‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 2)Chapitre 86 sur 165 · LIVRE XLVl. W · texte numérisé non relu

LIVRE XLVl. W

Celte ville prise, l'Autriche demanda UQe compensation du côté de l'Alsace. Le roi de Prusse, qui avait supporté à peu près seul le fardeau du siège, était hostile à celle combinaison. On convint cependant, à titre de transaction, de bloquer Landau et d'occuper les sommets dfs Vosges; mais Wurmser ayant dépassé le point con- TCDu, le duc de Brunswick s'arrêla sur les hauteurs de Pirmasens. La position était forte et les armées du Rhin et de la Moselle, combinant leurs mouvements, essayèrent vainement de l'emporter, le J 4 septembre. Le Comité de salut public se montra, comme d'habitude, impitoyable pour cet échec. Un premier décret révoque les deux généraux en chef; Landremont, malgré ses succès; Schauembourg, à cause de sa défaite. Quelques jours plus tard, le chef de brigade Guillaume, sans doute plus coupable parce que sa coloaae, prise en écharpe par l'artillerie prussienne, avait supporté le principal effort de l'enDemi, est emprisonné à la Force.

Personne ne voulut remplacer Landremont, ju^^qu'à l'arrivée de son successeur enfermé dans Landau, et l'on dut conâer la direction sufiréme de l'armée du Rhin à un simple capitaine de dragons, du nom de Carlin, qui ne trouva rien de mieux que d'étager ses r^iments, te long de la frontière, d'après leur ordre numérique. Landau semblait perdu ; mais les dissensions des Alliés devenaient chaque jour plus profondes. Le roi de Prusse partit pour la Pologne et les Autrichiens restèrent, à leur tour, abandonnés h leurs propres ressources. Ils tentèrent néanmoins un nouvel effort et s'emparèrent, le 13 octobre, des lignes de Wissembourg. Ce fut leur

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dernier succès de la campagne. Pichegru et Hodie allaient entrer en scène et ramener la victoire sous les drapeaux des deux armées de la Moselle et du Rhin.

La guerre avait été déclarée à l'Espagne, le 7 mars, avec autant de légèreté que d'imprévoyance. Non seulement elle aurait pu focilement être évil^, mais encore les troupes, chargées de protéger la frontière, étaient incapables de supporter le premier choc. Le jour même oîi la Convention dénonçait les hostilités, l'armée des Pyrénées réclamait vainement son artillerieet arrachait, par son état de dénûment, des cris de détresse à ceux qui avaient mission de rapprovisionner oa de la conduire*. Le désordre moral n'était pas moins grand que le désordre matériel. Les jeunes recrues, qui composaient la majorité des bataillons, se sentant inrérieures

4. Lacuée, cher d'état-major de l'armée des Pyrénées, appréciait en ces termes, dans une lettre au coinniandanl delaplacedeBayoniie, les soldats qu'on lui envoyait :

a Si TOUS saviez ce que c'est que des balailloDS sales et déchirés & faire peur, et qui août tout au plus de iOO hommes, et de U plus triste Bgure; au point que j'en ai yu, sans bas, se présenter à nna représentation de danse, dans une ville; au point que j'ai honte, qosnd je les vois. >

NioD, commissaire ordonnateur en chef de l'armée, était encora plus explicite. Il écrivait de Toulouse au ministre de la guerre, le 17 mars 4793, celte phrase significative :

t Si, comme républicain, je suis enchanté de la déclaration ds guerre au roi d'Espagne, comme administrateur, je ne suis pas Etni inquiétude, car oo manque de tout, i

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