‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 26 sur 165 · LIVRE liLin · texte numérisé non relu

LIVRE liLin

En réponse à ces mesures, la CoDventioD décrète d'accusation Wimpfen , Buzot et Barbaroux , et enjoint

décrété la rormation, mais qni en réalité n'eiistail encore que sar la papier.

H chercha pendant quelque temps ï garder les apparences de la neutralité entra les réquisitiuna des BQlorilés du Calvados et les ÎDJoQCtions dn Comité de salut public ; mais il dut opter quand il se vit nundé à Paris en vertu d'une déHbi^ration que nous avons retrouvée rar les registres de ce Comité, et qui était ainsi congue :

Séance du 19 juin au toir.

■ Le Comité, considérant qu'il importe de prendre des renscignamenis sar l'éiat du pays dont les forces militaires sont confiées ai général WimpfeR, et que ces renseignements sont d'autant plus pressants que la situation politique do ce pays inspire des inquiétudes, arrête que le ministre de la guerre demeure chargé d'appeler i Paris le général Félii Wimpren pour conférer avec le Comité dl salut public. >

Wimpfen se garda bien d'obtempérer il cette invitation, ne prévoyant que trop le sort qui Tattendait. Il écrivit à Bouchotte la lettre ' rairante, qui était une véritable déclaration de gueire.

Filix Wimpfen, général en chef de l'armée des' cote» de Cherbourg, OH GHoyen Bouchotte, minittre de la guerre. ■ 33 Juin 17S3, » Caen.

< n est très-aisé de faire au nouveau tbéAtre de guerre; mais fl est encore plus aisé de maintenir la paix.

t Que le Comité de salut public fasse rapporter les décrets contro les administrateurs de divers déparlements, ainsi que les décrets qui ont provoqué l'insarreclion.

< Songez bien que le Calvados est fort de trois autres départements et de toute la ci-devant Bretagne dont le Comité central s'établit ï Caen pour le maintien- de la République une et indivisible.

* Yoyet le peuple en fermentation et les sages usant de tous les moyens pour le calmer.

< Voyez donc dans les départements ce que vous avez vu si sonnntàParis.

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tM HISTOIRE DE LA TEfiBEUR.

au ministre de la guerre d'aviser & ce qoe force reste à la loi*.

Mais ce n'était pas tout que d'avoir rendu le décr^;

> Mais si le Comité et la Convenlion persistent i voir à rébour, ils doivent s'attendre ï de grands malheurs; car il est dans la nature de se mettre sur la dejfensive, nâus orrEitsiTE, quand on se voit attaqué; et le général ne pourrait faire le voyage de Paris qu'accompagné de soixante-^Jlle hommes; l'exigei-vous de lui? < Le général PéLtx WiMprEN. ■

A celte lettre se trouvait joint un billet non signé, mais de l'écriture de Wiinpfen ; il ne contenait que ces mots :

• Pour Dieu, révoquez las décrets; envoyez ici un bomme qni ne soit pas abhorré. Restez tranquille et laissez-moi iâire. ■

Le Moniteur, n* ISO, et après lui YHittoire parlementaire, tome XXVHI, p. SOS, donnent celte lettre presque in exlento. Cependant leur version présente quelques variantes avec le texie original que nous avons retrouvé.

4. Les-autorités du Calvados adressèrent i la Convention l'andaeieus accusé de réception que l'on va lire ;

Le suppléant du procureur général tyndic au départemet^ du Calvadot, au minittre de la justice.

I L'assemblée générale du Calvados, dans le aeia de laquelle vos deux paquets m'ont été remis, et qui m'a ordonné d'en faire l'ouverture an l'absence du procureur général, me charge de vous répondre que les personnes de Félix Wimpren, de Cbarles Barbaroux et de tous les bons citoyens qui ont été frappés d'accusation par une mioorité factieuse qui ose se dire la Convention nationale, aeront toqjoiire tons la protection de la très-grande majorité des citoyens français codtrc l'oppression des scélérats qui veulent maîtriser la France et dont le despotisme estii sa dernière heure.

■ r. Hamoh. »

il s'agissait de l'exéculer. Or le ministre de la guerre avait informé le Comité de salut public qu'il n'avait en ce moment aucun corps disponible à euvoyer contre les insurgés normands. Il Tallut donc louvoyer. Le Comité autorise de son chef le ministre de la guerre à suspendre l'exécution des ordres de la Convention * ; mais sous

1 . Cest co que prouvent les deux arrêtés suivants qaa uotia avons retroavés sur les registres du Comité de salut public. iSèance du U juin il93.)

t. Lecture faite du décret de la Convention nationale de M jour, portant que le Conseil ezécotif prendra sar-Ie-cbamp toutes les mesures aëc«ssaires pour que force demeure à la loi dans la commune d'Évreui, département de l'Eure.

c Le Conseil arrâte qud* le ministre de l'intérieur et celui de la guerre se concerteront avec le Comité de salut public pour l'eiécutiOD dudit décret.

■ Le Conseil, délibérant sur les mesures ï prendre pour t'exécutîOQ dudit décret, s arrêté d'en référer au Comité de salut public.

