‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 22 sur 165 · RÉSI8TAKCE DES DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

RÉSI8TAKCE DES DÉPARTEMENTS

La COQSlitutioD fut sanctioDoëe par le vote à peu près unanime des assemblées primaires. Ce n'est pas qu'il falICtt de grandes lumières pour apercevoir les contradictions et les impossibilités qu'elle renfermait en foole ; mais partout on passa outre, parce qu'avant tout on tenait à en 6nir. Ou espérait que, la Constitution une fois adoptée, la Gonveation se retirerait d'ellemême, et que le pays serait appelé à décider -entre les partis qui la divisaient ; on se flattait que la seule apparition d'une nouvelle assemblée dissiperait 1^ haines, refoulerait les factieux, réduirait la Commune de Paris, et ramènerait une ère d'apaisement et de conciliation. Ceet là un genre d'illusion auquel la France est sujette. Mais les démagogues n'avaient nulle envie d'abdiquer; ils étaient résolus h marcher droit à leurs adversaires, à les étreindre sans trêve ni merci. Ils avaient pour devise ces mots que Voltaire met dans la bouche de Btahomet :

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Le glaive «l l'AIcoran, dans mes sanglaDtes mains, Imposeront silence au reste des humains*.

Durant tout le mois de juin, la Montagne use de prudence. Elle s'occupe exclusivement de fabriquer la Constitution et de rassembler des troupes. Tant qu'elle n'est pas prête, elle ne répond que par des décrets aux protestations des autorités départementales, ou se borne à leur eoTOyer sous main des émissaires porteurs de paroles de paix. Ellen'agitpas, elle menace. Au commencement de juillet, sa tactique change : elle donne à ses commissaires et à ses généraux l'ordre de réduire par la force les résistances qu'elle n'a pu dissoudre par la ruse.

Nous ne ferons point, par département et par ville, le relevé fastidieux de toutes les manifestations qui éclatèrent simultanément dans l'ouest et dans le midi de la France, à la nouvelle du coup d'État du 2 juin. Malgré l'énergie des protestations de la première heure, ces tentatives ne produisirent presque nulle part de résultats sérieux. Aux réclamations et aux regrets succéda rapidement, dans la plupart des localités, un acquiescement tacite aux volontés de la Montagne et les administrateurs girondins résignèrent peu à peu leurs fonctions, pour chercher dans la retraite un abri contre les- vengeances de leurs adversaires. Cette conduite pusillanime ne devait pas les sauver. Quelques mois plus tard, quand le règne de la démagogie fut définitivement établi, on 1^ traqua dans leurs cachettes. Beaucoup furent emprisonnés

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