‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 76 sur 165 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

elles respecté les lois éternelles de la justice et de l'humanilé? La GoavenlioD, dans ud moiivemeot d'enthousiasme frénétique, vote sans discussion le projet qui lui estsoumis etascgrave, en l'appliquant à la seconde ville de France, le système de répression odieuse qu'elle a déjà inauguré dans la Vendée'.

Le courrier qui portait à Lyon la décret du 12 oc-

i. La Moniteur du 13 octobre 1793 donne, ainsi qu'il soit, le teita dn décret :

La Convention nationale, après avoir enlondn le rapport du Comité de salut public, décrète :

Art. 1". Il sera nommé par la Convention nationale, sur la présenlalion du Comité de salut public, une commission ex Iraord inaire composée de cinq membres, pour faire punir militairement, et sans délai, les contre-révolutionnaires de Lyon.

Art. S, Tous les habitants de Lyon seront désarmés. Leurs armes seront distribuées sur-le-champ eux défenseurs de la République. Une partie sera remise anx patriotes de Lyon qui ont été opprimés par les riches et les conlre-révoluLionnaires.

An. 3. La ville de Lyon sera détruite : tout ce qui fui habile par les riches sera démoli; il ne restera que la maison du pauvre, les habitations des patriotes égorgés ou proscrits, les cdiQces spécialement employés h l'industrie et les monuments con>acréi ^ l'humanité et à l'instruction publique.

Art. i. Le nom de Lyon sera effacé du tableau des villes de la République. La réunion des maisons conservées portera désormais le nom de ville affranchie.

Art. S. Il sera élevé sur tes ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes de cette ville, avec cette inscription : Lton ht la ouBanE a la uiebtb; Lton ^'B3T PLUS. Le 1S* jour du t" mois de l'an II de la République, une et Indivisible.

Art. 6. Les représentants du peuple nommeront sur-le-cbamp des commissaires pour faire le tableau de toutes les propriétés qui ont appartenu auK ricbes et aux contre-révolutionnaires de Lyon, pour être statué incessamment, par la Convention nationale, sur les moyens d'exécution du décret du 11 juillet 1793, qui a affecté ces tnens i l'indemnité des patriotes.

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liO HISTOIBB DB LA TERREUR.

tobre était égalemeot chargé d'un ordre d'an'estatioD contre Dubois-Craocéet Gauthier; mais les deux représentants étaient déjà partis, laissant le champ libre à Goulhon. La lutte épislolaire n'en continuait pas moins entre eux. Le 9 octobre, Dubois-Craocé, en aonnoçant la reddition de Lyon, ajoutait qu'une partie des rebelles s'était échappée par le côté qu'on savait le plus favorable, ce qui impliquait la responsabilité de Couthon et motivait, de la partdu représentant Dupuy,une demande de renvoi au Comité de salut public'.

De son côté, CouthOD écrivait le 11 : « Dubois- Craocéet Gauthier intriguent dans toute la ville pourque les citoyens réclament contre le décret qui les rappelle. Nous ignorons les motifs d'une conduite aussi étrange. Que feront les citoyens quand ils verront que les députés leur donnent un exemple aussi dangereuse*? «

Cette lettre arrivait mal. La Convention avait hâle d'apprendre l'anéantissement des fugitifs et n'était que trop disposée à voir des coupables dans ceux qui paraissaient retarder ce moment. Plusieurs députés demandent qu'on décrète d'arrestation Dubois-Crancé et Gauthier. K L'ordre est donné, > répond Barère, désireux de faire confirmer, dans un moment d'émotion, la mesure dont le Comité de salut public avait pris l'initiative deux jours auparavant *.

i. MimiUtir du 45 octobre 1793.

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