LIVRE XLV. Î
l'armée révolutionnaire réunie à La Réole, véritable ramassis de sans-culotles et de paysans prêts à tous les excès. Précédés par elle, les représentants entrèrent à Bordeaux comme en pays conquis, le 16 octobre, jour néfaste, marqué à Paris par l'exécution de la Reine. Dès le lendemain, on lisait avec stupeur, sur tous les murs de la ville, le programme du nouveau règne : l'arrestation des suspects, la création d'un tribunal extraordinaire et la contribution forcée sur les ricbes. Il n'était plus question des subsistances. Les délégués de la Convention avaient promis l'impartialité et l'abondance ; ils apportaient l'échafaud et laissèrent la famine.
de la coDdniia des représentants, poite la dale du ii du premier moU [13 octobre 4793], et est aiosi conçue :
• Nous vous adressons, citoyens collàgues, le décret qu'a raolivé la reddition de Lyon. C'est ao exemple doDoé à toutes les villes rebelles et fédéralistes, qui doit devenir dans vos maina t'arme Is plus puissaole pour faire rentrer Bordeaux dans le devoir. Surtout que la faute commise par les représentants du peuple, qui ont conduit si lentement le siège de Lyon, ne devienne pas commune avec vous. Nous vous avouons avec francbiae que nous trouvons que vous apportez beaucoup trop de retards dans vos mesures contre Bordeaux. Le moment est venu d'agir au lieu de délibérer éternel le ment. Vous avez des forces à vo^ disposition, un général digne de votre confiance. Cne entrée prompte, il la tète d'une armée imposante, dans une ville plus qu'équivoque, est le seul moyen de l'assurer à Id République et de prévenirles dangers d'un siàge toujours à craindre, tant que voua ns serez pas dans les murs de Bordeaux. Que votre première opéralioQ soit UD désacmement général et l'épurement complet de toutes les autorités constituées. Faites proclamer le décret relatif à Lyon ; faites en un mot tout ce que l'énergie, le zèle et l'amour de la liberté doit {lie) inspirer à des républicains comme vous. ■ Salut et fraternité.
a COLLOT n'HuanOIS, BlLLAUD-VARENNeS. >
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Les Marseillais n'araleot pas tardé à se remettre de leur émoi *. Ils avaient repassé la Durance et étaient rentrés dans Avignon décidés à attendre, à l'abri de ses remparts, le cboc des troupes de la Convention. Car* teaux arriva devant la ville le 27 Juillet. Il ne se doutait guère que sa petite troupe comptait par hasard dans ses rangs le plus grand génie militaire du siècle, un jeune ofBcier d'artillerie, que ie soulèvement du Midi empêchait de rejoindre son poste à l'armée d'Italie.
Les assiégés avaient négligé d'occuper une émioence qui domine .\vignon ; c'est sur ce point que se porte l'atlenlion du capitaine Bonaparte. Pendant que les troupes républicaines, reçues par un feu de muusqueterîe des plus vifs, se brisent contre les énormes remparts de la vieille cité papale, il installe deux pièces de quatre, de l'autre côté du Rhône, afin de battis la plate-forme oîi les Marseillaisontréunlleurs canons. Pointantlui-méme, le futur empereur du premier coup démonte une pièce et du second ahat un servant. Il n'en faut pas davantage pour jeter le désordre parmi les survivants. A l'aspect de ces fuyards, la panique gagne le gros de l'armée et jusqu'au conseil de direction qui, depuis la démission de Rousselet, exerçait le commandement. Au même moment arrivait de Marseille un courrier porteur d'instructions générales dans lesquelles