‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 81 sur 165 · Tome VI, page 363, et Moniteur du 1" septeobre · texte numérisé non relu

Tome VI, page 363, et Moniteur du 1" septeobre

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Scarpe, enire Arras et Douai, et laissa le duc d'York meltre le siège devant Cambrai. Celte manœuvre assurait les commuDicatioDS avec Lille, mais livrait sans défense la route de Paris. Il semblait (]ue les Alliés allaient profiter de cette circonstance et marcher en avant; contre l'attente généi'ale, ils revinrent sur leurs pas.

Les causes de cette inconcevable conduite sont aujourd'hui connues. Dans cette guerre entreprise en apparence pour un intérêt européen, chaque puissance poursuivait un but particulier. La Prusse convoitait Mayence et la Lorraine; l'Autriche revendiquait l'Alsace eur le Ithin, Lille et les autres villes déjà conquises dans le Nord; l'Angleterre désirait reprendre Dunkerque et s'assurer des compensations aux colonies. Alin de mettre tous les intérêts d'accord, ou plutôt pour empêcher qu'un des Alliés s'agrandtt au préjudice des autres, on convint de laisser le duc d'York assiéger Dunkerque et de charger le prince de Cobourg de prendre Le Quesnoy, pendant que le duc de Brunswick et le reste des forces autrichiennes menaceraient l'Alsace.

Les cours alliées choisissaient ainsi, pour disséminer kmrs forces, le moment où un effort combiné était le plus nécessaire. Au point de vue militaire, il était impossible de commettre une plus lourde faute. Au point de vue politique, ce sacrifice fait au désir de maintenir l'union entre les souverains, ne devait pas en assurer la durée. Trop de causes de jalousie tendaient k les séparer, pour que le rapprochement fût sincère. La coalition était déjà chancelante. Le second partage de la Pologne, comme une nouvelle pomme de discorde jetée

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au milieu de disscotimeots péniblement dissimulés, allait bientôt amener des dérections et rendre à chacun la liberté dans Tisolement.

Le plan des Alliés fut aussi mal exécuté qu'il avait été mal conçu. Le duc d'York s'attarda inutilement en route et n'arriva que le â& août devant Dunkerque. Il s'était réservé l'attaque prindpale et avait chargé le général hanovrien Freitag de surveiller le camp français deCassel. Quant au contingent hollandais, campé à Menin avec le prince d'Orange, il se trouvait à trois jours de marche et ne pouvait, eu raison de la distance, être d'aucun secours. I^ général Souham qui commandait dans Dunkerque, avec Hoche en sous-ordre, profita habilement de ces fautes accumulées. Il lève les écluses, inonde le pays et coupe par ce moyen les communications du duc d'York et de Freitag. Gela fait, il aUeaà que l'armée du Nord vienne le secourir.

De grands changements s'étaient accomplis dans son sein. L'éEat-major avait été épuré, par l'expulsion des olfîciers nobles, et Kilmaine, suspect eu raison de son origine étrangère, avait été remplacé par Houchard, commaodant de l'armée de la Moselle. D'un autre côté, le Comité de salut public, jugeant avec raison le danger moins grand sur le Rhin, n'avait pas hésité à dégarnir la Trontière de l'Est pour renforcer l'armée du Nord. Bouchard disposait de la sorte de forces considérables et reçut l'ordre de sauver Dunkerque à tout prix. Le 6 septembre, il attaque Freitag à l'improviste et le refoule sur Hondschoote. Le surleodemain, un nouvd engagement est couronné d'un succès complet, et les

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