‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 24 sur 165 · LIVRE XLlIl. tH · texte numérisé non relu

LIVRE XLlIl. tH

Boa inaction l'ealèvemeot des fusiJs '. Ce butin est porté à Lyon ea triomphe.

Il D'y avait plus à s'y méprendre, la guerre était déclarée, et des deux côtés on s'y prépara énergiquenieot. Le 3 juillet, la Convention invite ses commissaires près l'armée des Alpes à user contre les Lyonnais de toutes Itô mesures de coercition qu'ils Jugeront opportunes et utiles. Le 13, elle fléclare trattres à la pab-ie Birotteau et les administrateurs qui ont convoqué ou souOert le congrès départemental, qui ont assisté ou participé à ses délibérations. Elle enjoint au pouvoir exécutif de diriger au plus tôt sur la ville de Lyon une Torce armée suffisante pour rétablir l'ordre, de Taire traduire au Tribunal révolutionnaire de Paris les chefs de l'insuirection, et de répartir entre les patriotes indigents et <^primés le produit des biens des condamnés.

Ainsi, les con&scations étaient annoncées d'avance* les dépouilla des victimes étaient promises aux sansculoltes lyoïmais. La démagogie armait résolument les prolétaires contre ceux qui possédaient, et ne craignait pas de susciter, pour le service de sa cause, les plus détestables convoitises '.

1. Leslerp-Beauvais avait été désigné dès le 30 mai pour aller en miSBioQ à Saiat-Élieone ; mais il n'était parti de Paris qne le 5 juin, après avoir assisté à la cbute des Girondins et avoir signé la protestation rédigée par les députés de la Haulo-Vienne (tome TU, p. SôS). Pende temps après l'expédition des Lyonnais sur Saint-É tienne, il fut rappelé, traduit devant le Tribunal révolutionnaire, et condamné i mort le 31 octobre 1793. Nous donnons à la fin de ce volume ptudeors pièces relatives i cet épisode peu connu dD soulèvement de Lyon. /

a. Moniteur, n" 195 et 196.

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CepeadaDt Lyon organisait une vigoureuse résistance. Les anciennes rortiScations de la ville sont relevées ; les ciU>yens des départements voisins sont appelés à la défense commune; une députation de la commission populaire se rend à Semur pour offrir le commandement de la force départementale à un anden officier du régiment de Picardie gui avait quelque temps séjourné à Lyon, Perrin de Précy. Celui-ci accepte et, le 1/t juillet, il passe en revue les gardes nationales de la ville et des environs, réunies pour célébrer l'anniversaire de la fédération et renouveler leur serment de fidélité à la République. Enfin un tribunal est institué pour juger les vaincus du 29 mai. Ses premières poursuites sont dirigées contre Chalier, te chef du parti démagogique, et contre Riard, l'un des commandants de la force armée, qui avait embrassé le parti de la Commune *.

Cbalier comparait devant ses juges le 15 juillet, et le débat, qui dure vingtheures, se termine par un arrêt de mort. Le lendemain la tête du condamné tombait sur la place des Terreaux. Quelques jours plus tard, Riard était également condamné et exécuté.

En montant sur l'échafaud , Cbalier avait légué sa vengeance à la Montagne; ce legs ne fut que trop bien . accepté. Des milliers de victimes seront sacrifiées aux mânes de celui qui avait si longtemps précbé l'extermination de ses adversaires politiques et qui fut le premiffl frappé au nom de ses propres principes.

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