‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 83 sur 165 · HOUCHARD · texte numérisé non relu

HOUCHARD

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LIVBE XLVI. S53

instniclioDS de Caniot, et son véritable crime était d'avoir résisté auK ordres, presque toujours contradictoires, des nombreux représentants en mission dans le Nord. Arrêté le S septembre, Bouchard comparut le 45 novembre 1793 devant le tribunal révolutionnaire qui le condamna à mort. Jamais gouvernement tyrannique ne s'était montré aussi impitoyable dans l'application d'un système de rigueur qui n'avait même pas en sa faveur l'apparence de la raison d'État. Comme l'amiral Byng, Houchard mourut innocent; mais Byng avait été vaincu et de ces deux condamna lions, que la postérité n'a pas ratifiées, la plus odieuse reste toujours celle qui frappa le général victorieuxV

t. Le Comilé de salut public reprochait à Houchard :

^•• D'avoir marché trop lard au secours de Mayeoca, quand il commandait l'armée de la Moselle;

S** D'avoir maintenu ea fonclioas, k l'année du Nord, malgré les ot>8ervat)oii8 des représeotants, ud état-major d'hommes iaept^s ou bosliles ;

3° D'avoir modiSé le plan de campagne préparé par Carnol et remporté à Hondschoote une victoire de hasard dont il n'avait pas su tirer les conséquences;

i" D'avoir entrel«nu une correspondance suspecte avec Cobourg et les autres princes étrangers.

En réalité les lettres incriminées n'avaient trait qu'à des aC^ires de service et n'avaient été échangées qu'avec l'autorisation des représentants et même du ministre; mais il était dit qu'en dehors des défenseurs de la ville, la capitulation de Hayence devait entraîner la disgrâce et la mort de tous les généraux qui avaient été mêlés à cette affaire.

Devant le tribunal révolutionnaire, Levassenrpour l'armée du Nord et Haribon-Uontaut, pour celle de la Hoeetle, renouvelèrent contre Houchard les accusations de leurs collègues' Hentz, Peyssard et DoquesDoy, sans importer aucune preuve b l'appui. Vinfortuné général, comparé h Custioe, n'eu fut pas moins coadamoé <■ comme auteur ou

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SSi HISTOIRE DE LA TERREUR.

Maîtres de la vallée de l' Escaut par la prise du QuesDoy, les Autrichiens, conrorméineDt aux règles de l'ancieDoe stratégie, se touraèreDl contre Maubeuge, qui dominait la vallée de la Sambre. Le prince de Coboui^ en commença le siège le 29 septembre, et le périlleux honneur de la délivrer échut au général Jourdan, quesa brillante participation a la victoire d'Hondsclioote avait désigné pour le commandement en chef de Tarmée du Nord.

Cette seconde campagne ressembla beaucoup à la première. Comme à Dunkerque, le prince de Coboui^ étendit démi^surément sa base d'opérations et, comme Bouchard avant Hondschoote, Jourdan, en voulaut faire face partout à l'ennemi, immobilisa inutilement une partie de ses forces*. Cette dernière erreur était d'autant plus grave qu'à ce moment le désordre de l'administration militaire touchait à son comble et qu'avec une armée sans souliers, sans uniformes, sans armes etsouvent sans pain, la seule chance de succès était d'écraser

complice des manœuvres ou intelligeoces pratiquées et méuagées avec les ennemis de la république, dans le but de faciliter leur eoirée en France et de favoriser les progrès de leurs armées. >

La véritable cause de la mort d'Houchard fut tout autre. Sa desUtatioD avait fourni un prétexte aux accusations des Daotonistea cootre le Comité de salut public, et d'un général victorieux auquel on ne pouvait reprocher que ton insuffisance peut-être, la passion politique fit an criminel et un traître.

