Xonileur du 11 octot>re
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«t les plus compromis parmi ceux qu'attendaient les rigueurs de la Convention prirent place au milieu des soldats avec leurs femmes et leurs enraots. Leur présence compliquait singulièrement la retraite, maisPrécy ne veut laisser personne derrière lui. Il divise cette foule confuse en deux colonoes : à l'airière, il place Virieu avec le trésor de l'armée et, prenant lui-ménie le commandement de l'avant-garde, il donne le signal du départ le 9 octobre, à six heures du matin.
La nécessité avait tracé d'avance la route à suivre, et les Lyonnais se dirigent en silence vers le faubourg de Vaize. Les assiégeants veillaient de leur côté et avaient pris, leurs précautions pour qu'aucun des défenseurs de Lyon ne pût échapper. De forts détachements occupaient tous les passages avec de la cavalerie et du canon, et de nombreux espions informaient les représentants des moindres mouvements des Lyonnais. Ceux-ci apparaissent enfin et s'engagent dans le chemin creux, de Sainl- Cyr. Ils se croyaient sauvés, quand une effroyable décharge éclate tout à coup. C'était le feu de cioq batteries républicaines qui leur barraient le passage.
La colonne commandée par Précy, l'arrière-garde auK ordres de Virieu, sont successivement écrasées. Les survivants se dispersent dans toutes lesdireclions; mais oii trouver un refuge? Les paysans, dont on a excité d'avance les plus basses convoitises, sont en embuscade sur les routes, derrière les murs ou derrière les haies. Partout le tocsin sonne. Dans les champs comme dans les villages, on traque les fugitifs, on les poursuit jusquf'dans les bois, on les tue et on les pille. C'est
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une vraie chasse à l'arislocrate. Pour ces réquisiiionnaires, venus des monts de l'Auvergne ou des plaines de la Bresse et du Beaujolais, s'enrichir des dépouilles de leurs victimes, c'était bien mériter de la patrie. Quelques-uns pourtant parvinrent à échapper aux fureurs de ces bêtes Tauves. Précy fut de ce nombre. Quantàceux de ses malheureux compagnons qu'épargna un reste de pitié, ils furent jetés sur des charrettes, pieds et poings hés, et conduits à Lyon, où le tribunal militaire se chargea d'en faire justice.
Le triomphe de la CoDvention était completet, le 9 octobre, à neuf heures du matin, les troupes républicaines eDtrèreat dans Lyon par le faubourg Saint-Just. Pendant qu'elles défilaient, un morue silence régnait dans les rues. Vaiaement les soldats, émus de compassion, oETraieut comme des sauveurs leur propre pain ; chacun ne voyait en eux que des messagers de mort, et l'on eîït dit que la grande cité, vaincue mais non découragée, se recueillait devant l'image des nouvelles horreurs qui allaient l'ensanglanter.
Instruite à la fois de la prise de Lyon et de la sortie de Précy, ta Convention ressentit plus d'inquiétude que de satisfaction. « Depuis longtemps, s'écrie Bourdon (de l'Oise) , vos commissaires vous ont écrit que Lyon était c^né. On vous apprend aujourd'hui que Lyon est pris, mais que tous les hommes armés en sont partis. Ils voDt aller faire une Vendée dans la Lozère. Il vaudrait mieux que Lyon ne fût pas pris. »
u On s'est amusé trop longtemps à parlementer, ajoute Albitte. Je déclare qu'il y a ici une faute, je dis
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plus, UD crime. Le Comité de ealut public a é\é ioslrnit de mon opinion sur Lyon. Je demande que ceux qui ont dirigé le siège viennenl rendre compte de leurs opérations, car il y a ioeplieou trahison. »
« Il y a huit jours, reprend Osselin, que Dubois- Crancé et Gauthier sont rappelés. Ils ont reçu le décret el ne s'y sont pas confonnés. »
a Le décret a été rendu le 6, réplique Clausel, et ils ne pouvaient pas le connaître le 8. »
Le Comité de salut public se bâte d'envoyer Barère pour fournir les explications qu'on réclame. « Le Comité, dit-il, n'est pas au-dessous de ce que vousdeviezattendre de lui. Je vaJsvouslire sa correspondaDce. II en résulte que, depuis le S& septembre, il n'a pas cessé de presser les représentants de réduire Lyon par la force et d'y entrer la torche à la main, plutôt que de traîner le siège jusqu'à l'hiver. Il vient encore de leur ordonner de faire sonner le tocsin dans les campagnes afin que Le peuple éveillé puisse exterminer tous les fuyards. »
On applaudit; mais les soupçons de la première heure ont ému le Comité et Barère ajoute : « Mes collègues n'ont pas pensé qu'ils devaient se borner à communiquer leurs dépêches; il faut un grand exemple, et je vous apporte un décret desliné à attester à la postérité le crime et la punition des ennemis de la liberté. »
Cet exemple, c'était la destruction de Lyon, mesure aussi absurde que monstrueuse, qui risquait de ruiner l'une des principale branches de l'industrie nationale. Mais à quelle époque les passions révolutionnaires ont-