‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 68 sur 165 · VIII · texte numérisé non relu

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versé par la Saône, Lyon est cotnmanâé de trois calés par les collines qui l'environnent. Agnel de Chenelette, négligeant quelques restes de Tortifications commence sous François I", augmentées sous Louis XIII, abandonnées depuis plus d'un siècle, avait multiplié sur les hauteurs les ouvrages avancés et établi, aux abords de la place, des redoutes que protégeaient de pn^oodes tranchées. Lyon se trouvait ainsi à l'abri d'un coup de main, sans être pour cela pIusfcHiiné que Mayencepar l'art et la nature, comme Dubois-Crancé devait le dire quelques mois plus tard aux Jacobins.

Fendant que les travailleurs aflluaient aux retranchements, les fonderies destinées à fournir les canoDS entraient en activité et ta Commission populaire votait une contribution de trois millions. Elle fut répartie et payée en quelques jours par les personnes dont le reveDU dépassait trois mille livres. Des dons volontaires vinreoL encore grossir cet emprunt, et ces sommes réunies avaient permis d'équiper 9,000 hommes d'înfanlerie, unecompagniedecanonniers, une centaine de cavaliers et un corps de tirailleurs, pour le service des avantpostes. C'était peu, sans doute, pour la défense d'une aussi vaste enceinte ; mais les habitants soutenaieot les soldais, t'âmc du peuple animait les combattants el l'on comptait sur le concours des villes voisines, de Moolbrison surtout el de Saint-Étienne. D'ailleurs tes forces républicaines n'étaient pas plus considérables.

Le Comité de salut public avait confié aux représenlants Gauthier et Dubois-Crancé, en mission près l'armée des Alpes, te soin de ré(sJ)lir l'ordre dans t>

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LITRE XLV. m

ville de Lyon >. Pour se procurer les soldats qui leur manquaieut, ils oe trouvèrent pas d'autre moyen que de demander à Kellermann un détachement de quelques milliers d'hommes. C'était dégarnir la frontière d'Italie en face de l'ennemi, et le général exigea, pour dégager sa responsabilité, un décret formel de la Coarenlion *. A ce noyau de troupes régulières, Dubois-Grancé et Gauthier ajoutèrent, suivant l'usage révolutionnaire, un contingent de 9 à 10,000 hommes de réquisition, cohue de pillards, sans ombre de discipline et bonne tout au plus à former des lignes d'investissement. Le siège, en réalité, s'ouvrit avec douze bataillons de &00 hommes dont la majorité n'avait pas vu le feu, cinq escadrons de cavalerie, une centaine de canonniers et douze bouches à feu approvisionnées pour 2,000 coups à peine *.

Avec d'aussi faibles ressources, il était impossible de combiner un véritable plan d'attaque. On pouvait seulement tenter un coup de force ou préparer une surprise, et, en cas d'échec, il fallait se résigner à attendre des renforts et à convertir le siège en blocus, sauf k bombarder la ville comme argument suprême. Surtout il était urgent de barrer la route à l'armée sarde, sî elle tentait un mouvement pour secourir les assiégés. Cette dernière considération détermina Kellermann, qui avait suivi ie détachement de ses troupes, et lui fit préférer comme point d'attaque le plateau de Montessuy aux hauteurs de Fourvières.

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