‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 35 sur 165 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

diaaire que le reste. L'armée ne mantiuail pas dechefe d'uD grand courage et d'un grand laleot. Les uns étaient doués des plus belles qualités du cœur et du caracLère, comme Lescure et Bonchamp; les.autres, des dons extérieurs les plus brillants, comme La Rocbejacquelein. Certains s'étaient élevés de la condition la plus humble au premier rang, comme Stofllet, gardechasse du comte de Maulevrier; comme Cathelioeau, colporteur et voiturier au Pin-en-Mauge. Au lieu de s'adresser aux plus nobles, c'est parmi ces derniers que le Conseil, sur ta proposition de Lescure, alla chercher le cher suprême. Cathelïneau Tut aoaimé, et tout le monde applaudit au choix de celui qui, par son éloquence naturelle, avait provoqué les premiers rassemblements et qui avait mérité, par son ardente piété, le titre glorieux de Saint de l'Anjou. Ce fut une aominattoQ [>olitique, ont écrit quelques historiens; c'était une nomination forcée, diroos-nous à notre tour, dans un pays où, pour défendre leur Toi, les paysans avaient pris l'initiative de la résistance, et dans une année où régnait une vraie et saine égalité.

La prise de Saumur marque l'apogée de la Ibrliine des armes vendéennes. Jamais l'entente entre les chefs n'avait été plus complète et, du Bas-Pottou où jusqu'alors il avait opéré seul, Charette demandait àentrer dans l'action générale. I>e premier résultat de cette union fut une expédition sur Nantes, grande mais dangereuse entreprise, dont le but était d'ouvrir la mer aux royalistes.

La situation de cette ville était critique : à l'in-

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ni HISTOIRE DE LA TERREUR.

teneur, Nantes reproduisait l'image de rÂssemblée ; les girondins y représeatatent le mérite et le nombre, les montagnards la violence et l'audace. Au dehors, les Nantais ne cessaient pas de réclamer des secours; mais ils n'avaient plus l'oreille de la Convention épurée, et celle-ci ne voulut pas s'intéresser au sortd'une cité dont les autorités, le maire Baco et le représentant Coustard, tenaient toujours pour cette Gironde encore mal abattue. Le danger commun rapprocha les partis, et Nantes résolut de se sauver elle-même.

Cathehoeau disposait à peine de 10,000 bomme$. Les Vendéens comprenaient mal l'importance de celte expédition lointaine, et beaucoup d'entre eux s'étaient débandés sur la route. Seuls les soldats de Charelte, désireux d,e prendre leur revanche des expéditions dirigées de Nantes contre le Bas-Poitou, étaient remplis d'ardeur. Les chances se trouvaient donc égales entre les assaillants, soutenus par leurs précédents succès, et les habitants combattant pour leurs Toyers.

La lutte s'engagea, le 29 juin, avant l'aurore. Catbelineau menaçait Nantes, du côté de la terre ferme, par les trois routes de Paris, de Rennes et de Vannes, tandis que Charetle s'avançait par la rive gauche de la Loire. Un moment la ville sembla perdue : Catbelineau se glissant, avec qudques hommes déterminés, au travers des ruelles et des jardins, était parvenu jusqu'à la place Viarmes. Là il s'arrête; et, croyant la victoire assurée, il s'agenouille pour prier, son chapelet à la main. Au niéme instant, un coup de feu part de la lucarne d'un grenier et l'élend à terre mortellement blessé. Il ne fallait plus

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