1. Pour donner une idée de ce qu'étaient, h cette époque, les armées républicaines, il est intéressant de mettre sous les yeux du lecteur une lettre que le représentant Duquesnoy, frère du général qui s'intitulait lui-mdme le boucher de la Convention, écrivait de Guise le 9 octobre. Comme beaucoup d'autres, il croyait que tout ; était au mieux, lorsque les soldats avaient hurlé la Camagnole el

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reoDemi sous le poids du nombre. Mais il fallait compter avec l'opinion publique, prompte h s'alarmer dès qu'elle croyait voir un point sans défense. Jourdan avait cependant conservé un noyau de troupes assez considérable et il put aborder le champ do bataille avec des forces supérieures. Parti de Guise le 12, Il rencontra le 15 octobre les Autrichiens, commandés par Clerfayt, à la hauteur de Waitignies. Ce village était la clé de la position ennemie. Pris et repris plusieurs fois pendant les quarantehuit heures que dura le combat, 0 ne resta définitivemenl aux mains des Français que dans la soirée du 16. En présence de cet échec, le prince de Cobourg repassa la Samhre et la frontière se trouva dégagée, en même temps que Maubeuge.

Les lauriers de Wattignies devaient, comme ceux d'Hondschoote, être souillés du sang d'une innocente victime. La garnison de Maubeuge, dans la crainted'étre prise entre deux feux, n'avait pas tenté de diversion

le Ça ira; comme la plupirt de ses pareils, il s'honorait en même temps de faire le métier de délateur.

• Citoyens mes collègues, trois divisions de notre armée sont arrivées ici; la quatrième et dernière arrivera demain. Nous espérons, soaspen de jours, danser la Carmagnole et le Ça tra. Je ne sais si l'ennemi a connaissance de la marche de notre armée et s'il se prépare à lever le siège de Maubeuge; mais, ce qu'il y a de vrai, c'est qu'il a diminué considérablement, depuisavant-hier, son feu sur cette place.

■ Je viens d'apprendre que le maire de Gaverelle est un ci-devant •t un aristocrate. Il se nomipe de Baillent. Je croîs que voua ferez fort bien de le destituer et de le faire mettre en état d'arrestation. •1 Salut et fraternité.

f DUQUESNOT. »

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pendant ta bataille. La respoQsabililé de cette faute, si c'en était une, incombait au commandant de la [^ce. Le Comité de salut public la fit retomber sur le général qui occupait la ville avant le commencement du blocus. Ni ses services anciens, ni son énergie persistante durant le siège, ni son attachement éprouvé aux. doctrines républicaines ne purent sauver Chaocet '. Déréré au Tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort le 6 mars 179&, payant ainsi de sa tèle une inaction dont il n'était point coupable*. On comprend cpi'avec un pareil système, Kléber, Macdonald, Desaix, Jourdao et tant d'autres aient essayé de refuser les commandements qui leur étairait offerts, ou n'aient accepté que contraints par la menace d'une arrestation immédiate et d'un jugement sommaire.

t. Tome VI, page 579.

3. Cebit encore le représeotaDt Daqnesnoy qui avait déDoncé Chance). Dans uoe lettre de renseignements adressée i Fouqnîer- Tiaville, il accusait le général id'âtre réglé inactif, ïMaubeage, avec . 47,000 hommes, les 15 et 16 septembre 1793, alors qu'il pouvait, s'il eût Tait usage de ses forces, couper la retraite k renneini et même empftcher cette retraite, au moyen des écluses de la place ».

Cbancel répondit qu'à cette époque Haubeuge n'était point menacée, qu'il ne commandait pas et n'avait pas reçu d'ordres pour attaquer l'ennemi. Il ajoutait qu'étant tombé malade, le 16 septembre, il n'avait repris son service qu'à la fin du mois, date à laquelle Haubeuge fat investie; et que le général Ferrand n'avait pas cessé d'exercer le commandement, depuis le 16 9q)tembre jusqu'à la levée da siège.

Malgré cela, les jurés le trouvèrent coupable d'avoir conq)iré contre la république, en refusant d'exécifter les plans fonnés, par lei représentante du peuple, pour chasser tes armées des puissances coalisées du territoire français.

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