‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 112 sur 205 · LIVRE XXXVIII. S · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII. S

n fidélité qu'ils témoignent pour la Convention nationale.

« Elle décrète, en outre, que son comité de législa- « tioD réuni au comité de sûreté générale lui fera un « rapport sur les complots ainsi que sur les moyens de <( satisfaire et aux départements et à la justice qui récla- « ment la punition des auteurs des conjurations ci-devant « formées contre les représentants du peuple. »

Cbaque jour la Convention recevait des dénonciations contre les actes arbitraires que se permettaient les démagogues, soit à Paris, soit dans les départements. Le 15mai, Chasset, député de Lyon, signale la création, dans cette ville, d'un tribunal révolutionnaire établi par les afiidés des Jacobins sans qu'aucune loi soit intervenue pour l'autoriser. Sur sa proposition, l'Assemblée déclare nulle et non avenue toute érection de tribunal extraordinaire qui aurait pu ou qui pourrait être faite a Lyon ou dans toute autre ville de la République sans un décret formel de la Convention ; fait défense à tous ceux qui auraient pu ou qui pourraient être nommés pour en faire les fonctions d'en exercer aucune à peine de mort, permet aux citoyens que l'on voudrait y traduire de repousser la force par la force, charge la municipalité de. Lyon et les corps administratifs sous leur responsabilité de les protéger et de requérir au besoin la force armée, pour soustraire les citoyens aux exécutions que l'on voudrait tenter contre eux.

Le 16 mai, plusieurs députés se plaignent d'arrestations arbitraires et d'entraves mises par la municipalité parisienne à la liberté de la presse. Les montagnards demandent que toutes ces plaintes particulières soient

renvoyées aux tribunaux compétents. Doulcet leur répond : « On pourrait comprendre le renvoi, si la hiérarchie des pouvoirs existait encore, si les autorités constituée, si le ministre de l'intérieur faisaient leur devoir. Mais puisque les lois ne sont pas exécutées, il faut bien que les représentants du peuple viennent au secours des opprimés. Quant à moi , je réclame la parole, lorsque la Convention voudra bien m'entendre, pour dénoncer, au nom de mes commettants, la Commune de Paris, b

Cette Commune est encore attaquée quelques moments après, non plus par un Girondin, mais par un Montagnard, à raison des sommes énormes qu'elle réclame à chaque instant au Trésor public : « Ce n'est plus la commune seulement, dit Mallarmé, qui vient demander des avances pour maintenir le prix du pain à bon marché dans la capitale; ce sont les quarante-huit sections qui viennent réclamer d'autres avances pour l'équipement de leurs volontaires ; on a accordé un secours de cette nature, par exception, h la section du Panthéon parce qu'elle était populeuse et pauvre; voilà maintenant Bonne-Nouvelle qui réclame de ce chef 100,000 livres, Beaurepaire 60,000, les Droits de l'hommeet les Quinze-Vingts chacune 60,000 ; la section del792, 150,000; c'est une véritable coaUtion entre les sections. Le Trésor national appartient à la République entière; la Commune de Paris demande encore k millions pour les subsistances. Votre comité des finances ne sait plus quel moyen trouver pour mettre de l'ordre dans la comptabilité. Depuis le commencement

mzedBïGoOgle

Page 1