‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 79 sur 165 · Monileur du SS octobre · texte numérisé non relu

Monileur du SS octobre

S. Les sexagénaires, les foraines et les enbnts prirent part à la

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la démolitioD devait comnieDcer par tes maisons de la place Bellecour, « car ce sont celles, avait dit CoathoD, qui annoncent le plus de Tasle et qui offensent le plus la sévérité des mœurs républicaines ». En effet le 26 octobre, à 8 heures du matin, Chàteauneur-Randoo, Laporte et Maignet se rénuissent pour inaugurer solennellement ces scènes de vandalisme. Six cents ouvriers, armés de pioches, marteaux, haches et autres instruments de destruction, les attendaient sur la place Bellecour. Le paralytique Couthon présidait la céréousiie, porté dans un fauteuil. Il frappa lui-même le premier coup de marteau, sur la plus belle maison, en pronoQçant cette courte et signiScative allocution : « Au nom de la souveraineté du peuple, outragée dans cette ville, en exécution du décret de la Convention nationale et de nos arrêtés, nous frappons de mort ces habitations du crime, dont la royale magnificence insultait it la misère du peuple et à la simplicité des mœurs républicaines. Puisse cet exemple terrible effrayer les générations futures et apprendre à l'univers que, si la nation française, toujours grande et juste, sait honorer et récompenser la vertu, elle sait aussi abhorrer le crime et punir les rebelles ! Vive la République ! » La foule répèle ce cri et les ouvriers commencent leur triste besogne.

De la place Bellecour, les représentants se transportent au château de Pi^re-Scize. Ils mettent en liberté les quelques prisonniers qui s'y trouvent et, montant sur le

destruction. — L'ouvrier valide était payé trois francs par jour, la vieillards receyaietil trente-cinq sols, les femmes trente sols, les e»fanta vioglsols. Bîentdtla dépeoM s'él«va à 400,000 livres par décade.

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sommet de la tour, ils recommeaceDt la cérémooie qui vient de finir. A ce signal, dit la relation officielle, avec le langage ampoulé du temps, « des milliers de bras se sontlevés,pourécraser cet édifice hideux, dont l'existeoce fit frémir la Dature,et nefut pourtant qu'ua des moindres crimes des rois a,

La mission des représentants semblait terminée, et ils demandèrent leur rappel. La Convention leur donna pour successeurs CoIIot-d'Herbois et Fouché, personnages sinistres, dont lesatroces exploits devaient Taire regretterla modération relative de leurs devanciers. Ce contraste peut-il modifier le jugement de la postérité? Pour notre part, nous ne croyons guère à la prétendue mansuétude de Gouthon, et nous cherchons vainement, dans sa conduite, un moment où il ait obéi à un véritable sentiment d'humanité. L'ordre avec lequel l'armée victorieuse est entrée dans Lyon et la lenteur des tribunaux révolutionnaires h frapper les premiers coups de hache ne sauraient être des arguments en sa faveur; car on pouvait craindre un retour offensif chez les Lyonnais affolés, et il était indispensable de laisser aux pourvoyeurs de la guillotine le temps de dresser les listes des victimes. A défaut d'actes, peut-on au moins trouver dans les paroles de Gouthon quelque signe d'hésitation ou de regret ? Loin de là; nous le voyons demander aux Jacobins, le iS octobre, quatre jours après la reddition de Lyon s des patriotes éprouvés, afin

1. Cetts lettre est insérée dans le Moniteur du H octobre 1793. Oa y Ut notanament ce qui suil :

■ La ville de Lyon n'est plusau pouvoir des rebelles, mais le plus

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de révoluliooner le pays. Tout s'explique, au contraire, quand on songe aux infirmités physiques du sombre cod- Teotionnel et à sa conduite ultérieure dans le sein du Comité de salut public régénéré. Faible et impotent, Couthon se sentait incapable d'un effort continu et préférait, aux fatigues des missions, les travaux plus calmes des comités. Mais en devenant, à Paris, la troisième personne, avec Robespierre et Saint-Just, de cette impitoyable trinité qui couvrit la France entière de ruioes et de sang, il a interdit lui-même à ses défenseurs le droit de prétendre qu'il se fût montré plus clément à Lyon, et qu'il eût reculé devant les excès des rigueurs qu'il avait préparées. Nous dirons donc qu'il entra autant de lassitude que de calcul dans la délermioatioo de GouthoD, et que son seul mérite, en s'éloignant de Lyon, fut de partir à temps.

difficile reste à faire. L'esprit public est perdu dans celle malben-

reuse cilê. Les patriotes y sont daos une minorité elTrayanle. Noos vous demandons quarante tiommes d'un républicanisme épraaTë, pour transplanter sur cette terre étrangère les principes révolutionnaires. Nous leur confierons les fonctions administratives et judiciaire. Qu'ils viennent se réunir à nous, et alors nous pourrons espérer faire une véritable révolution.

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