I. Monitmr, séuicei des 11 et 12 JoiUet
n,gti7cdT:G00glc
Marseille n'avait pas attendu le 2 juin pour se pro- Doucer contre les doctrines jacobines. Plus d'une fois ses délégués avaient paru à la barre de l'Assemblée afin d'inviter les représentants à s'afTranchir de la tyranuie des tribunes et à secouer le joug de la Commuoe de Paris. Tout récemment les Marseillais avaient expulsé de leurs murs deux membres de la Convention, Moyse Bayle et Boisset, protecteurs trop avoués du parti exalté. Aussi à la première nouvelle du coup d'État commis contre la majorité de la représentation nationale, les autorités constituées des Bouches-du-Fihône proilamentelles à l'euvi que, le jour où le pacte social et le droit des gens sont ouvertement violés, la résistance à l'oppression devient le plus saint des devoirs. Gomme à Lyon, on cheriie à concentrer l'action et à f^énéraliser la résistance. Une commission centrale nommée par les sections est investie, de tous les pouvoirs; le tribunal populaire, qu'un décret de la Ginvention avait cassé, est rétabli; tous les départements sont invités à diriger vers Bourges leurs bataillons de volontaires pour marcher de là sur Paris; le Pont- Saint-Esprit est désigné comme le point de concentration des gardes nationales de -la Provence et du Languedoc. Enfin, deux représentants qui se rendaient en Corse avec une mission de i'j^sseioblée, Bô et Anliboul
n,gti7cdT:G00glc
tu HISTOIRE DE LA TERBOUR.
' EODt arrêtés à leur passage et releaus prisonoters '. A cet audacieux défi la Conveotion répond par un décret, en date du 19 juin, qui déclare que les membres du préleudu tribunal populaire institué à Marseille sont autant d'assassins en état de rébellion, qu'ils sont mis hors la loi, et qu'il est du devoir des bons citoyens de leur courir sus. En même temps elle confie au général
4. Ces deui représentants âa peuple furent airAlëa sur la route d'Ail i. Toulon et conduils à Marseille, où ils restèrent prison oina jusqu'à la reprise de la viile par Carl«aus le 15 août. Ils subirent tour à tour [t4 et K juin), par-devant les commissaires des sections et ta présence d'une Toule immense d'auditeurs, un interrogatoire sur ce qui s'était passé à Paris le 31 mai et les jours suicants. Leurs réponses durent être bien dilTérenles : Bd était de la Montagne; Antiboul appartenait au parti modéré. Une copie de l'inlerrogatoire de ce dernier fut envoyée, après la soumissiou de Marseille, aux Comi* tés de sûreté générale et de salut public, qui, sur le vu de ces pièces, proposèrent le rappel d'AntibonldansIa séance du S7 septembre 1793. Jean-Bon-Saint-André alla plus loin : il demanda l'arrestation immédiate d'&ntjboul, qui avait dégradé, disait-il, sa qualité de représenlant du peuple en se soumettant à une procédure illégale et honteuse. Cette motion rut adoptée. Antiboul Tut expédié sous bonne escorte à Paris par ta municipalité jacobine réinstallée à Marseille. D n'eut pas le temps de languir en prison. Arrivé le 30 septembre, iJ fut compris dans le rapport d'Amar du 3 octobre, déféré au Tribunal révolutionnaire, condamné i mort le 30 octobre avec les autres Girondins et exécuté le 31. On trouvera à la fin de ce volume tes paitages les plus intéressants de l'interrogatoire fort long que firent subir à Aniiboul les autorités contre-révolutionDsiree de Marseille.
Nous n'avons pas pu retrouver l'interrogatoire de Si; mais, dani fln discours prononcé par lui ï la séance du 7 pluvidse an III, il donne quelques détails sot sa captivité, ffons croyons utile de le BOttre BOUS les yeux du lecteur. (Réimpression du Mûtnleur, t. XVII, p, 6S3.)
■ Je ne parlerai pas de la manière dont j'ai élé arrêté. Je l'ai
n,gti7cdT:G00glc
CarteaiutlecommaDdeinent des troupes dirigées contre l'iosurreclioD du Midi. L'Assemblée sentait qu'il n'y avait pas uoe miaute à perdre. Le plan des coDtrcrévolutionnaires était de marcher sur Paris par ud mouvement combiné avec celui des armées de Lyon, de Normandie, de Vendée, et il était évident que ie moindre succès remporté par eu\ serait le signal d'un soulèvement général dans toute la région du sud-est.
été sur la route de Toaloa et de I& od me conduisit à Marseille.
« La CoinmuDe me re^ut d'abord comme uq bomme â qui l'on o'a rien à reprocher; mais, lorsque je dis qaej'étais représentant du peuple, on me déclara qu'on ne reconnaissait plus la ropréseniaiion natioule. Je fus logé dans une chainbre de la Commune où j'étais plus mal que dans un cacbol; la municipalité viot me dire que le peuple de Harseille désirait avoir des reaseignements sur ce qui se passait i Paris. Je répondis que je ne dirais rien avant d'avoir vu mon collègue Antiboa). AnUboul fut entendu séparément, et le lendemain je paras non devant an tribunal criminel, mais devant les autorités con- »tituéeâ qu'accompagnait unpeuple immense. Lorsque je tombai malade, je demandai i aller à l'hôpitul avec mes frères ou qu'on me mtt dans un cachot pour me garantir des clialeurs de la saison. On ne se rendit point à mes demandes.
■ Quant à ccui qui m'ont outragé, je ne les connais pas. Je sais ceulement que ce turent des membres du Comité de suiveillance et quelques officiers municipaui.
