LIVRE XLV. S
avait prévenu CouthoD ^, et ce dernier, sûr de n'être pas désavoué, D'attendit pas l'avis officiel de larévocatioDde ses collègues pour concentrer tous les pouvoirs entre ses mains.
Dès le 7, il adresse aux assiégés une sommation pour leur notifier su nouvelle autorité et leur accordei- UD dernier sursis. Depuis soixante-deux jours que durait le siège, l'arlillerie républicaine n'avait pas lancé moins de 27,691 bombes, 11,67A boulets, /i,6ùl obus et 5,577 boites de mitraille ; Lyon avait vu cette pluie de feu consumer ses plus beaux édifices. Ses défenseurs étaient réduits au nombre de 3,00U à peine et, depuis le 1" octobre, les combattants recevaient seuls quelques ODces de pain d'avoine.
Tant de souffrances vaillamment supportées allaient être inutiles. Les troupes de la Convention occupaient les hauteurs etune partie des faubourgs. Aucune illusion n'était plus possible sur l'issue de la lutte. Les assiégés essayèrent néanmoins de négocier; mais la Convention ne voulait pas de conditions et, le 8 au soir, Couthon, après avoir repoussé les propositions que lui apportait une députatioQ des trente-deux sections, donna l'ordre d'entrer dans la ville.
Pendant ce temps, Précy préparait une sortie nocturne. Il voulait essayer de remonter la Saône jusqu'à Trévoux, pour de là gagner le plateau de la Bresse et pénétrer en Suisse par le Jura. Quelque incertain que fût le succès, c'était la seule chance de salut qui restât,