‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 7 sur 165 · LIVRE XLI. S · texte numérisé non relu

LIVRE XLI. S

bres de l'Assemblée, et sur le reste, passez à l'ordre du jour. »

Fonfpède se préparait à répondre à Robespierre; mais, voyant Barère se diriger vers la tribune, il déclare qu'il. lui cède la parole, « car sans doute, dit-il, le rapporteur veut repousser les critiques amères que le préopinant vient de formuler. »

L'embarras de Barère était grand. Il voyait qu'il s'était fourvoyé; il sentait qu'il ne serait pas soutenu par ses collègues du Comité dont, pour sa sûreté personnelle, il s'était fait fort mal à propos le bouc émissaire. 11 essaye donc d'opérer une retraite prudente, tout en ayant l'air de maintenir une partie de ses propositions primitives.

« Si le Comité, dit-il, avait pensé que son projet fût aussi défavorablement accueilli, il vous aurait présenté des mesures d'une tout autre énergie; mais il a dû s'accommoder aux circonstances, considérer l'état ou vous êtes et celui où vous devez être. Des deux, côtés de l'Assemblée on semble rejeter l'idée des otages; qu'il n'en soit plus question. C'est à l'histoire et h la postérité de ta juger. Néanmoins, il doit nous paraître extraordinaire qu'une motion applaudie naguère, lorsqu'elle fut faite à cette barre par les autorités constituées de Paris, n'obtienne plus la même faveur alors qu'elle est reproduite par un de vos comités.

n Sur les mesures à prendre contre les étrangers, tout le monde est d'accord. H y a deux mois, vous avra établi des comités pour les surveiller; mais, par malveillance ou plutôt par excès de zèle, ces contités, revê-

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tus de pouvoirs illimités, OQt effrayé tes citoyens, ordonné uo grand nombre d'incarcérations, imposé des taxes arbitraires, et commis même quelques exactions. It faut conserver les comités qui contiennent l'aristocratie et le modérantisme, et casser les autres.

« La réquisition de la force publique doit aussi vous appartenir, car il faut que vous ayez les moyens de garantir votre autorité de toute atteinte.

<i Un autre article important du projet est celui qui tend à faire nommer légalement par les sections le commandant de la force armée à Paris : c'est ce que vous avez déjà décrété le 24 mai.

a Enfin TOUS devez rétablir la libre circulation des correspondances. Voici une lettre des administrateurs des postes qui m'annonce que le Comité central révolutionnaire, non content d'avoir fait suspendre l'envoi des journaux, fait encore inspecter toutes les lettres par une commission particulière. Votre Comité vous propose de réprimer ce qu'il peut y avoir d'abusif dans ces procédés arbitraires. C'est à vous de juger. »

Léonard Bourdon demande que ie projet, sauf l'article relatif aux étrangers, soit renvoyé au Comité de salut public, pour qu'il présente de nouvelles mesures mieux appropriées aux circonstances.

Doulcet proteste hautement :

« Expulsez, dit-il, les étrangers qui vous nuisent, mais rendez à la pensée son libre cours. C'est une chose bien déplorable, qu'à force de parcourir le cercle des erreurs tyranniques, le peuple soit obligé de revenir aux cahiers qu'il confia, en 1789, h. ses premiers manda-

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