LIVRE XLVl. S
Hanovriens soot obligés de se retirer sur Furoes, par l'étroite chaussée qui sépare la mer des marais de la Graode-Moer. C'était également la seule ligne de retraite ouverte au duc d'York et il s'empressa, à la première nouvelle de la défaile d'Hondschoote, de lever le siège de Duokerque.
Si Bouchard avait continué sa marche en avant et occupé Furnes, les Anglais, resserrés entre l'Océan, les marais, Dunkerque et l'armée victorieuse, étaient écrasés ou obligés de se rendre. Mais le général républicain manquait du coup d'oeil et de la décision qui caractérisent les véritables hommes de guerre. Il craignait, d'ailleurs, d'outrepasser les ordres du Comité de salut public et il préféra tourner ses efforts contre le camp de Menin, sauf à essayer ensuite de débloquer Le Qnesnoy, si cela était possible.
L'attaque des lignes hollandaises était d'autant plus facile qu'elles étaient d'une longueur exagérée. Victorieux h Werwicq le 11 septembre, et à Menin le 13, Bouchard avait une nouvelle occasion de terminer la campagne par un coup d'éclat. Pour cela il suffisait de porter la masse de son armée contre le prince de Goboui^ qui venait de s'emparer du Quesnoy, et qui, par suite de la déroute des Hollandais et de l'afiaiblissement des Anglais, se trouvait, malgré ce succès, dans un état d'isolement et d'infériorité numérique des plus dangereux. Là encore, Bouchard pécha par excès de prudence. Il repassa la Lys et vint reprendre, dans les environs de Lille, ses anciens cantonnements.
La conséquence de cette erreur ne se fit pas attendre.
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S5t HISTOIRE DE LA TERREDR.
Surprise par le duc d'York, qui marchait à la reDcontre du prioce de Cobout^, l'arrière-garde, chargée de masquer la retraite, fut saisie de panique et évacua Menin dans le plus graod désordre. Deux jours plus tard, les Impériaux et les Anglais avaient opéré leur jonction. Malgré cet échec, la victoire d'Hondschoote conservait ■ toute son importance, puisque Duokerque restait libre. A un autre point de vue, ses résultats étaient immenses. C'était la première de l'année, la première aussi depuis Jemmapes et, eu relevaut la cooâance du soldat en luimême et sa valeur vis-à-vis de l'ennemi, elle avait peutêtre sauvé la France du démembrement.
Jusqu'alors le Comité de salut public avait placé les généraux entre la crainte de Téchafaud et l'obligation de la victoire. L'armée du Nord allait inaugurer une nouvelle catégorie, celle des généraux destitués ou mis à mort pour n'avoir pas suffisamment battu l'ennemi. Sur cette liste funèbre, Bouchard figure au premier rang*. On l'accusa d'avoir laissé échapper le duc d'York après Bondschoote, au mépris du plan arrêté par le Comité de salut public. En réalité, il n'avait fait que suivre les
4. Le général Houchard, aprèsBonarreslalion.rut l'objet d'uoUai- [emontiniqup, dont il se plaignit od vain aux représentants du peuple.
NoQS transcrivons sa lettre.
a n faut, citoyens représeolanls, que je sois bieu coupable, puî»qae je snis traité comme un criminel qui a commis les plus grands crimes contre la patrie. On me loge ici dans un cachot, où il n'y a ni lit, ni de quoi me coucher. Avant que je sois criminel, je dois être traité comme un citoyen. Veuillez donner vos ordres pour que je sois traité avec plus d'humanité, c Salut.