‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 85 sur 165 · Tome VII, page B · texte numérisé non relu

Tome VII, page B

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marche, la résistance des défenseurs de Mayence touchait à soD terme. Ils aliendireat oéaDmoïDs que la prise des ouvrages extérieurs, en rendaDt l'assaut ioévitable, oe laissât d'autre atteroative que la captivité ou la mort.

Peudant le cours de cette lutte héroïque, les deux armées avaient pu s'apprécier, et I'od avait vu, lors des funérailles du général Meunier, une suspension d'armes réunir amis et ennemis dans les mêmes témoignages d'admiration et de regret. Cette estime réciproque facilita les négociations et, le ik juillet, la garnison de Mayence sortit de la place, avec les honneurs de la guo-re qu'elle avait si bien mérités.

Un traitement tout diiïérent l'attendait de l'autre calé du Bhin. Il avait été stipulé, dans une pensée d'humaaité, que les patriotes mayençais compromis par leur adhésion à la , constitution républicaiae seraient échangés, à la frontière, contre les otages allemands emprisonnés par Gustiae au début de la campagne. Le soin d'exécuter cette clause incombait aux représentants Maribon-MoDtaut et Soubrany, délégués près l'armée de la Moselle, dont l'inaction avait perdu Mayence. Us refusent d'y souscrire et écrivent au Comité de salut public pour dénoncer les auteurs de « cette inlâmer capitulation » . Sur leur rapport, la Convention décrète, le 28 juillet, l'arrestation du général Doyré, ccmimandant de Mayence, desofhciersdescm état-major et rappelle les représentants en mission dans cette ville. Doyré était resté prisonnier à Mayence, pour garantir de sa personne le remboursement du papiermonnaie émis pendant le siège ; mais Aubert-Dubayel, Kléber et leurs compaguons avaient suivi l'armée. Us

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60Dt arrêtés à Sarrelouis et se soumettent sans rési- Elance.

PendaDt ce temps, Merlin et Rewbell cODtiDuaieot leur route sur Paris. Ils y arrivent le k août et, te même jour, Merlin, eacore revêtu de ses habits de combat, monte à la tribune au milieu des applaudissements de la salle entière. Dans un discours énergique, il justifie les défenseurs de Mayence et rejette sur Custiae la respoDsabtIilé de la capitulation. « Je laisse, dit-il en terminant, je laisse aux âmes sensibles à demander le rapport du décret rendu contre la garnison de Mayence. u Thuriot se charge de ce soin, u On nous a abusés, s'écriel-il, dans le rapport qu'on nous a fait sur la reddition

de cette ville Chaque jour, la garnison donnait

de nouvelles preuves de son courage. Elle a tué aux Prussiens et aux Autrichiens plus de 30,000 hommes. On a mangé à Mayence les rats, les souris et les cuirs. Les soldats sont comme des spectres. Il faut rapporter un décret qui lui enlève son honneur. » La proposition de Thuriot e^t adoptée sans discussion, et la Convention, revenant sursa première décision, décrète que la garnison de Mayence a bien mérité de la patrie, ordonne la mise en liberté des généraux arrêtés et charge Merlin et Rewbell d'aller à Nancy exprimer sa satisfaction à l'armée.

11 ne restait plus du décret du 38 juillet que la mise en accusation de Cusline. Son successeur à l'armée du Rhin n'attendit pas d'être dénoncé pour résigner son commandement. Depuis longtemps Beauhai-nais se sentait impuissant. A la nouvelle de la capitulation de

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MayeDce, il arrête la marche de ses troupes et, le 3 août, U dépose sa démission entre les maios des représenlaols. Ceux-ci refusant de l'accepter, Beaubaroais rend sa détermioatiOD publique dans une proclam&tion à l'année et s'adresse directement à la Conveotion^. Ala fin, comme malgré sou insistance la réponse du Comité de salul public n'arrivait pas assez vite, il se décide à remellre d'office ses pouvoirs au général Landremont. LaConventiou était incapable de comprendre tant de désiol^ ressèment et de grandeur. Innocent comme Gustioe, Beauhamais paya de sa tête, comme lui, le crime imaginaire d'avoir abandonné Mayence sans secours'.

1. D« courts extra ils de la. proclamation de Beaubarnais fennl mieuK comprendre que de longs développements l'effarement du e?pri(3 el le découragement des âmes honnêtes, à celte époqae de âuspicion générale.

I Après avoir été honoré par le suffrage de mes concitoyens et le choix des représentants du peuple des premières fonctions civiln et militaires, j'attachais un grand prix à combattre à votre télé les ennemis de notre indépendance... mais... un vœu s'est manifesté dans qudques sociétés populaires, que ceux qui Taisaient partie d'une classe ci-devant privilégiée soient éloignés des armées. Quoique

cette mesure me paraisse injuste quoiqu'elle me paraisse impoli'

tique il me suffit qu'une inquiétude atteigne une classe éteinte,

mais dont j'ai Tait partie pour demander ma propre exclusion

C'est au jour heureux d'une paix élahlie snr notre indépendance reconnue que nous noua occuperons, dans nos sections respectives,

à émettre nos vœux sur les lois et le gouvernement Jusqu'à ceit*

époque , combattons avec courage, et mourons, s'il le but, avec

joie. « Itfonileur du sa août 1793.

8. La conduite militaire de Beauharuaia prêtait si peu à la critique, qu'au jour de la persécution, aucun grief particulier ne hit relevé contre lui. BeauharnaiB fut purement et simplement compris dans les poursuites relatives â la prétendue conspiration de la prisoo Saint-Lazare et condamné à mort le 5 thermidor.

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