‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 62 sur 165 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

ville et, sous prétexte de la défendre, se réusissenl au nombre de quatre ou cinq cents dans l'église des Prêcheurs avec deux pièces de canoo. 11 était Tacile de les en déloger, mais le premier jour on se contenta de les cerner. Le lendemain, la résistance continuant, le Comité de sûreté générale donna l'ordre de bombarder l'église. La chute de quelques pierres suffît à mettre les jacobins en fuite; cependant ils réussissent à sortir de la ville et leur bataillon va porter k l'armée républicaine no nouvel élément de fureur et de vengeance.

Les sections étaient une fois encore maîtresses de la situation; mais cette guerre des rues et ces deux jours d'émotions avaient épuisé ce qui restait d'énergie. De la ville, le découragement avait gagné le camp de Septèmes, où les soldats de Villeneuve se demandaient h quoi bon défendre une cité qui se déchirait elle-même en face de l'ennemi, et que les révolutionnaires du dedans menaçaient autant que ceux du dehors. Aussi,quand tes Iroupesde la Convention paraissent en vue de Marseille, la garde nationale refuse-t-elle de marcher. De leur côté, tescanonniersde l'armée départementale, craignant d'être écrasés entre deux feux, prennent la fuite en précipitant leurs pièces des hauteurs qu'elles défendent. Les soldats de ligne, envoyés de Toulon, achèvent de mettre le comble à la terreur générale eu passant, tambours en tète, h. l'armée de Carteaux. La résistance de Marseille était vaincue et Villeneuve se dirige désespéré vers Toulon, avec quelques débris ralliés à grand'peine.

Carteaux ne pouvait pas croire à son succès, et l'armée victorieuse ne fit son entrée que le lendemain, à

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neuf heures du malin, ayant à sa tète les représentants Albitte, Escudier, Gasparin, Nioche et Salicetti. Les sectionnaires chassés le S5 ouvraient la marche; les jacobins restés dans la ville se joignirent à eux, et tous défilèrent en commun, « Nous avons été reçus au milieu des plus vives acclamations, écrivaient les commissaires delà Convention... Il est midi. Nous embrassons nos collègues Bô et Anliboul qui ont couru les plus grands dangers *. Le peuple marseillais reconnaît dans les prétendus brigands les meilleures gens du monde', n

Ce qui était vrai, c'est que la terreur régnait dans Marseille et, en l'organisant, les représentants ne firent que la rendre plus complète. Leur premier soin avait été de rappeler l'ancienne municipalité, de rétablir la Société populaire, d'ouvrir les prisons et d'ordonner un désarmement général, en annonçant d'avance qu'on rendrait les armes aux bons citoyens. Deux décrets de ta Convention avaient mis hors la loi et puni de la coufiscatton de leurs biens les membres du Comité général des sections, les juges du tribunal populaire et tous ceux qui avaient conspiré contre la sûreté de la République. Pour en assurer l'application immédiate, Albitte, Gas-

i . Celle accolade fraternelle n'eul pas plus d'effet que le cÀMbn baiser LaraoureUe. Antiboul, accusé de faiblesse par ses collëgoes, fut déféré au tribunal révolutionnaire de Paris, et condamné â mort le 9 brumaire an II.

On Ifouvera aus Piicet juitificalives le curieux inlorrogatoire que lui firent subir les autorités girondines de Marseille.

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