> Bt te Conseil s'étant sor-le-cbamp rendu au Comité, la discussion s'est ouTerte sur tes moyens de poqrvoir à l'exécution dudit décret.

■ Après unemdre délibération, le Comité de salntpublic et le Conseil exécutif provisoire réunis, considérant les motifs et les faits expiv ses par un membre du Comité, et convaincu que des mesures rigon-~ reuses, prisée trop précjpitammeat en vertu dudit décret, auraient in&iiliblement des suites très- fâcheuses que la prudence prescrit d'éviter et que l'emploi des voies de rigueur, loin de ramener les esprits égarés, ne paraît propre qu'à &ire écluter de plus grandes divisions, et qu'il serait imprudent de compromettre par des mesures précipitées le salut de !a République;

■ Considérant que la simple ootiflcation du décret de la Convention nationale pourra suffire pour ramener b la loi la commune d'& vreux qui n'a été é|arée que par las faux rapports et les suggraUoM perfides des ennemis du bien public;

( Arrêtent que,préatablemeut à l'exécution dudécret de la CoavvBr-

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li! HISTOIRE DE LA TERREUR.

main il presse le recrutemeot des bataillons que Paris ^ les départements voisins étaient appelés à Fournir.

Le Conseil général de la Commune, qui était de moitié dans ce jeu, coororme son langage à celui du Comité. D'après son arrêté du 1" juillet, les dix-huit cents hommes qui allaient être dirigés sur la Normandie n'étaient destinés qu'a y ramener le calme, qu'à y faire respecter la loi et les autorités constituées; ils devaient Fraternisor avec les bons citoyens, imposer aux malveillants, protéger la circulation commerciale et les convois de subsistances. En dépit de ces Fallacieuses déclarattons, le peuple de Paris ne s'empressait guère de répondre

tioD nationale, eo c« qai concerne la commune iTÉvreui, le mînislra do l'inlériear et celui de la guerre en adresseront une expédition en forme ii ladite commune;

0 Arrêtent, en outre, qu'il sera donné connaissance du présent arr£:é à la Convention nationale, s (Séance du 30 il93.)

•< La discussion s'étant ouverte sur les mesuras à prendre relativement à la ville d'Évreui;

> Le Comité en meinlenant lee arrêtés qui ont pour objet la levée de deux bataillons k Paris et d'un trobiéme dans le déparlement de Seiod-et-Oise;

« Considérant qu'il importe de foire passer momenlanément k Ëvreui nne force qui n'y soit pas annoncée comme permanente, afin d'éviter tous sujets d'alarme et de guerre civile;

• Arrête qu'après la levée et composition deâdits balaillona, le ministre de la guerre leur donnera nne destination pour l'on des dépjrlementa de la ci-devant Bretagne, el il l'époque où ils se trouveront rendus b Ëvreux, leur transmettra l'ordre d'y g^oumer pendant quelque temps et jusqu'à ce qu'il soit jugé convenable de leur faire suivre leur destination;

■ Et sera le présent arrêté mis au carton des pièces secrètes, après en avoir transmis une eipéditiou au ministre de la guerre. >

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à l'appel de la Commune et du Comité *. Le 5 juillet, Béai, subâtilut de Chaumette , gourmandait publiquement riosouciance de ses œncitoyeos, si leuts à s'émouvoir « lorsque les brigands, — ■ c'est ainsi qu'il qualifiait lesinsurgés normands, — marcbaienten armessurParis». ' Ud autre officier municipal allant plus loin demanda que le Conseil général, pour donner l'exemple, partit le Tusil en main , le sac sur le dos et l'éctiarpe au cou. La proposition fut applaudie, mais non adoptée*. Entin Paehe lui-même dut s'en mêler et écrire coup sur coup aux sections, deux lettres où il les adjurait de satisraire sans retard aux réquisitions qu'il leur avait adressées au nom du salut public *.

4 . Plusieurs sections parisieones avaient môme été jusqu'à envoyer ï Ëvreui des commissaires pour jurer rraternilé aux citoyens de l'Eure et les assurer qu'elles ne parti ci p ers ient point !i la levée des bataillons destinés à marcher contre eux. La section de Molière et La Fontaine, celle delà Fraternilâ, avaient pris l'iniliativede cette déloarciie. L'ambassadeur avait été Mouchet, peintre- architecte, devenu jnge de paii par l'élection populaire, le môme qni avait joué, au 10 juin (voir tome 1, p. 164, 171 et suivantes), un rôle si actif et si iinprudent. Â son retour d'Évreui, Mouchet Tut arrêté par ordre de la Commune {Sfonileur, n°* 196 et 109], et iraduit quelque temps après au Tritiunal révolutionnaire. Il y comptait sans douie quelques anciens amis, voire même quelques complices; en tout cas, la paciS- , cation de la No ma ndie aidant, il fut acquitlé. Il est probable qu'on ini enjoignit seulement d'Atre plus circonspect ï l'avenir. Il se le tint pour dit, car nous ne le voyons plus reparaître dans aucun épisode de rbistoira révolutionnaire. (Voiraui Pièces jiati ficalioet ]a note cOO' •Krée i cet incident très-peu connu de l'insurrection normande-)

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