LIVRE XLV
vision des Sables, dont le commandemeDl venait d'être donné au général Mieskowski.
Jamais la cause vendéenne n'avait brillé d'un si vif éclat. 11 ne fallait plus songer à rester dans un pays exalté par cinq victoires en six jours, et Canclaux se replia sur Nanles.
Comme l'on devait s'y attendre, chacun se renvoya la responsabilité de cesdésastres. Deux hommes surtout tonnaient l'un contre l'autre et s'accusaient réciproquement de trahison. G'étaientledantonislePhilippeaux, en qui s'incarnait la représentation de Nantes, et le général ministre Ronsin, qui personniOait plus spécialement l'armée des cdfes de La Rochelle. En réalité, personne n'avait trahi ; mais l'incapacité de Rossignol, la haine de Ronsin contre les militaires et la dilTicuité de concerter des mouvements précis entre des soldats improvisés et des troupes régulières avaient tout compromis.
Le Comité de salut public, ne sachant auquel croire, se tira d'embarras en frappant à droite et à gauche sur les généraux. D'un côté, il suspend Canclaux et rappelle Aubert Dubayet : de l'autre, il conUe à Ronsin le commandement de l'armée révolutionnaire récemment oi^nisée à Paris, et charge Rossignol de la direction de l'armée des côtes de Brest diminuée des divisions de la Loire. Le surplus des forces républicaines en Vendée reçoit pour chef, avec le titre d'armée de l'Ouest, un ancien maître d'armes de Saintes, nommé Léchelle, jacobin exalté, aussi poltron qu'incapable, qu'on ne vit jamais au feu et qui savait à peine signer son nom.
Cependant, après quelques jours de repos, Canclaux
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avait quitté Nantes et repris la campagne. Comme la première fois, soa objectif était Mortagne, et il avait besoin, pour l'atteindre, du secours des divisions de Chalboset de Mieskowski. Le plan des opérations, communiqué à Saumur le 26 septembre, avait reçu l'appro- ' balion des représentants Choudieu et Richard, quand un conseil de guerre, tenu par cesdemiers le 2 octobre, prescrivit à Chaibos de rétrograder sur Bressuire, et à Mieskowski de rester dans ses positions, pour défendre éventuellement Luçon. L'armée de Nantes restait encore une fois seule ; mais il était trop tard pour reculer, et Canclaux. continua résolument le mouvement commencé. Les Vendéens de leur côté marchaient à sa reocoDtre. Un premier combat s'engage, le 6 octobre, à la hauteur du village des Treîze-Septiers, près de Saînt- Symphorien. Kléber, à l'avant-garde comme toujours, brûlait du désir de prendre sa revanche. Dès le début de l'action, il fait charger 'a la baïonnette, et la lutte devient bientôt si i^errée qu'il est impossible de part et d'autre de se servir de rarlillerie. A la fm, les royalistes sont obligés de plier, et quelques coups de canon, tirés à toute volée, achèvent leur déroule. L'échec de Torfou était réparé et la route de Mortagne se trouvait libre ; mais Canclaux n'eut pas le temps de proliter de sa victoire. La nouvelle de sa destitution venait d'arriver et, le soir même, il quitlaitl'arméeencompagnied'Aubert Dubayet- « Le sot et l'intrigant triomphent, écrivit à cette occasion Merlin (de Thionville) et, en attendant qu'on vienne prendre le commandement, j'ai tout réorganisé de manière qu'on ne sent plus le vide. » Jl avait
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