra les réquisitions du citoyen représentant du peuple Paul Barras, qui ne peut délibérer seul d'après la toi du 30 avril 1793, portant, art. 17, que les représentants délibéreront au nombre de deux.
H Celle du 15 et 19 juillet dit, art. 3, qu'aucuQ' représentant ne pourra transmettre les pouvoirs qui lui sont délégués-, coDséquemment l'armée ne peut reconnaître le citoyen Fréron, que le représentant Barras s'est adjoint comme représentant près l'armée d'Italie. Ceux déterminés par le même décret pour la dite armée, et qui doivent être les seuls reconnus quand le nombre est compétent, sont : Paul Barras, Robespierre le jeune, Beauvais (de Paris], Pierre Bayte.
« On continuera toujours au citoyen Barras la garde d'honneur, et on lui fournira toutes les escortes qu'il demandera pour la sûreté de sa personne, et pour ceux qu'il serait dans le cas d'envoyer pour porter des dépêches.
a Cet ordre n'est que pour mettre ma responsabilité i l'abri, attendu que, par la circonstance, elle porte toute sur ma tête et qu'il serait trop dangereux dans ce cas de laisser agir d'après des réquisitions illégales.
'I Le général en chef de l'armée d'Italie, H Bruhet. »
Ai-rilé de suspension du général Brunel. « Les représentants du peuple près l'armée d'IUlie : (I Considérant que la position des départements des B6ucfaes-du-Rh6ne et du Var, einbrasés par le feu .de 'a
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cootre-révolution, et celle de l'armée d'Italie, menacée d'uoe disette prochaiDe, exigeât l'accélération des mesures les plus vastes et les plus vigoureuses;
d CoDsidéraut que le géuéral Bruuet, loin de prendre les moyens propres à faire cesser les malheurs .qui accablent ces départements et prévenir ceux qui menacent l'armée, ne cherche qu'aies entraver dans les opérations impérieusement commandées' par les circonstances;
« Considérant que l'article sur lequel se fonde ce général pour méconnaître leurs pouvoirs, après les avoir authentîquement reconnus, ne peut les annuler, puisque les circonstance:) dans lesquelles ils se trouvent n'y sont pas même prévues, ni les décharger de l'immense responsabilité qui pèse sur leurs têtes ;
u Considérant que la société populaire de Nice, dans le sein de laquelle se trouvent un grand nombre de volontaires, sousofBciera et officiers, leur a manifesté de la manière ta plus énergique que le général fininet avait perdu leur conGance, et que plusieurs bataillons ont, par des pétitions solennelles, énoncé la même opinion ;
<t Considérant enfin que le général Brunet a formellement désobéi à l'arrêté des représentants du peuple délégués prés les départements méridionaux, les citoyens Poultier et Rovëre, en date du 2 août, qui lui enjoint, sous peine de suspension et de poursuite à la Convention nationale, de faire marcher des forces sufBsantes sur Brignoles ; mesures autorisées par l'article 2 du décret du 2tt juin, qui leur ordonne de prendre toutes celles de sûreté générale et de salut public qu'exigeront les circonstances ;
(I Déclarent qu'ils conservent l'exercice de leurs pouvoirs, dont les représentants du peuple prés les armées sont investis, et qu'en conséquence ils suspendent le général Brunet de toutes Ses fonctions et lui ordonnent de se transporter sur-lechamp à Nice, d'où il partira dans les vingt-quatre heures, pour se rendre à la barre de la Convention nationale en passant par les Basses-Alpes.
u Requièrent le général de division Dumertiion de se concerter avec le général de brigade Labarre, pour aignlGer sur-le-
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champ au général Brunet le présent arrêté, pour qu'il ait à s'y conformer.
II Ordonnent en outre au général Dumerbion de prendre, sans délai, le commandement de l'armée d'Italie. lia l'autorisent à choisir un officier pour le remplacer dans le commandément du camp de Bruis : lui ordonnent également, ainsi qu'au général de brigade Labarre, et sur leur responsabilité individuelle, de faire apposer les scellés sur tous les papiers du général Brunet, ainsi que sur ceux de ses aides de camp, ses adjudants généraux et sur ceux du commissaire ordonnateur Leroux et du général de brigade chef de l'état-major; dont ils certiGeront, dans le jour, Si la date de la réception du présent ordre, et dont ils feront passer les copies ci-jointes aux généraux Dortoman et Serrurier.
« Nice, le 8 avril 1793, l'an II de la République française,
une et indivisible.
« Les représentants du peuple près l'armée d'Italie, u Paul Barras, Fhéhon, membre de la Convention nationale, adjoint à la commission. »
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