( Lorsque la peur se mit à Marseille, l'armée de Carleaui en était encore h trois lieues, Le concierge vint me dire que je pouvais sortir; la sentinelle même me rendit ses armes. Cartcauz entra dans la ville Ters six heures du EOir. Je ne m'occupai plus que de fournir aux subsistances de l'armée, et déjà les principaux coupables, qu'on assura être des membres de l'Assemblée constituante et le président du Tribunal popubire, étaient évadés. J'ignore si on a jugé tous les coupables, mais ceux qui sont restfe à Harseille l'ont été. Quant à mot, Je demanderais que les Comités de salut public et de sûreté générale prissent des mesures pour concilier tous les partis et tout paciûer. ■
n,gti7cdT:G00glc
n« HISTOIRE DE LA. TERRBUB.
La lenteur des Marseillais ût tout échouer. Leur commaadaDt Rousselet, au lieu de faire immédiatement sa joDction avec les bataillons de la rive gauche du Rhône, â' arrête à Arles et y perd un temps précieux à dissoudre la faction montagnarde. Quand il se remet en marche, le département du Gard était déjà menacé par Carleaux, et bientôt la petite troupe apprend que les Ntmois ont évacué le Pont-Saint-Esprit sans résistance. Découragés par cette défettion inattendue, les Marseillais rétrogradent jusqu'à la Durance. Nous les retrouTavns à Avignon quand, ses derniers préparatifs achevés, le général Garleaax se dirigera sur Marseille. Mais di^i'a un grand résultat est obtenu : Lyon demeure isolé et ne peut plus compter sur les secours [UTomis par le Midi.
A Bordeaux, comme à Marseille, la révolution du 31 mai fut accueillie avec des transports d'indignation. Le 6 juin, dès la première nouvelle de l'altenlat commis contre ses plus illustres députés , le Conseil général envoie à la Convention une adresse menaçante. Les diverses autorités locales se réunissent sous le titre de Commission populaire de salut public du département de la Gironde, et se déclarent en permanence jusqu'à ce que, disait l'arrêté, « avec l'aide des agents du peuple des autres départements, la Convention nationale ait recouvré son entière liberté ». Des émissaires furent expédiés dans les pays environnanls et même jusqu'à Lyon et à Dijon ; mais tout se borna à de vains maniléstes et ïi des démonstrations stériles. Pas un bataillon, pas une compagnie, pas un soldat ne sortit
n,gti7cdT,-G00glc
des murs de Bordeaux pour se diriger sur Bourges^ où devaieot- convei^r tous les contingeotâ des provinces iusurgées. .Bien plus, les nouvelles autorités constituées protégèrent le départ de deux représeDtanLs du peuple, Ichon et Darligoyle, qui avaient été arcêtés à qudque distance de Bordeaux, et que la foule ameutée voulait retenir. Ces autorités écrivirent au Comité de salut public, à Paris, pour lui faire connaître cette preuve de magnanimité donnée par toute une ville, au moment où elle était elle-même outragée par l'iocarcératioD illégale de ses plus chers représentants. Cette lettre semblait indiquer un temps d'arrêt dans la résistance bordelaise; elle suggéra au Comité la pensée de tenter une démarche conciliatrice. Deux de ses membres, Mathieu et Treilhard, furent envoyés dans la Gironde; mais ces messagers de paix furent bientôt obligés de céder devant les manifestations populaires et se retirèrent à Périgueux.
Le Calvados avait depuis longtemps témoigné ses tendances girondines. Quelques jours avant le 31 mai , le Conseil général du département avait voté, d'accord avec les autorités de la ville et du district , la création d'une force armée pour maintenir la liberté des délibérations au sein de l'Assemblée et veiller à la sûreté individuelle des représentants.Neuf commissaires, pris dans le Conseil général des sections et des sociétés popu-
n,gti7cdT:G00glc
Ufl HISTOIRE DE LA TERRBDR.
laires, s'étaient rendus à Paris pour notifier cet arrêté It la ConTenlion; mais cette députation était tombée au tDilieu de la tourmeate qui emporta la Gironde et n'avait pu être admise à la barre' de l'Assemblée. Le 2 juin accompli , les délégués du Calvados comprirent qu'ils n'avaient plus rien à Faire h Paris, et qu'il ne leur restait qu'à rendre compte à leurs commettants de ce qu'ils avaient vu et entendu. En revenant à Gaen ils ^s'arrêtent h Évreux, où ils trouvent réunies les autorités du département de l'Eure. Le récit qu'ils font des événements dont ils ont été les témoins oculaires excite une indignation unanime; immédiatement le Conseil prend un arrêté qui Tait appel au concours armé de tous les autres départements pour déliver Paris de la tyrannie d'une TactioD usurpatrice, et qui fixe h. quatre mille hommes le contingent particulier de l'Eure.
Dès le retour de ses commissaires, le Calvados s'empresse de suivre cet exemple. Les corps administra tirs de toute sorte, unis aux sociétés populaires, déclarent ne plus reconnaître l'autorité de la Convention; ils ordonnent l'arrestation de deux représentants du peuple, Romme et Prieur (de la Côte-d'OrJ, alors en mission sur les côtes de la Manche, et nomment le général Félix Wlmpfea commandant en chef de la force armée à diriger sur Paris *.
1 . Le général Wimpri'n était oalir de Bayeax. II avait représenté la noblesse de celte viHoà l'Assernblée constituante el venait de se distinguer par la défeose de Thionvilie contre les Autrichiens el les . émigrés; il était arrivé depuis peu dans le Calvados pour commaDflfr rarnée dite des côtes de Cherbourg, docl la ConventioD avait
n,gti7cdT:G00glc